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E X P L I C A T I O N
DES PRINCIPAUX EFFETSDE LA GLACE, ET DU FROID.
J E suppose que le sentiment de froid que nous avons» vient de ceque les particules de l’eau qui nous environnent, soit qu’ellcs soientséparées, comme elles font dans l’air, ou qu elles soient réunies toutesensemble, ont moins de mouvement que celles de l’eau qui elt au de-dans des parties de nostre corps quelles touchent. Ainsi lors qu’onmet la main dans l’eau, & que ses particules ont moins dc mouvementque celles qui font dans la peau de la main , on dit que cette eau est:froide ; & ce froid paroist plus grand à proportion que les particules del’cau extericure ont moins de mouvement, en forte que si elles encroient entièrement privées, le froid paroistroit extrême.
Je pourrois supposer que tout le mouvement des particules de l’caune leur vient que dc celuy dc l’air subtil, qui y est: toujours méléengrande quantité : mais il me suffit d’expliqucr ìcy comment /eau peutperdre son mouvement, pour rendre raison des principaux effets dufroid & de la glace.
Je dis qu’il n’y a que dc certains sels qui soient capables d’arrester Icmouvement des particules dc l’cau, qu’il n’y a que peu de ces sels mêlés& engagez dans le sel commun, qu’il y en a beaucoup plus dans le sal-pêtre , & qu’il y en a une grande quantité dans le sel armoniac ; que lesparticules dc ces sels font déliées, longues, roides & aiguës, & parcon-léquent qu’cllcs peuvent pénétrer tous les métaux, & le verre mesine ;qu’ellcs font emportées facilement dans l’air par Ion mouvement; Lcqu’enfin les particules de l’cau s’arrestent plus facilement à ces sels qu’àtout autre corps, fans en excepter les autres sels, Sc réciproquement queces sels sc joignent plus aisément aux particules de l’eau, qu’à celles desautres corps.
Si l’on suppose, comme M.Descartcs, que les particules dc l’eausoient longues & flexibles, il ne sera pas difficile dc juger qu’cllcs pour-ront s’arrester facilement à ces sels en s’en tortillant autour de leurs par-ties, & qu’ellcs perdront leur mouvement, n’en ayant plus d’autre queceluy des particules des sels ausqucllcs elles seront jointes, & qu’cnperdant leur mouvement elles c estent dc composer un corps fluide.
Lors qu’il se rencontre une trop grande quantité dc ces sels qui volti-
N
I.
Suppositiondu sentimentdu froid.
II.
Hypothèse dcla privationdu mouve-ment des par-ticules del’cau.
m.
Cause de la se-