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manier les pallions de la multitude , psage dans ses projets, si actif dans l’exé-cution , étoit fans talent pour la guerre ;
Le quoique la Grece fut couverte de sestrophées, on doit moins attribuer ses vic-toires à ses connoisiances dans l’art mili-taire qu’à ['incapacité des généraux qu’il eutà combattre. Convaincu lui-même de lamesure de sestalcns, il n’en fit usage quepour négocier. Les Achéens avoient unennemi redoutable dans le roi de Macé-doine. Aratus pour se faire un rempartcontre son ambition , rechercha l’alliancedes rois d’Egypte & de Syrie , qui leregardoient comme les successeurs d’Ale-xandre , quoique les rois de Macédoineprétendissent avoir seuls des droits à ceriche héritage. 11 profita de cette rivalitépour obtenir la protection des rois d’Egypte& de Syrie : Y Achaïe , av ec un tel appui,fut respectée par Antigone & Déméiriusion fils ; mais lorsqu’ils furent attaqués par. Cléomene , roi de Sparte , ils éprouvèrentla différence des deux rois leurs alliés, quin’avoient intérêt de les défendre que contreles Macédoniens dont Us redoutoient l’a-grandissement, & non contre les Spartia-tes , plus belliqueux & plus prompts à dé-fendre la liberté de la Grece , que la liguedes Achéens, qui n’avoient que des incli-nations pacifiques. Aratus, convaincu del’inutilité de leur alliance , fut forcé ^pâl-ies événemens, à recourir aux Macédo-niens. Cléomene étoit fur les terres desAchéens, & plusieurs villes étoient déjasoumises à fa domination. Antigone char-mé de l’occasion de s’immifcer dans lesaffaires de la Grece , parut à la tête devingt mille hommes de pié & de quatorzecents chevaux. Les deux armées en vinrentaux mains près de Sélacie , avec un cou-rage opiniâtre. La phalange Macédonienes’avançant, piques baissées , fur le Spar-tiates , les met en désordre, & de six milleLacédemoniens , il n’y eut que deux centsqui fe dérobèrent au carnage. Sparte ou-vrit ses portes aux vainqueurs, qui abo-lirent les loix établies par Lycurgue. C’étoittrop lá punir, puifqu'on étouffoit le germede ses vertus.
Les Achéens triomphans n’eurent pointà fe féliciter de leur victoire : en sc procu-
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rant un allié si puissant, ils fe donnerencun maître. Il mit des garnisons dans Co-rinthe & dans Orchomene , qu’ils furentobligés de soudoyer. Les statues des tyransrenversées par Aratus, furent rétablies parAntigone ; la crainte qusil inspira les sicdescendre dans la plus baise adulation , Scdans le temps qu’ils commençoient à ledétester , ils ie dégradèrent jufqu’à lui offrirdes sacrifices. Ce fut par cet avilissementqusils conservèrent leur gouvernement ,leurs loix Sc leurs magistrats. Ssiis s’étoientmontrés plus magnanimes, on auroir moinsrespecté leurs privilèges. Les Achéens,épuisés par la guerre , ne songèrent qu’àréparer leurs pertes. Les Etoliens, instruitsde leur soiblefle , firent des incursions furleurs terres. Ce peuple féroce , après avoirporté la désolation dans tout le Pélopo-nèse , taille en pieces les Achéens com-mandés par Aratus. Philippe, jeune roide Macédoine, est appellé au secours dela Grece : il entre dans l’Etolic, cù ils’empare de plusieurs places importantes ,& il eût poussé plus loin ses conquêtes,si ses Etoliens humiliés n’eusient demandéla paix aux Achéens. Philippe, que toûtsystème pacifique rendoit moins puissant,auroit bien désiré continuer la guerre ;mais ses alliés s’étoient épuisés pour ensoutenir le poids. Chio, Rhodes Lc By-lance se joignirent aux Achéens pour lefaire consentir à mettre bas les armes. Lapaix fut conclue, & chaque parti gardales places dont il étoit en possession.
Philippe , né avec toutes les qualitésqui forment les grands rois , étoit capablede relever de dessous ses débris l’empire con-quis par Alexandre. Son esprit naturel étoitorné des plus belles connoisiances. Ennemide l’injustice , ambitieux de la gloire , iltempéroit par ses maniérés affables & po-pulaires l'envie que fait naître la supério-rité des talens. Ses alliés n’eurent pointd’inquiétudes de la rapidité de ses succès,parce qu’il ne sembla vaincre que pour eux.L’aurore de fa vie fut pure & brillante, maiscet éclat disparut dans son midi. Entouréde lâches corrupteurs , il sc laissa persuaderque celui qui peut tout, a droit de tour en-freindre. Lsivrefle de la fortune égara íâraison, il s’érigea en tyran de ses allies.