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partie de i’exprcssion , 8c donnent lieu âune espece d’alternative & de dialogue desinstrumens & de la voix. Armide prête àpercer le cœur de Renaud , fe demande àelle-même: qui me sait hésiter? Queft-cequ’en sa saveur la pitié me veut dire ?C’est à la symphonie à lui répondre ; 8cvoilà ce qui fait la magie & le charme durécitatif obligé.
On a cru que cette forte de récitatif,entrecoupé par la symphonie , étoit moinspropre à notre langue, qu’à la langue Ita-lienne , parce que notre prononciation na-turelle est moins détachée que celle desItaliens. Mais s’il ne s’agit pas de détacherles mots qui doivent ctre liés ensemble ; ils’agit d’articuler chaque phrase, Lc d’y at-tacher le trait de chant 8c d’harmonie quilui convient. Or, notre déclamation sim-ple, dans les momens passionnés, a des ar-ticulations aussi marquées , des pauses,des interruptions , des silences aussi fré-quens que peut f exiger la musique , pourentrelacer f expression de l ‘accompagnementà celle de la voix. Du reste , c’est au poèteà savoir prendre alors un style rapide 8cconcis ; & rien au monde rdest plus facile.
4 °. Une hypothèse encore lur laquelleest fondée la vraisemblance de Yaccom-pagnement , c’est la même qui, dès long-temps reçue en poésie , a donné lieu à desi douces illusions ; savoir , que tout dansla nature est animé, sensible , & que toutparle son langage. Ainsi, toutes les fois quedans le poème lyrique, il s’établit une com-munication , une correspondance, une in-fluence réciproque entre l’ame de í’acteur,8c les objets qui l’environnent, Y accom-pagnement devient l’organe de ces objetssupposes sensibles ; 8c entre Phomme 8c lanature intéressée à fa situation , fe formealors un dialogue dont l’illusion nousenchante.
- y°. Enfin , parmi ces objets correspon-dans à la situation de l’ame , il y en aqui ont eux-mêmes une espece de voix:un vent doux murmure à travers le feuil-lage , un ruisseau gazouille à travers lescailloux ; les flots mugissent , le tonnerregronde , la foudre éclate , les monstresdes forêts rugissent, les oiseaux chantentleurs amours ; la symphonie alors n’est pas
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absolument fictive, elle est imitative ou dubruit, ou des sons qui, dans la réalité, seferoient entendre, 8c porteroient dansl'ame la mélancolie ou la joie, la volupté,le calme ou la terreur.
Ce qui prouve que Y accompagnement estsupposé tantôt faire partie de l’expression ,comme supplément de la voix , tantôt re-présenter une voix étrangère, c’est que dansla premiere hypothèse, celui qui chanteest censé ne pas entendre la symphonie,8c qu’en effet il ne paroît jamais s’apper-cevoir qu’il est accompagné ; au lieu quedans la seconde , il est censé l’entendre 8cen être ému , ou dialoguer avec elle.
On voit par-là tout ce qu’embraísè lesystème hypothétique de Yaccompagne-ment , & ju'qu’où s’étend fa magie. Klaison ne doit jamais oublier que la mélodieen est l’ame , qu’elle feule peut lui donnerun caractère , un charme , un attrait con-tinu ; que , s’ii n’est lié par le chant, sestraits épars, ses passages brusques, ses idéesincohérentes , ne seront bientôt pour l’o-reille qu’un bruit monotone 8c pénible , 8cpour l’ame , que des lueurs de pensée & desentiment. ( Art. de M. MarmonTEl. )Accompagnement sans chiffres ,
C Mujique. ) On entend par accompagne-ment Jans chiffres, celui où l’on n’a pourguide que la partie de la bassé , fanschiffres , 8c fans la partie du chant écriteau dessus. Tout bon accompagnateur doitpouvoir accompagner une baise non chif-frée , lorsqu’il a toute la partition , ce qui:n’est par fort difficile , & même lorsqu’iLn’a que la partie principale au dessus de labaffe ; les récitatifs italiens sont ordinaire-ment dans ce dernier cas. Mais il est im-possible , j’oíè le dire appuyé de bons maî-tres , il est impossible d’accompagner bien,lorsqu’on n’a que la baffe seule ; en voiciun exemple convainquant. Que dans unepiece en ut majeur , la baffe ait les deux
notes ut , ut ^ ; quel accord portera\y ' ' â
Y ut A' ? il en peut porter au moins trois ;l’accord de sixte quinte, qui est le plus na-turel ; l’accord de feptieme ordinaire , quil’est moins ; 8c l’accord de feptieme dimi-nuée , qui est presque aussi naturel que lepremier. Par le moyen des deux prem ersaccords, on fait une excursion dans le
relatif