A C A
Au mois de septembre 16951, M* dePontchartrain fut nommé Chancelier. M» leComte de Pontchartrain, son fils, entra enplein exercice de fa Charge de Secrétaired'Etat, dont il avoit depuis long-temps lasurvivance , Sc les Académiciens demeurè-rent dans son département. Mais M. leChancelier qui avoit extrêmement à coeurl’Histoire du Roi par médailles, qui Pavoitconduite Sc avancée par ses propres lumiè-res , retint Pinípection de cet ouvrage ; &eut Phonneur de présenter à Sa Majesté lespremieres fuites que l'on en frappa, Sc lespremiers exemplaires du Livre qui en con-tenoitles destins Sc les explications.
L'établissement de Y Académie des Ins-criptions ne pouvoit manquer de trouverplace dans ce Livre fameux , où aucune desautres Académies n'a été oubliée. La mé-daille qu'on y trouve fur ce sujet représenteMercure astis, 8 c écrivant avec un style ìil'antique fur une table d'airain. 11 s’appuiedu bras gauche fur une urne pleine demédailles ; il y en a d'autres qui font ran-gées dans un carton à fes piés. La légendeRerum gejlarum fides , Sc Pexergue Aca-demia Regia Inscriptionum & Numifmatum ,inflituta M. DC. LXIII. signifient queP Académie Royale des Inscriptions & Mé-dailles , établie en 166;, doit rendre auxljecle à venir un témoignage sidele desgrandes actions.
Presque toute Poccupation de Y Académiesembloit devoir finir avec le Livre des Mé-dailles ; car les nouveaux événemens Sc lesdevises des jetons de chaque année n'é-toient pas un objet capable d’occuper huitou neuf personnes qui s’aslémbloient deuxfois la semaine. M. l’abbé Pignon prévitles inconvéniens de cette inaction , & crutpouvoir en tirer avantage. Mais pour netrouver aucun obstacle dans la compagnie,il cacha une partie de fes vues aux Acadé-miciens , que la moindre idée de change-ment auroit peut-être alarmés : il fe con-tenta de leur représenter que PHistoire parmédailles étant achevée, déja même fous lapreste, & que le Roi ayant été fort contentde ce qu'il en avoit vu , on ne pouvoitchoisir un temps plus convenable pour de-mander à Sa Majesté qu’il lui plut assurerJPécat de Y Académie par quelque acte public
A C A r 29
émané de Pautorité royale. It leur citaPexemple de Y Académie des sciences, quifondée peu de temps après celle des Inscrip-tions par ordre du Roi, Sc n'áyant de mêmeaucun titre authentique pour son rétablis-sement , venoit d’obtenir de Sa Majesté(comme nous allons le dire tout-à l’heure )un règlement signé de la main , qui fixoicle temps Sc le lieu de fes assemblées, quidéterminent fes occupations, qui asturoit lacontinuation des pensions, &c.
La proposition de M. PAbbé Bignon futextrêmement goûtée : on dressa ausst-tôtun Mémoire, M. le Chancelier & M. leComte de Pontchartrain furent suppliés dePappuyer auprès du Roi ; Sc ils le firentd’autant plus volontiers, que parfaitementinstruits du plan de M. PAbbé Bignon , ilsn’avoient pas moins de zele pour Pavance-ment des Lettres. Le Roi accorda la de-mande de Y Académie , Sc peu de joursaprès elle reçut un Règlement nouveau datédu 16 juillet 1701.
En vertu de ce premier Règlement Y Aca-démie reçoit des ordres du Roi par un desSecrétaires d'Etat, le même qui les donneà Y Académie des Sciences. \J Académie estcompoíee de dix Honoraires, dix Pension-naires, dix Associés, ayant tous voix déli-béra» ve , Sc outre cela de dix Eleves, atta-chés chacun à des Académiciens pension-naires. Elle s’astèmble le mardi Sc le ven-dredi de chaque semaine dans une des sallesdu Louvre, Sc tient par an deux assembléespubliques, Pune après la S Martin , l’autteaprès la quinzaine de Pâque. Ses vacancesfont les-mêmes que celles de Y Académiedes Sciences. Voye^ Académie desSciences, Elle a quelques Associés cor-refpondans , soit regnicoles, (bit étran-gers. Elle a austì , comme l 'Académie dessciences, un Président, un vice- Président,pris parmi lesHonoraires,unDirectcur&un(ous-Directeur pris parmi les Pensionnaires.
La classe des Eleves a été suppriméedepuis Sc réunie à celle des Associés. LeSecrétaire Sc le Trésorier font perpétuels ,Sc Y Académie depuis son renouvellementen 1701 a donné au public plusieurs volumesqui font le fruit de fes travaux. Ces volu-mes contiennent, outre les Mémoires qu’oaa jugé à propos d'imprimer en entier, plu-