70 A B E
Lrane flexible, de forte qu’on peut les plier,Hc cela ne fe peut faire lans nuire à f em-bryon. Chaque œuf est logé séparémentdans un alvéole, & placé de façon à faireconnoître qu’il est sorti du corps de la merepar le petit bout ; car cette extrémité estcollée au fond de f alvéole. Loríque la merene trouve pas un aífez grand nombre decellules pour tous les œufs qui font prêtsà sortir, elle en met deux ou trois , &même quatre dans un seul alvéole ; ilsne doivent pas y rester ; car un seul ver doitremplir dans la fuite l’alvéole en entierOn a vu les abeilles ouvrières retirer tous lesœufs surnuméraires : mais on ne lait pas fielles les replacent dans d’autres alvéoles ;on ne croit pas qu’il fe trouve dans aucunecirconstance plusieurs œufs dans les cellulesroyales.
La chaleur de la ruche suffit pour faireéclore les œufs ; souvent elle surpasse dedeux degrés celle de nos étés les plus chauds:en deux ou trois jours, l’œuf est éclos ; il enfort un ver qui tombe dans l'alvéole. Dèsqu’il a pris un peu d'accroisfement, il feroule en cercle ; il est blanc , charnu, &fa tête ressemble à celle des vers à foie ; lever est pôle de façon qu’en fe tournant, iltrouve une forte de gelée ou de bouilliequi est au fond de l’alvéole , & qui lui sertde nourriture. On voit des abeilles ou-vrières qui visitent plusieurs fois chaque jourles alvéoles où font les vers ; elles y entrentla tête la premiere , & y restent quelquetemps. On n’a jamais pu voir ce qu’elles yfaifoient : mais il est à croire qu’elles renou-vellent la bouillie dont le ver fe nourrit. Ilvient d’autres abeilles qui ne s’arrêtent qu’uninstant à 1 entrée de 1 alvéole, comme pourvoir s’il ne manque rien au ver. Avant que(feutrer dans une cellule, elles passent suc-cessivement devant plusieurs ; elles ont unfoin continuel de tous les vers qui viennentde la ponte de leur. reine : mais si on ap-porte dans la ruche des gâteaux dans lesquelsil y auroit des vers d’une autre ruche, ellesles laissent périr, &c même elles les entraî-nent dehors. Chacun des vers qui est nédans la ruche n’a que la quantité de nour-riture qui lui est nécessaire, excepté ceuxqui doivent être changés en reines ; il restedu superflu dans les alvéoles de ceux-ci. La
A B E
quantité de la nourriture est proportionnée'à l’âge du ver ; loríqu’ils font jeunes, c’estune bouillie blanchâtre, insipide comme dela colle de farine. Dans un âge plus avancé,c’est une gelée jaunâtre ou verdâtre qui aun goût de sucre ou de miel ; enfin lors-qu'ils ont pris tout leur accroillèment, lanourriture a un goût de sucre mêlé d’acide.On croit que cette matière est composée demiel & de cire que Y abeille a plus ou moinsdigérés, & qu’elle peut rendre par la bouchelorfqu’il lui plaît.
Il ne fort du corps des vers aucun excré-ment : aussi ont-ils pris tout leur accroisse-ment en cinq ou six jours. Lorfqu’un ver estparvenu à ce point, les abeilles ouvrièresferment ion alvéole avec de la cire ; le cou-vercle est plat pour ceux dont il doit sortirdes abeilles ouvrières, & convexe pourceux des iàux-bourdons. Lorsque l’alvéoleest fermé, le ver tapisse l’intérieur de íacellule avec une toile de foie : il tire cettefoie de son corps au moyen d’une filière pa-reille à celle des vers à foie, qu’il a au dellousde la bouche. La toile de foie est tissue defils qui font très-proches les uns des autres,& qui fe croisent ; elle est appliquée exacte-ment contre les parois de l’alvéole. On entrouve où il y a jufqulà vingt toiles lesunes fur les autres ; c’est parce que le mêmealvéole a servi successivement à vingt vers,qui y ont appliqué chacun une toile : carloríque les abeilles ouvrières nettoient unecellule où un ver s’est métamorphosé, ellesenlevent toutes les dépouilles de la nymphefans toucher à la toile de foie. On a re-marqué que les cellules d’où sortent les reinesne fervent jamais deux fois ; les abeilles lesdétruisent pour en bâtir d’autres fur leursfondemens.
Le ver après avoir tapissé de foie sonalvéole, quitte fa peau de ver, Sc à la placede ía premiere peau , il s’en trouve unebien plus fine : c’est ainsi qu’il fe changeen nymphe. Voye\ Nymphe. Cette nym-phe est blanche dans les premiers jours ;ensuite fes yeux deviennent rougeâtres, ilparoît des poils ; enfin après environ quinzejours, c’est une mouche bien formée , Screcouverte d’une peau qu’elle perce pourparoître au jour. Mais cette opération estfort laborieuse pour celles qui u’ont pas de