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Depuis la révocation de l’Edit de Nantes, onpeut dire que le commerce d’Angleterre est infi-niment augmenté par le grand nombre d’habilesouvriers de la religion prétendue réformée, quiy ont été établir des manufactures & des fabri-ques , dont les Anglois n’avoient eu jusques-la au-cune connoiffimce que par le besoin qu’ils enavoient, & par la grande quantité qu’ils en enle-voient tous les ans des ports de France.
II faut auíïï mettre au nombre des excellentesfabriques d’Angleterre, les draps, les étoffes defoie & l’horlogerie : cette derniere est estimée lameilleure de l’Europe, même en France, où l’onfait que cet art a été pouffé à un íi haut point deperfection ; mais où, fans doute, la feule diffi-culté d’avoir des montres d’Angleterre, & la qua*lité de venir de-delù la mer, lui donnent le prixfur les ouvrages de Paris. >
A l’égard des marchandises que les Angloisviennent enlever dans les ports de France, tousles ans pendant la paix, ce font des grains de toutesfortes, des vins, des eaux-de-vie, des sels, deshuiles d’olive , des fruits ; ils tirent auíïï de Fran-ce des résines de toutes fortes, des toiles, des étof-fes d'or & d’argent, &c. LesHollandois leur four-nissent quelques-unes de ces marchandises , dontils ont établi des manufactures chez, eux , mais laplupart font du crû de la France, ou de ses fabri-ques , qui ne fe trouvent gueres ailleurs à si bonprix & de si bonne qualité.
On va donner ici un précis des réglemens faitsen France fur l’entrée des marchandises du crû& fabrique d’Angleterre & des pays en dépendans.Ces réglemens sont ceux du 6 Septembre 1701,du 5 Février 1713 , du 17 Mars 1717, du 3 Mars1722, & du 7 Mars 1724 ; les quatre derniers ne