Band 
Tome IIe. [BA - CON.]
Seite
673
JPEG-Download
 

CLE

8e religion & de bonté, un caractè-re bienfaisant, uns douceur inalté-rable, lui ont mérité les regrets8e tes sujets , & la vénération desennemis même du saint siège.

XV. CLÉMENT XIV,(Jcan-'incent- Antoine Gungaitelli ) na-quit d un médecin, à St. Archan-Selo, bourg près de Rimini , le3 i octobre 1705. Des l'âge de 18ans, il entra dans l’ordre des Mi-neurs conventuels. II s'accotitmna8e bonne heure à répondre avecJustesse & précision. Ses réparties■font vives, disoient ses supérieurs ;,H aìs il y met tant déraison , qu'on netjut s'en offenser. On le tìt passersuccessivement à Pésaro, à Reca-nati , à Fano & à Rome même,Pour y* étudier la philosophie &J* théologie. 11 devint bientôt pro-- resse ur j f on tour. Ses disciplesl’aimoient autant qu'ils !e respec-Ivieut : il leur inspiroit des pen-nes élevées,.de^ sentimens nobles ,ks dégageant de toutes les peti-lç sses & de tout ce qui s’nppclle^Uoinerie. Benoit XIV mettant unJ°ur la main fur la tête du pere^anganclli, dit au général de sonOrdre : Tenez grand compte de cetetit frère, je vous le recommandefortement. Ce fut fous le régné de00 pape immortel, que GanguneUi8evint consulteur du saint office,P^ce importante à Rome. Ce pon.

éclairé l’appelloit souventPour avoir (on avis. 11 joint, disoit-' » un jugement solide à une vaster,l dition ; & ce qui fait plaifir, c'cstj J ’ 1 H est mille fois plus modeste qu'un'O’Uìne ne fuit rien, N qu'on croi -

I y . 0,t Qu'il n'a jamais garde' la retraite,

’ V 1 *. H est gai. C’étoit le moyeu de

Plaire à Lambcrtini, dont on con-î°’t ('enjouement & les hgurenses*ulies. Le pere GanguneUi allantjour à Affile , rencontra un"Vlan qui lui prédit fa grandeur

CLE 67Î

future: ilsmarchoientde compagnie;le paysan, après l’avoir entenduparler, lui dit: C est dommage quevous ne soyez qu'unfrere convers !( II eu jugeoit ainsi fur son extérieursimple & négligé ). Car il me paraît,mon fier e , que Ji vous aviez étudié,vous pourriez bien être comme SixteV. Nom avons son portrait cheznous, Qf je trouve que vous avezfou air rusé... Ganganetii fut élevéau cardinalat par Clément XIII;niais quelques talons q i’il fît parcl-tre , on ne s’attendoit pas à voir un.religieux fur la chaire de St. Pierre.La liberté avec laquelle il s’expli-quoit fur la nécessité de déférer auxvolontés des Souverains, ne paroif-foit pas lui concilier les cardinaux.Dans la plupart des congrégationsqui se tenaient, sous les yeux dupape même, au sujet des duchésde Parme & de l'affaire des Jésuites,il avoit ^'onné des avis tellementcontraires aux sentimens d u pontife&du secrétaire d’ctat, qit’on prit leparti de ne le plus consulter. Onne me communique rien, diíoit-il,ist je fais tout. filais on a beau faire:Jì l'on ne veut pas voir la cour deRome décbeoir de fa grandeur , ilfaudra nécessairement fe réconcilieravec les Souverains j ils ont les brasplus longs que les fronticrej, N leurpouvoir s'éleve an-icjfus des Ripes estdes Ryreníes. Ces sentimens connusdes cours étrangères , en éloignantde lui le ministère papal, luiconcilioient les princes , & luiassuroient en cas de vacance dusaint íiege de puissans protecteurs.Clément XIII étant mort en1769, le conclave fut très-ora-geux. Enfin le sacré college ,décidé par l’éloquence persuasivedu cardinal de Bernis, proclamale cardinal GanguneUi souverainpontife le 19 Mai 1769. Lors-qu'après son exaltation , on luiVv iij