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Tome IIe. [BA - CON.]
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V. CHRISTIERN V monta furle trône do Danemaick en 1670 ,après frédéric 111 Co'n pere > qui l'a-roit déclaré son snccesiéui' dès 16;;.II se ligua avec les princes d’Alle-magne , & déclara la guerre auxSuédois; mais ceux-ci battirent sestroupes eu diverses occasions. IImourut le 4 septembre 1699 , dansfa 54tnc aimée. C’étoit un princecourageux & entreprenant.

CHRISTINE, reine de Suède,née en 1626, succéda à GustaveAdolphe son pere , mort en IÔZ2au milieu de ses victoires. La péné-tration de son esprit & son courageéclatèrent dès son enfance. Gustaveespérant beaucoup de la jeune prin-cesse , s’étoit plu à la mener avec luidans ses voyages. II la conduisit àCalmar ; elle n’avoit pas encoredeux ans. Le gouverneur demandafi on tireroit le canon, Sc si on necraignoit pas que le bruit n’épou-vantât Pensant? Gustave hésita (sa-bord fur bl réponse; mais aprèsun moment de silence : Tirez ,dit-il ; elle est fille d'nn soldat , ilfaut qu'clic s'y accoutume. L’enftnt,loin de s’effrayer , rioit , battoitdes mains , & sembloit demanderqu’on redoublât. Cette intrépiditéplut â Gustave , qui failânt depuisla revue de ses troupes devant elle ,& voyant le plaisir qu’elle prenoità ce spectacle militaire : Allez ,dit-il, laijsez-moifaire , je veu:meneraì un jour en des lieux où vousaurez contentement. (I mourut troptôt pour lui tenir parole, & Chris-tine , qui regretta toute sa vie dene s’étre point trouvée dans unebataille & à la tête d’une armée,regretta encore plus de n’avoir pasfaifcl’apprentissage de la guerre fousun tel maître. Rien n’échappa àl’activité de son esprit. Elle apprithuit langues , & lut en originalThucydide Sc solfie , dans un ige

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où les autres enfans lisent à peinsdes traductions. Gratins , Descar-tes & plusieurs autres l'avans fuientappelles à fa cour, & l’admirerent., Christine , devenue majeure , gou-verna avcc sagesse, Sc affermit lapaix dans fou royaume. Comme ellene se marioit point, les états luifirent à ce fuiet de vives représen-tations ; elle s'en débarrassa un jouren leur disant : J'aime mieux vousdésigner un hon Prince U un succes-seur capable de tenir avec gloire le*rênes du gouvernement. Ne me for-cez donc point dc me marier ; ilpourroit aujst facilement naître demoi un Néron qu'un Auguste. Unedes grandes affaires qui occupèrentChri/line fur le trône, fut la paisde Westphalie, terminée au moi*d’octobre 1648- Sulvius , son se-cond plénipotentiaire au congrès Kson chancelier particulier, contribuabeaucoup à la conclusion de cetteimportante affaire. La reine le ré-compensa , en l’étevant au rang desénateur: rang toujours déféré euSuède à la naissance, & qu’tlle crutpouvoir conférer au mérite. Quantil est question, dit-elle au lénat,de bons avis est de sages conseils »on ne demande pas les seize quar-tiers , mais ce qtt'il faut faire. li-ste manque à Salvius que d’Strc d’uncgrande maison , Sst il peut comptespour un avantage , qu'on suit pointd'autre reproche à lui faire : il nt’Wt-porte d'avoir des gens capables. L *-mour des lettres & dé la libertélui inspira le dessein , dès l’âgc de20 ans, d’abandonner un peup! equi ne savoit que combattre , &íl’jbdiquer la couronne. Elle laiflamûrir ce dessein pendant 7 annees.Enfin , après avoir présidé par s esambassadeurs aux traités de West-phalie qui pacisiercnt l’Allemagne,elle descendit du tiône pour Vfaire monter Charles Gustave, son