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ne carte de notre hémifbbc'fe, Supar nn raisonnement, tiré de la dis-position d,u monde, il jugea qu’ildevoit y en avoir un autre. II ré-solut d aller le découvrir. Gènesfa patrie fuyant traité rie vilion-naire , & Jean 11 roi de Portugalayant refusé son service , Colombse rendit à;)a cour d’Espagne, ohla reine Isabelle lui confia troisvaisseaux, non fans avoir éprouvé,de la part de la populace des mar-ques réitérées de mépris. II s’estme me conservé en Espagne unetradition qui apprend que lors-que Colomb passoit dans les ruesavec cet air rêveur que devoitlui donner le grand projet qu’ilrouloit dans ions esprit, les hom-mes les plus sensés , portant ledoigt au milieu de leur front &secouant la tête , se disoient lesuns aux antres par ce signe , queColomb , avoit perdu la cervelle.Iles isles Canaries où il mouilla ,il ne mit que zz jours pour dé-couvrir la premiere isle de l’A-mérique , en 1492. Pendant ce pe-tit trajet , son équipage ne cessade murmurer. 11 y en eut mêmequi dirent asseï haut, que le pluscourt étoit de jetter dans la mercet aventurier , qui n’avoit rienà perdre , & qu’ils en feroientquittes en disant qu’il y avoit tom-bé en contemplant les astres. Maisdès que ses compagnons de voya-ge eurent pris terre à l’isle deGuanahani, l'une des Lucaycs, ilssaluèrent en qualité d’amiral & device roi, ce téméraire qu’ils von-loient noyer. Les insulaires, ef-frayés à la vue des trois bíltimcnsEspagnols , gagnèrent les monta-gnes. Colomb ne put prendre qu’uncfemme, à laquelle il fit donner dupain , du vin , des confitures &quelques bijoux : ce bon traite,ment fit revenir les sauvages. Les
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Castillans leur donnoient pour ifl’or, ce qu’en Europe on ne s'a-viseroit pas de ramasser, des potsde terre cassés., des morceaux deverre & rie Faianee. Le Catique,■ou le chef de ces insulaires, kurpermit de construire un fort de boisdans l’isle qu’ils avoient appelléel’ Espagnole. Colomb y laissa 38 desliens. & partit pour l’Europe. Fer-dinand & Isabelle le reçureut com-me il le méritait : ils le firent as-seoir & couvrir en leur présencecomme un grand d’E'pagne , l’a-noblirent lui & toute sa postérité,le nommèrent grand amiral & vice-roi du Nouveau - Monde , - & lerenvoyèrent avec une flotte de17 vaisseaux en 149Z. II découvritde nouvelles isles , comme les Ca-raïbes & la Jamaïque. II scroit mortde faim dans cette derniere isle,fans un stratagème singulier. II de-voit y avoir bientôt une éclipsede lune : il envoya chercher lessauvages des environs , leur re-procha leur dureté à son égard,les menaça qu’ils feroient bientôtun excmble terrible de la vengean-ce du Dieu des Espagnols , & leurprédit que dès le soir la lime rou-gi roit , s’obscurciroit, K leur re-fuscroit sa lumière. L’éclipse com-mença afsectivement quelques heu-res après. Les sauvages épouvan-tés , poussant des cris effroyables,allerent se jetter aux pieds de Co-lomb, en lui jurant de 11e plus lelaisser manquer de rien. Colomb,après s’étre fait prier quelque teins,se radoucit, & leur promît de de-mander à son Dieu de faire repa-roître la lune. Elle reparut quel-ques momens après; & lfi infidè-les, qni le regardoient déjà com-me un homme d une nature supé-rieure , furent convaincus qu’il dïs-posoit à son gré du ciel & de laterre. Comme il revenoit de cetto