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Tome premier.
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IL A A L

Turcs, y paient un tribut qui revient àvingt fous de France.

AAL, f. m. ( Hijloire Nat. Botaniq. )genre de plante peu connu , & dont il n’eftfait mention dans aucun autre ouvrage quedans l’herbier de Rumphe. Cet auteur endistingue deux esoeces, dont il donne ladescription fins figures, au chapitre §i‘.de son troisième volume des plantes d > Am-boine y page XOJ.

Premiere espece, Aal.

La premiere espece que Rumphe ap-pelle aalius anguflisolìa, aal à feuillesétroites, est un arbre de moyenne gran-deur , dont le tronc, qui a depuis neufpouces jusqu’à un pied de diamètre, est

Í iartagé en nombre de branches courtes quiui forment une cime épaisse & arrondie.Son écorce est brune, listé, comme hérissée,non pas d’épines, mais de tubercules obtusallez fréquens vers sorigine des branches.Ces branches font couvertes de feuilles al-ternes rapprochées comme par faisceaux ,& comparables à celles du bilimbi ou dupistachier, c’est-à-dire, pinnées ou rangéesen ailerons avec une impaire , de figure el-liptique, longues d’un pouce Sc demi àdeux pouces, listes, molles au toucher,verd foncé dessus, avec quelques nervuresblanches , Sc glauques ou verd de mer endessous.

De l’aistèlle de chaque feuille sortent plu-sieurs boutons verds de fleurs qui toutesavortent, excepté une feule, laquelle par-là semble être semelle pendant que les au-tres font mâles. Cette fleur est composéed’un petit calice entier , fins découpures,en forme de soucoupe, d’abord verd depomme , ensuite rougeâtre, au centre du-quel seleve un grain, c’est-à-dire, un dis-que en forme de pois, d’un beau rouge ,un peu applati ou déprimé, Sc creusé d’unepetite cavité en forme d’ombilic. C’est au-tour de ce disque que sont placées circulai-rement huit à dix graines noires , triangu-laires , nues, astéz semblables à celles del’oseille, ou mieux encore à des portions desphere.

Cet arbre, vu de loin, préíênte un coup-d’œil astéz agréable, Sc par fa forme élé-gance Sç par la couleur rouge du disque de

AAL

ses fleurs qui, persistant jusqu’à la maturitédes fruits, se fait remarquer à travers la ver-dure de ses feuilles. Celles-ci noircislênt eníé séchant : elles font sujettes à être rongéespar des fourmis noires qui se rendent fré-quemment sur cet arbre.

Qualités. L’écorce de Y aal est astézépaisse, succulente , & d’un beau rouge audedans ; elle a une saveur peu agréableainsi que ses feuilles.

Usages. L’aubier de son bois est blanc,le cœur en est purpurin, astéz solide , maisde peu de durée; on s’en íért néanmoinspour faire des montans aux portes desmaisons à Amboine.

Deuxième espece , Mahumaha.

U aal à larges feuilles, nommé par Rum- 'phe aalius latisolia , diffère du premier ence que ses feuilles font deux à trois foisplus longues ; ses fleurs n’ont pas le caliceen soucoupe , & ses graines font communé-ment arrondies Sc non triangulaires. Sonécorce est plus épaisse , plus succulente, Scd’un rouge plus pâle , ainsi que son bois.

La premiere espece se plaît au milieu desarbrisseaux fur le rivage de la mer, au lieuque celle-ci ne se trouve que dans les forêtsavancées dans le continent.

Le nom fous lequel ces deux arbres fontconnus à Amboine est celui de aal. L’es-pece à larges feuilles s’appelle ipmboan-autan en Malais ; eyhetu-eer à Amboine,

& plus communément mahumaha, c’est-à-dire, épice du lagon, à cause de sonufige.

Usages.. On ne frit pas grand cas dumahumaha à Amboine, néanmoins on em-ploie son écorce pour donner au vin de la-gon un goût aromatique avec un peu decouleur, en la frisant infuser dedans , audéfaut des autres écorces qui font ordinai-rement préférées pour cet effet.

Remarques. Par les caractères indiqué»dans la description de ces deux arbres, ilest facile de voir qu’ils font différons de tousceux qui font parvenus jufqu’ici à la con,-noillânce des Botanistes, & qu’ils doiventformer un genre voisin du Jagara dans lafamille des anones dont on fait que la plu-part des arbres ont l’écorce arorvarique-,

( M. Adanson,