XXVI.
.Usage des■vertes conca-ves pour lesvues courtes.
24$ Des diffèrent accident de la 'Vue,
ront tine peinture plus distincte fur le fond dc I’œil, que si ccs cônesécoient plus obtus. Mais ccs fortes de vues courtes ont un autre dé-faut fort considérable, qui est qti’cllcs ne peuvent pas voir les objetsproches si ils ne font fort éclairez, à cause queTimage étant tres-grande fur le fond de l’œil, la force dc la lumière y est fort dissipée.
Ces vûës courtes qui ont l’ouverture de la prunelle fort petite & leshumeurs troubles voyent confusément les objets au grand jour 8c nevoyent que trcs-foiblemcnt ceux qui font dans l’obfcurité : car la réti-ne n’est touchée que tres-foiblement par les rayons lumineux del’ob-jct. Enfin les plus défectueuses de toutes les vûës courtes font cellesdont la rétine n’est pas bien faine; car elles ne voyent pas les objetséloignez & elles ne peuvent apperccvoir que trcs-confufément des ob-jets médiocrement éloignez, comme font ceux qui nous environnent »& dont nous avons besoin ou que nous devons éviter pour la conser-vation de nostre vie.
On voit les objets d’autant plus grands qu on a la vûë plus courte,cn comparant ccs mêmes objets à eux-mèmes quand on les voit distin-ctement par le moyen d’un verre concave. C’cst ordinairement ce quisurprend le plus ceux qui ont la vûë fort courte, 8c qui n’ont pas ac-coûtumé de fe servir de verres concaves pour voir des objets éloignez.Car ils font étonnez de voir si distinctement des objets éloignez en lescomparant à ces mêmes objets qu’ils voyoient auparavant si grands,mais confusément, étant prévenus que l'on doit voir les objets moinsdistinctement quand on les voit plus petits, comme s’ils croient pluséloignez de l’œil.
Pour les vûës courtes qui n’ont pas la rétine bien faine ni bien déli-cate, elles ne peuvent tirer presque aucun avantage des verres conca-ves : car comme ces verres seuls étant placez contre l’oeil approchentles pointes des pinceaux les unes des autres cn les rendant plus courts,ils en forment une image plus petite fur la rétine, qui ne peut pas enestretouchée alï’ez sensiblement pour faire une vision distincte.
Il n' en est pas de même si l’on fe sert de deux verres assemblez dontl’un soit convexe 8c l’autre concave ; car les rayons ayant passé au tra-vers dc ces verres fe trouvent disoofez comme il est nécessaire pour en-trer dans l’oeil 8c pourfe réunir íur la rétine , 8c dc plus ils font détour-nez de telle maniéré qu’ils y forment une image beaucoup plus grandequ’à la vûë simple, qui est tout ce qu’on pourroit desirerpour le secoursde la vûë, si l’on pouvoit appercevoir un grand espace tout à la fois.Si les verres qu’on joint ensemble font tous deux convexes on peutvoir un assez grand champ ; mais les myopes tirent peu de secours dcces fortes de verres dans í’ufage ordinaire dc la vie, outre que les ob-jets yparoiflênt renversez, à moins qu’on n’astcmblc trois ou quatrede ccs vetres, ce qui fait les lunettes d’approchç.