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en introduisant avec beaucoup de peine defa part, & de douleur de la part de la ma-lade , le doigt & les instrumens, le rectumlui parut ulcéré & percé en dedans d’untrou large d’environ un pouce & demi. Cetrou situé à la partie postérieure de l’intestindu côté droit , deux pouces Sc demi audessus du fondement, ne laissoit plus dedoute fur le chemin que les os Sc les autresmatières étrangères avoient tenu.
En examinant avec le doigt cette plaie ,M. Littre sentit la tête d’un fœtus qui étoitsi fortement appliquée , qu’il ne put la dé-ranger ; Sc que depuis trois jours la ma-lade ne rendoit plus de matières extraor-dinaires.
L/état de la malade étant constaté, ils’agissoit de la guérir : pour cet effet, M.Littre commença par lui donner des forces,en lui prescrivant les meilleurs alimens Scles remedes les plus capables d’affoiblir lessymptômes du mal ; ensuite il travailla àtirer le reste du fœtus : ce qu’il ne putexécuter qu’avec des précautions infinies,& dans un temps très-considérable. Il tiraavec ses doigts tous les petits os Sc leschairs ; il inventa des instrumens à l’aidedesquels il coupa les gros os, fans aucundanger pour la femme ; Sc ce traitementcommencé au mois de Mars dura cinq mois,au bout desquels la malade se trouva en étatde vaquer à ses affaires. Ceux qui le sui-vront dans tout Ion détail , douteront íil’avt a moins de ressources que la nature ,& s’il n’y a pas des cas où le ChirurgienLc le Médecin ne font pas plus qu’elle pournotre conservation : cependant on saitqu’elle conserve tout ce qu’elle peut empêcher de périr, Sc que de tous les moyens quilui font possibles, il n’y en a presqu’aucunqu’elle n’emploic.
M. Littre cherche, après avoir fait l’hif-toire de la guérison , dans quel endroit oudans quelle partie du ventre de la malade lefœtus étoit contenu pendant qu’il vivoit. Onpeut d’abord soupçonner quatre endroitsdifférens ; la simple capacité du ventre, lamatrice , les trompes, Sc les ovaires.
11 n’étoit pas dans la simple capacité duventre, parcc qu’en prellant la partie infé-rieure du ventre de haut en bas, on tou-chok une elpece de poche d’une grandeur
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à contenir un petit fœtusd’environ six mois,ronde, peu stable dans ion assiette, & per-cée d’un trou. Cette poche n’étoit pas lesmembranes du fœtus, mais une partie dela mere , car les membranes du fœtusavoient été extraites par l’ouverture du u rosboyau.
II n’étoit pas non plus dans la cavité dela matrice ; i°. parce que la malade a eurèglement ses ordinaires pendant cette grossellé : z°. que le trou de la poche étoitsitué à sa partie latérale gauche : $°. quetrois mois après la sortie du fœtus, cettepoche étoit encore grosse : 4 0 . que pen-dant le traitement il n’étoit survenu aucunealtération aux parties naturelles , aucunécoulement, Ê’c. j°. que la matrice pleined’un fœtus de six mois ne s’étend point jus-qu’aux fausses côtes : 6°. que s’il eût étédans la matrice , il en eût rongé les paroispour en sortir.
D’où M. Littre conclut que c’est doncou la trompe ou l’ovaire qui avoir servi dematrice au fœtus : mais il 11e se décide pointpour l’une de ces parties plutôt que pourl’autre; il conjecture feulement que la pocheformée par l’une ou l’autre s’est ouverte, Scque le fœtus est tombé dans la capacité del’hypogaftre où il est mort.
On a vu par le commencement de cetarticle, ce qu’il produisit là , & quellesfurent les suites de cet accident.
Vers la fin de Septembre la malade futaussi forte Sc dans le même embonpointqu’auparavant. Elle jouiíïoit d’une parfaitesanté lorsque M. Littre faisoit l’histoire desa maladie.
Le fait précédent est remarquable par lamaniéré dont une femme s’est débarralléed’un enfant mort : en voici un autre quine l’est guere moins par le nombre des en-fans qu’une femme a mis au monde tousvivans. On lit , Hifl. de VAcad. z 709 >pa%. ïx , que dans la même année la femmed'un Boucher d’Aix étoit accouchée dequatre filles qui paroiíloient de différaistermes, ensuite d’une masse informe , puisde deux jours en deux jours de nouveauxenfansbien formés, tant garçons que filles,jusqu’au nombre de cinq ; de sorte qu’entout il y en avoir neuf, sans compter lamasse : ils étoienc tous vivans, Sc furem