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dtponilloit. Un jour que Colbert5 e trouvoit chez le chancelier Sc-í'tier, plusieurs d’entr’eux se pré-5 enterent à lui, & après les plain-tes, osèrent cn venir aux meua-fes. Le ministre les écouta avechn grand sang-froid & beaucoup*îc tranquillité ; il parut meincentrer dans leurs peines. Ensuite illeur demanda leur - nom , qu'ilseurent ('indiscrétion, de lui dire ,5 e flattant de savoir touché. CoUb'rt ne les oublia pas; il en réu-nit compte au roi, qui fit arrêterles plus coupables. Cet exemple,loin d’effrayer les mécontens ,s -heva de les irriter. Les rentierserierent si haut, que ies commisde Colbert , moins courageux queleur maître, craignirent que foragete crevât enfin fur leur tête. Picon ,5 on premier commis, homme ha-bile dans les affaires , mais livréau vin, s’étant couché demi-ivre,k les menaces des rentiers dans latète , s’évciUe en sursaut , s’ima-S'nant que ces gens le tenoient àla gorge. 11 fit un bruit épouvan-table , & réveilla toute U maison.Colbert se leva comme les autres,5 ans témoigner aucune crainte. In-formé de La cause de ce grandbruit, iA se retira, & le lende-main Picon fut renvoyé. Ce mi-nistre avoit dans la figure quelqueobole de repoussant. Ses yeuxNoient creux , les sourcils noirsft épais. 11 parloit peu , & astcc-t°it même une forte de silencenégatif. Madame de Cornuel , fem-me d’un trésorier & connue par5 es réparties, l’entrcteuoit un jourd’affaires; le ministre ne luirepon-doit rien : Monseigneur, lui Jit-clle,fuites uit moins quelque Jigne que"fous m'entendez. Cependant, mal-8 r é son air froid & austère, il «toitdans la société bon , officieux,ft 1* probité était à toute épieu-
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ve. II ne put jamais prendre ni leton, ni les vices des courtisans ,&. Louis XIV disoit qu’il avoitconservé à la cour l’air d’un bour-geois de Paris. Le président de La.moignon , qui l’avoit beaucoup con-nu , lui reproche encore de vou-loir fortement tout ce qu’il vouloit,iia conduire toutes choses despotique-ment , de craindre trop le parta-ge de son autorité, & d’ètre sus-ceptible des différentes impressionsque les commis vouloient lui donner.Sa Vieíe trouve dans letom. V. desHommes illustres de Fronce , pard 'Auvìgni: ( Voyez l’arricle Cour-TILZ. III avoit épousé Mûrie Cher.ron , fille de Jacques Charron sei-gneur de Menars, & de Marie Le-gs» ; il en eut 6 fils & g filles.
II. COLBEKT, (Edouard Fran-çois) comte de Matilcvricr , frered u précédent , ministre d’état &chevalier des ordres du roi , Futlieutenant- général de ses armées.Sa valeur éclata dans plusieurs oc-casions. Les qualités de son cœur& de son esprit lui méritèrent l’cs-time du roi. II mourut en ibyz.Voy. vi. Colbert.
III. COLBEKT, (Jean.baptiste)marquis de Seignelai , & fils ainedu grand Colbert , naquit à Paris en16$ r. II marcha fur les traces deson pere , fut ministre & secrétaired’état, acheva d’élever la marine& le commerce au plus haut de-gré de splendeur , protégea lesarts Sl les sciences, & mourut le3 Novembre 1650, à 39 aus seu-lement.
IV. COLBERT, (Jean-baptiste)marquis de Torcy, frere du précé-dent , naquit cn 166y. Envoyéde bonne heure dans difféientescours, il mérita d’ètre nommé se-crétaire d’état au département deiaffaires étrangères en i6z6, lur-intendant général des postes cn