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Tome premier.
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force , comme il arrive dans les tempsfroids. Il y en a qui périssent après avoirpassé la tête hors de l’enveloppe, fans pou-voir en sortir. Les abeilles ouvrières quiavoient tant de foin pour nourrir le ver, nedonnent aucun secours à ces petites abeilleslorfqu’elles sont dans leurs enveloppes : maisdès qu’elles íont parvenues à en sortir, ellesaccourent pour leur rendre tous les servicesdont elles ont besoin. Elles leur donnentdu miel, les lechent avec leurs trompes &les essuient , car ces petites abeilles íontmouillées, lorfquelles sortent de leur enve-loppe ; elles fe fechent bientôt ; elles dé-ploient les ailes ; elles marchent pendantquelques temps fur les gâteaux ; enfin ellessortent au dehors, s’envolent ; Sc dès lepremier jour elles rapportent dans la ruchedu miel Sc de la cire.

Les abeilles sc nourrissait de miel Sc decire brute ; on croit que le mélange de cesdeux matières est nécellaire pour que leursdigestions soient bonnes ; on croit aussi queces infectes font attaqués d’une maladiequ’on appelle le dévoiement , lorfqu’ils sontobligés de vivre de miel feulement. Dansl’état naturel, il n’arrive pas que les excré-mens des abeilles qui sont toujours liqui-des , tombent fur a autres abeilles , ce quileur feroit un très-grand mal ; dans le dé-voiement ce mal arrive, parce que les abeil-les n’ayant pas aster de force pour fe mettredans une polition convenable les unes parrapport aux autres, celles qui font au dessuslaislènt tomber fur celles qui font au dessousune matière qui gâte leurs ailes , qui boucheles organes de la respiration, & qui les faitpérir.

Voilà la seule maladie des abeilles quisoit bien connue : on peut y remédier enmettant dans la ruche où sont les malades,un gâteau que l'on cire d'une autre ruche,Sc dont les alvéoles sont remplis de cirebrute j c’est 1 aliment dont la disette a causéla maladie ; on pourroit aussi y suppléerpar une composition : celle qui a paru lameilleure fe sait avec une demi-livre desucre, autant de bon miel, une chopine devin rouge, & environ un quarteron de finefarine de seve. Les abeilles courent risquede se noyer en buvant dans des ruisseaux(Cil dans des. réservoirs dont les bords fout

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escarpés. Pour prévenir cet inconvénient,il est à propos de leur donner de Peau dansdes assiettes autour de leur ruche. On peutreconnoître les jeunes abeilles Sc les vieillespar leur couleur. Les premieres ont les an-neaux bruns & les poils blancs ; les vieillesont au contraire les poils roux Sc les anneauxd’une couleur moins brune que les jeunes.Celles-ci ont les ailes faines & entieres ;dans un âge plus avancé, les ailes fe fran-gent Sc fe déchiquetait à force de servir.On n'a pas encore pu savoir quelle étoit ladurée de la vie des abeilles : quelques au-teurs ont prétendu qu’elles vivoient dixans ; d'autres sept ; d’autres enfin ont rap<-proché de beaucoup le terme de leur mortnaturelle, en le fixant à la fin de la premiersannée : c'est peut-être Popinion la mieuxsondée ; il feroit difficile d’en avoir lapreuve ; car on ne pourroit pas garder uneabeille séparément des autres : ces insectesne peuvent vivre qu'en société.

Après avoir suivi les abeilles dans leursdifférais âges, il faut rapporter les faits lesplus remarquables dans Pefpece de sociétéqu’elles composent. Une ruche ne peut sub-sister , s’il n’y a une abeille mere ; Sc s’ils’en trouve plusieurs , les abeilles ouvrièrestuent les surnuméraires. Jusqu a ce que cetteexécution soit faite, elles ne travaillent point,tout est en désordre dans la ruche. On trouvecommunément des ruches qui ont jufqu’àseize ou dix-huit mille habitans ; ces infec-tes travaillent assiduement tant que la tem-pérature de Pair le leur permet. Elles sor-tent de la ruche dès que l’aurore paroît ;au printemps, dans les mois d’Avril Sc deMai, il n’y a aucune interruption dans leurscourses depuis quatre heures du matin juf-qu’à huit heures du soir ; on en voit à toutinstant sortir de la ruche & y rentrer char-gées de butin. On a compté qu il en fortoitjufqu’à cent par minute, & qu’une seuleabeille pouvoit faire cinq, Sc même juíqu’àsept voyages en un jour. Dans les mois deJuillet & d’Août, elles rentrent ordinaire-ment dans la ruche pour y paster le milieu;du jour ; on ne croit pas qu’elles craignentpour elles-mêmes la grande chaleur, c’estplutôt parce que Pardeur du soleil ayantdessèche les étamines des fleurs , il leur estplus difficile de les pelotonner ensemble