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Tome premier.
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naturelle , dans la même proportion qu’ilavoir à l’œuf visible. Ce fait mene à uneconséquence importante.

Si le coeur est l’unique agent de 1 ’ ac-croissement comme nous allons le démon-trer , le coeur du poulet a donc agi avantles approches du mâle , & dans l’œuf pres-que invisible renfermé dans l’ovaire de lapoule vierge : c’est la pulsation de ce petitcœur qui à porté successivement le foetus àun accroissement proportionné à celui del’ocuf dont il fait partie.

Cet accroijsement est lent : il devientrapide par l'irritation que la liqueur fécon-dante cause dans le cœur de l’embryon.Tout combiné, il est extrêmement pro-bable que la partie volatile de la liqueur dumâle est, à l’égard du cœur, le stimulusle plus efficace. Cet organe redouble sespulsations, quand il estirritéparla chaleur,par l’air, parl’eaumême.La force irritantedesparcies volatiles de la liqueur fécondantedu mâle est prouvée, par la force supérieuredes animaux entiers, comparés à ceux qu’ona privés des organes qui préparent cetteliqueur ; par l’épanouiílement des cornesdans plusieurs animaux, Sc de la barbe dansl’homme ; par l’état de vigueur dans lequell’abondance de cette liqueur met les parties

Í génitales ; par les phénomènes même de'amour , toujours physique dans le fond ,& dont le premier effet estl’accélération dumouvement du cœur , déja apperçu parDefcartes.

L’ accroijsement du fœtus, animé par lesecours du mâle, devient très-considérable.Le cœur lui-même, jusqu'ici invisible ,commence à paraître depuis l’heure dou-zième de l’incubation. Les premieresvingt-quatre heures de cette douce chaleur, por-tent l’embryon au delà même du quadruplede fa grandeur. On ne lauroit donner plusde quatre centièmes de pouce au fœtus quin’apas encore joui désavantagés de l’incu-bation , Sc il en a dix-huit à la fin desvingt-quatre heures.

Pour donner une idée de Y accroijsementde l’animal, nous nous servons de celui dupoulet, parce que c'est le léul fœtus dontnous ayions les époques Sc les mesures.On ne découvre que fort tard l’embryondu quadrupède , Sc on n’a pas encore assertTome I,

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d’observations pour former l’échelle de sesaccroijsemens. Pour l’espece humaine, nousn’avons presque aucune certitude sur sespremiers commencemens : le jour de laconception n’est presque jamais bien connu;& les occasions de fixer les accroijsemznsdes premiers trente jours font si rares ,qu’on ne peut donner aucune confiance auxmesures que quelques auteurs ont cru assi-gner au fœtus dans ces premiers temps deíà vie. Les accroijsemens de fœtus quadru-pède font très-lents pendant les premiersvingt jours : à peine l’embryon dune chevrerest-il visible le dix-huitieme jour, au lieu»que le poulet passe, à cet âge, la longueurde trois pouces. Le vingt & unieme jour lepoulet est long de quatre pouces. Si fa pre-mière longueur a été de quatre centièmes ,P accroijsement de ces vingt & un jours adonc porté le fœtus à une longueur cencfois plus grande ; Sc Y accroijsement entierétant comme le cube de ce nombre, est d’uuioooooo de fois le poids original d’un fœ-tus qui vient d’être fournis à l’incubation.Cet accroissement rapide n’a pas été distri-

Cet accroijsement rapide n’a pas >_

bué également ; le plus grand accroijsementa été celui du premier jour ; il a diminuéde vitesse, à mesure que le poulet s’estapproché de fa maturité : Y accroissementdes premicres vingt - quatre heures a étcexactement du quatre-vingc-huituple ;celui des secondes vingt-quatre heures,du quintuple ; & le dernier jour , il n’estplus que dc 5 à 6.

Expose à l’air & privé de la chaleur favo-rable de l’incubation, le poulet ne grandieplus que lentement ; Sc Y accroissement despremiers quarante jours de fa vie , ne sur-pasie pas Y accroijsement moyen d’un seul

jour de l’incubation.

Le fœtus humain, évalué à fa conceptionàrèôde grain, se trouve, le jour de sanaissance , peser 48640 grains , ce qui fe-rait Y accroissement entier de deux centssoixante & dix jours, de 4,864,000 fois lagrandeur originale, trois fois moins rapideque Y accroissement du poulet, puisque lefœtus humain a eu à peu-près treize foisplus de temps pour croître.

Ce calcul n’est pas exact & ne íàuroitl’être. 11 est impossible , d’un coté, de dé-terminerla grandeur de l’embryon qui vient

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