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récolte incertaine , avant d’avoir mis en ré-serve une suffisante quantité de blé, onrend précaire la vie du peuple, & on l’é-change contre lser des commerçants & desmonopoleurs qui hâtent le moment de ladisette pour se faire rentrer leurs fondsavec usure. On n’a pas même tend queRenchérissement d’une denrée dont dépendla vie de l’homme, entraîne avec lui lachute des manufactures Sc des arts , & Im-migration de ceux dont lesbiens, Indus-trie ou le travail ne peuvent atteindre leprix des grains ; que ce n’est qu’en faisantconsommer à bas prix fur les lieux le su-
f ierflu des récoltes, qu'on peut faire fleurires arts,augmenter les manufactures Sc en-courager la population par la certitude del ‘abondance ; Sc qu’en tous cas , si Impor-tation pouvoir avoir quelques avantages,ce ne seroit qu’en la restreignant au superflu:mais qu’il ne peut y avoir de superflu quelorsque le nécellaire est assuré , & sous lamain , pour ainsi dire, dans des greniers d’a-bondance , toujours prêts à être ouvertsdans les disettes , car plus la populationest considérable, plus les disettes font àcraindre.
On a dit ingénieusement que le blé étoitun cinquième élément, aulli nécessaire àl’homme que l'air Sc Peau. Il seroit doncà souhaiter qu’il fût auffi abondant, Sc quel’homme trouvât auffi aisément à appaisersa faim qu’à étancher sa toi f; mais ce n’estqu'à la sueur de son front, ou par un travailopiniâtre , que l’homme se procure cettedenrée de premiere nécessité ; la providencel’y a condamné, pourl’obliger à un exerciceutile, d’où dépendent sa vie Si sa santé.
Sedpater ipse colendì
Haud sacilem ejse viam voluit , primusqueper artem
Movit agros curis acuens mortalìa corda ,Nec torpere gravi paffus sua régna veterno,
Géorg. de Virg-
Mais si l’homme ne peut se procurer Y abon-dance de cette denrée qu’avec des peinesSc des foins infinis, il pourroit du moinspar son industrie trouver des moyens sûrsSc peu dispendieux, de conserver ces mêmesdenrées de premiere nécessités de les tenir
A B O iQj?
en réserve pour les temps malheureux quisurviennent inopinément, ou par l’intem-pér'ie des saisons, ou par des causes quetoute la science humaine ne peut connoître,ni prévenir; pour ces années de stérilité,où la terre semble se refuser â la productiondes semences qui lui font confiées : maisparvenir à rendre ces précautions générales,par la voie de la persuasion , Sc par la con-viction que chaqu e famille,chaque individudoit avoir de son plus grand intérêt, fairerépandre ces connoiflànces de maniéréqu’elles deviennent des notions communes,en démontrer les avantages dans des pra-tiques sûres Sc par des exemples mis lo usles yeux du peuple , c’est là le point capitalSc le vœu d’une administration éclairée, quifait aller au devant du besoin , & qui veucfixer dans ses états Vabondance Sc le bon-heur des peuples. Telles ont été les vuesquiont dicté les ordres que j’ai reçusd'écrirefur la nature, la conservation Sc le meilleuremploi des grains , dans le Traité de laMouture économique , dont on trouvera lasubstance Sc la doctrine en plusieurs articlesde ce Dictionnaire. ( M. Begujiibt.)
Abondance , f. f. ( Belles - Lettres. j Ily a dans le style une abondance qui en faitla richesse & la beauté : c’est une affluencede mots Sc de tours heureux pour exprimerles nuances des idées, des sentimens Scdes images.
Il y a auffi une abondance vaine qui nefait que déguiser la stérilité de l’esprit Scla disette des pensées , par l’ostentation desparoles.
Soit qu’on veuille toucher ou plaire , oumême instruire simplement , Yabondancedu style suppose Yabondance des sentimensSc des idées, que produit un sujet fécond ,digne d’être développé. C'est alors que lapensée Sc l'expression coulent ensemble àpleine source.
La peine qu’on se donne pour enrichirdes sujets stériles, pour agrandir de petitsobjets, est au moins inutile Sc souventimportune.
Chapelain, qu’on a voulu donner pourun homme de goût, en fait de poésie ?Sc qui n’avoit pas même l’idée de la grâceSc de la beauté poétiquès , emploie àdécrire les charmes Si la parme d’Agnès-