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Tome premier.
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39° A C H

ccrce assemblée qu’on déliberoit de la paixou de la guerre, & qu’on réformoit lesabus. Ce sénat ne s’alsembloit qu’au com-mencement du printemps Sc de l’automne;6c s J il survenoit, en son absence , quel-ques affaires imprévues, les deux préteurs,dont l’autorité étoit annuelle, étoient char-gés de le convoquer exrraordinairemenr.Ces deux magistrats , quand le sénat n’é-toit plus aflemblé , tenoient entre leursmains les destinées publiques; mais commeils ne pouvoient rien exécuter que du con-sentement de dix inspecteurs qui veilloientfur eux , ils n’avoient qu’une autorité dontil étoit difficile d'abuser , parce qu’ils au-roient eu trop de citoyens à corrompre.G’étoit k la tête des armées qu'ils jouií-foient du pouvoir le plus absolu. Leurcommandement n’étoit pas asiez durablepour écouter les voeux de l’ambition.

Les Achéens ingénieux dans la recherchedu bonheur , le trouvèrent dans leur mo-dération. Ils résistèrent avec constance àParerait des richesses & aux promesses del'ambition. Satisfaits d’être libres , ils sefirent un devoir de respecter la liberté deleurs voisins, & fans être auíïì riches &aussi puiisans, ils furent tranquilles & plusfortunés ; il leur parut plus beau d’êtrechoisis pour les arbitres des querelles, qued’en être les artisans ou les complices. LePéloponèse Sc les autres provinces de laGrece, persuadés de leur intégrité Sc deleur modération , se soumirent avec con-fiance à leurs décisions. Philippe Sc Ale-xandre les laisseront jouir de leur libertéSc de leurs privilèges , dont ils ne savoientpoint abuser ; mais fous leurs successeurscette république de sages fut enveloppéedans la ruine de la Grece. Obligée deprendre part aux dissensions qui déchiraientla Macédoine, elle reçut dans son sein destyrans parés du nom de protecteurs. Lelien qui unissent les villes fut rompu , &des intérêts divises préparèrent une com-mune oppression. Le sentiment de leurdégradation réveilla l’amour de la liberté :quatre villes donnerent aux autres un exem-ple qui fut suivi par les Egéens, qui firent,avec Dyme , Patfas , Phare & Tritée,une république, où l’on vit renaître lesmœurs, la police Sc l’union qui avoient fait

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respecter la premiere. Plusieurs autres villesmassacrèrent leurs tyrans, Sc briguèrent lafaveur d’être admises dans cette associa-tion , dont le but étoit de maintenir faliberté, lans attenter à celle des autres.

La Macédoine seule inréreffêe à arrêterles progrès de cette république fédérative ,étoit agitée de troubles domestiques. Elleétoit trop afToiblie pour supporter le poidsdes guerres étrangères. Ainsi les Achéensauraient rendu à la Grece Ion anciennesplendeur, s’ils avoient eu des préteurs d’uncourage assez élevé pour rappeller aux Grecsle souvenir de leur gloire &c la honte deleur dégradation actuelle ; mais au lieu deformer des généraux Sc de cultiver lesvertus militaires, ils n'exerceront que desvertus pacifiques , Sc firent consister leurgloire à n’être que citoyens. La défiancequ’ils avoient d’eux-mêmes étoit plus pro-pre à inspirer le dédain que l’admirationdes Grecs , plus faciles à éblouir par desexploits militaires que par de paisibles ver-tus. Ils avoient besoin d’un chef qui élevâtleur courage, ils le trouveront dans Aratus,qui après avoir affranchi Sycione, se patrie,du joug des tyrans, la sir entrer dans laconfédération. Pour prix de ses services,il n’exigea aucune distinction , ne se réser-vant que le privilège de donner l’exemplede l’obéiísence aux loix. Les Achéens,charmés de se modération , l’éleverent àla préture , qu’il exerça sens collègue, Scqui fur pour lui une magistrature perpé-tuelle.

Csetoit un spectacle bien respectablequ’un chef sens ambition , qui ne prenoirles armes que pour affranchir les villes duPéloponèse de la domination des tyrans ,Sc pour mieux assurer leur indépendance ,il les associoit aux privilèges de la confédé-ration. Toute la Grece saisie de l’enthou-siaíme de la liberté , n’alloit plus formerqu’uuc seule république , lorlqu’AthenesSc Sparte , qui conservoiént leur anciennefierté sens avoir aucune de leurs anciennesvertus, murmureront hautement de voirVAchaïe occuper la premiere place qu’ilscroyoient usurpée sur eux. Aracus avoirbesoin de toutes les ressources de son géniepour conjurer l’orage. Ce grand homme ,si propre à gouverner une république-, à

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