A C C
moins heureux, & ne sentent le plaisir que 1par un seul sexe.
Le lievre marin est androgyne ; mais ilne jouit de l’organe mâle, que pour exciterla liqueur séminale de 1 cpididyme, 6c pourla répandre par l'ovaire.
Bientôt ses sexes cessent o être confondusdans le même individu.
Dans chaque elpece des animaux dontnous allons parler , il y a des individus quifournissent uniquement la liqueur fécon-dante , & d autres individus n'ont que lesœufs, qui doivent être fécondés par cettemême liqueur. Plusieurs coquillages, pres-que tous les poissons , Lc une partie desquadrupèdes à sang froid , ont des indivi-dus absolument mâles, & d'autres unique-ment femelles, mais fans organe extérieurde plaisir. Leur liqueur séminale s'épanchesans canal apparent au dehors, & fécondeles œufs de la femelle, déja sortis du corpsde la femelle ; Sc fans ce mélange, lesœufs ne donnent jamais de fœtus. Ces ani-
A C C 549
quemment que les poistòns soient herma-phrodites , femelles d'un côté, mâles del’autre.
Il y a d’ailleurs dans les insectes un sexedifférentde celui des autres classes. Différen-tes efpeces d’abeilles Sc les fourmis, tousinfectes sociables, ont des femelles en très-petit nombre , des mâles un peu plus nom-breux , Sc un peuple entier d’individus fanssexe. On a voulu prendre les abeilles ouvriè-res pour des femelles imparfaites ; on a mê-me cru avoir découvert des manœuvres pro-pres à en aider le développement, à la faveurdefquelles ces ouvrières se perfectionnent Scdeviennent des femelles. Mais ces procédésn ont pas réussi à des personnes intelligentes,Sc ils manquent de probabilité. L'analogien'offie aucun exemple de femelle, dont lesorganes particuliers à son sexe neparoissentpas aussi-tôt qu'elle est née.
II nous reste à parler des animaux dontles individus n'on t qu'un sexe , mais qui'ont complet. L'organedu plaisir se trouve
maux connoissent cependant les attraits de j ici dans tous les mâles. Si dans quelques
l'amour; les poiffons mâles suivent avecfureur les femelles prêtes à répandre leursœufs ; ils s'exposent à la mort même pourles atteindre , pour se frotter contr'elles ,& pour arroser leurs œufs de la liqueur fé-condante , que le plaisir leur a fait répandre,Sc dont ils étoient remplis. On a prétenduque ces poissons ne cherchent point les fe-melles , Sc qu’ils ne s'attachent quaux œufs;mais d'autres naturalistes ont vu le frotte-ment voluptueux des deux sexes. Plusieursmâles suivent certainement la même femel-le , Sc ne la suivroient pas, s'ils n’en efpé-roient du plaisir. 11 y a même des poissonsque la nature a doués d’un organe particu-lier pour s’attacher à la femelle. Il est vraique dans les poissons la force fécondante dela liqueur du mâle subsiste long temps ; &M. de Weltheim est parvenu à sc procurerdes saumons , en mettant dans un vase ,rempli d'eau & fourni de fable, le spermedu mâle avec les œufs de la femelle. J'eninsiste d'autant moins fur Inexpérience deM. Sran qui a cru voir dans cet animall’organe fécondateur.
11 y a plusieurs remarques à faire fur cetteclasse. Comme elle a généralement deuxçyaires Sc steux pénis, il arrive assez fre-
oiscaux on a peine à l'appercevoir , c’estqu'ils font trop petits : il est très - visibledans les grands oiseaux. Cet organe estdans cette classe lc canal de la liqueur fé-condante ; il l'introduit dans l’organe dcla semelle , fait pour le recevoir , & il larépand dans Pintérieur de cet organe fe-melle ; car on n’est pas bien sûr encore de laplace exacte à laquelle cette liqueur peutparvenir. Les animaux s'acquittent de cettefonction si nécessaire avec enthousiasme.Une sagesse supérieure récompense unefonction nécessaire pour la conservation del’efpece, par une volupté supérieure à toutesles autres.
Suivons cette action dans quelques-unesde ces variétés. La nature est sage Sc desang froid ; ce qui, pour le vulgaire, est unobjet de badinage , a chez elle une dignitéproportionnée à son importance.
Dans le mâle , du moins dans le qua-drupède , c'est la présence d’une quantitésuffisante de liqueur fécondante , qui pro-duit la passion avec laquelle il poursuit Scsubjuge la femelle. Un sentiment obscurle force à chercher ce plaisir , lors mêmequ'il n’en connoît pas encore la douceurpar l'expérience, C’est presque toujours lc