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C 1 KQ MARS , ( Henri Coiffer,dit Kuzé , marquis de) fécond filsd ’Antoine Coiffer marquis i'Effat ,maréchal dc France, fut redeva-ble de fa fortune au cardinal deRichelieu , intime ami de son pere.Il fut fait capitaine-aux-gardes ,puis grand-maître de la gardc-rohedu roi eu 16Z7 , & deux ans aprèsgrand-écuyer de France. Son es-prit étoit agréable , & sa figure sé-duisante. Le cardinal de Richelieu,^ui vouloit se servir de lui pour'Connoître les pensées les plus sé-crétés de Louis XIII , lui appritle moyen de captiver le cœur dede prince. 11 parvint à la plus hautefaveur ; mais ['ambition étouffabientôt en lui la reconnoiffanceÍM’il devoir au ministre Si au rai.Il haiflbit intérieurement le cardi-nal , parce que Richelieu prétendaitid maîtriser ; il n’aimoit guereplus le monarque, parce que sonhumeur sombre gênoit le goûtfiu’ilavoit pour les plaisirs. Je fuisl’ien malheureux , difoit- il à les amis,de vivre avec un homme qui m’ennuiedepuis le matin jusqu’an,soir ! Cepen-dant Cinq-Mars , par l’efpérancede supplanter le ministre & de gou-verner l’état , dissimula ses dé-S°ûts. Tandis qu’il tâchait de cul-tiver le penchant extrême que Louis-A/// avoit pour lui, Richelieu luidonna quelques mortifications, aux-st'ielles il fut très-í'cnlìble. II setfouvoit ordinairement en tiers dans* e s conseils que le roi tenoitavec leOrdinal. Je veux, difoit Louis , quemon cher ami s’inftrtiise de benne‘cure des affaires de mon conseil , asmhu il s c rende capable de me rendreservice. Le cardinal, à qui la pré.* e, ice de Cinq-Mars étoit impor-ll ne, & ne trouvant pas bon qu’ilà marchât toujours fur les ta-°”s quand il allait chez le Roi , lui^l’tocha un jour í'ogi ingratitude
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dans les termes les plus énergi-ques. II lui dit qu’il n’appartenoêtpas à 1111e tête aussi légere que tasienne, de se mêler des affairesd'état, & qu’il ne faudroit qu’un,homme tel que lui, pour décré-diter la France auprès des puissan-ces étrangères. 11 lui défendit desc trouver déformais à aucun con-seil , & il le traita avec tant dedureté qu’il en pleura de dépit &de colere. Dèt-lors Cinq-Mars mé-dita une vengeance éclatante. 11excita Gaston duc d’Orléans à larévolte, L attira le duc de Bouil-lon dans son parti. On envoya unémissaire en Espagne, & on fit untraité avec Gaston polir ouvrir 1 aFrance aux ennemis. Le roi étantallé en personne l’an 1642 con-quérir le Ronffillon , Cinq-Marsle suivit, & fut plus que jamaisdans ses bonnes grâces. Louis XIIIlui parloir fans cesse de la peinequ’il ressentoit d’être dominé parun ministre impérieux. Cinq-Marsprofitoit dc ses confidences pourl’aigrir encore davantage contrele cardinal: il lui proposoit tantôtde le faire assassiner, tantôt de lerenvoyer de la cour. Richelieu ,dangereusement malade à Taras-con , no doutoit plus de fa dis-grâce ; mais son bonheur voulutqu’il découvrît le traité conc!»par les factieux avec l’Elpagne. IIen donna avis au roi. I/impru-dent Cinq-Mars fut arrêté à Nar-bonne & conduit à Lyon. On ins-truisit son procès; & il falloit despreuves nouvelles pour le con-damner : Gaston les fournit pourachetet fa propre grâce. Cinq-Marseut la tête tranchée le tî Septem-bre 164a, n’étant que dans laannée de í'on âge. On raconte queLouis XIII , sachant à-peu-prèsl’heurc de l’exécution , regardoitquelquefois fa montre, & qu’il di-