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Tome premier.
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ans, &■ cependant le développement entierde toutes les parties de ion corps en gros-seur , n’est achevé qu’à trente ans. Leschiens prennent en moins d’un an leuraccroissement en longueur ; Sc ce n’est quedans la seconde année qu’ils achevent deprendre leur grosseur. L/homme qui esttrente ans à croître, vit quatre-vingt-dixans ou cent ans ; le chien qui ne croît quependant deux ou trois ans, ne vit aussi quedix ou douze ans : il en est de même de laplupart des autres animaux. Les poillonsqui ne cessient de croître qu’au bout d’untrès-grand nombre d’années, vivent dessiécles , ùc. comme nous savons déjainsinué. Cette longue durée de leur viedoit dépendre de la constitution particu-lière de leurs arêtes , qui ne prennentjamais autant de solidité que les os des ani-maux terrestres.

Les animaux qui ne produisent qu’unpetit nombre de fœtus , prennent la plusgrande partie de leur accroissement, Scrftême leur accroissement tout entier, avantque d'êtrc en état d'engendrer ; au lieuque les animaux qui multiplient beaucoup,engendrent avant même que leur corps aitpris la moitié, ou même le quart de sonaccroijsement. L’homme , le cheval , lebœuf, l’âne , le bouc , le belier , ne sontcapables d’cngendrer que quand ils ont prisla plus grande partie de leur accroissement ;U en est de même des pigeons & des autresoiseaux qui ne produiíemqisun petit nom-bre d’ceufs : mais ceux qui en produisentun grand nombre, comme les coqs, lespoules , les postions, Sec. engendrent bienplutôt. Un coq est capable tPengendrer àl’âgc de trois mois, Sc il n’a pas alors prisplus d’un tiers de son accroissement ; unpoisson qui doit au bout de vingt ans pesertrente livres, engendre dès la premiere oula seconde année , Sc cependant il ne pesepeut-être pas alors une demi-livre. Maisil y auroic des observations particulièresà faire fur Y accroissement Sc la durée dela vie des poillons : on peut reconnoîtreà-peu-près leur âge en examinant avec uneloupe ou un microscope les couches annuel-les dont font composées leurs écailles : maison ignore juiqu’où il peur détendre. Onvoie des carpes chez M. le Comte de

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| Maurepas , dans les sosies de son châteaude Ponrchartrain , qui ont au moins centcinquante ansbienavérés, Sc elles paraissentaussi agiles & aussi vives que des carpesordinaires. Il ne faut pas dire avec Leuwen-hoek , que les postions font immortels ,ou da moins qu’ils ne peuvent mourir devieillesse. Tout doit périr avec le temps ;tout ce qui a eu une origine , une nais-sance , un commencement, doit arriverà un but, à une mort, à une fin : maisil est vrai que les postions vivant dans unélément uniforme, Sc qu’étant à l’abri desgrandes vicissitudes, Sc de toutes les inju-res de l’aír, ils doivent se conserver pluslong-temps dans le même état que les autresanimaux : Sc si ces vicissitudes de l’air font,comme le prétend un grand Philosophe ( lechancelier Bacon , voyc^ son Traité dc lavie & de la mort ) les principales causesde la destruction des êtres vivans, il est cer-tain que les postions étant de tous les ani-maux ceux qui y font les moins exposés,ils doivent durer beaucoup plus long-tempsque les autres. Mais ce qui doit contribuerencore plus à la longue durée de leur vie,c’est que leurs os font d’une substance plusmolle que ceux des autres animaux, Scqu’ils ne se durcissent pas, & ne changentpresque point du tout avec l’âge. Les arêtesdes postions s’alongent , grossissent, &prennent de Y accroissement fans prendreplus de solidité , du moins sensiblement ;au lieu que les os des autres animaux,aussi-bien que toutes les autres parties soli-des de leurs corps, prennent toujours plusde dureté & de solidité : & enfin lorfqu’el-les sont absolument remplies & obstruées ,le mouvement cesse, & la mort fuit. Dansles arêtes au contraire, cette augmenta-tion de solidité, cette repiétion , cette obsotraction qui est la cause de la mort natu-relle , ne se trouve pas , ou du moins nele fait que par degrés beaucoup plus lents& plus insensibles , & il faut peut-êtrebeaucoup de temps pour que les poissonsarrivent à la vieil leste.

La mort est donc d’une nécessité indis-pensable suivant les loix des corps qui noussont connues, quoique la différente pro-portion de la force du cœur aux partiessolides, la coction des alimens, le caractère