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Tome premier.
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Avarus eut l’intrépidité de lui rêmontferque fi la Grece avoit beíoin de lui contreles étrangers, il avoit également besoind’elle pour assurer sa grandeur, & que s’ilperse véroit à la regarder comme fa conquête,il la forcerait d’appeller les barbares pourse venger de son oppression. Les ryrans nesont jamais plus furieux que quand on leurdémontre qu'ils ont tort. Philippe ne vitplus dans Arams qu’un censeur importun,& pour s’en débarrasser il le fit empoison-ner. Les Achéens & les Sycioniens se dis-putèrent la gloire de lui ériger un tombeau,Sc d’être les dépositaires de ses cendres.On lui fit des funérailles dignes du libérateur de la patrie, & pour mieux honorerfa mémoire, on lui fit des sacrifices. L’édi-fice que ce grand homme avoit élevé futsoutenu par Philopccmen, le dernier que pro-duisît la Grece qui fût digne dsolle. Forméà l’écóle d'Avcéhlas , il avoit appris que lavéritable gloire coníistoit à servir son pays.Ses premiers penchans se déclarèrent pourla guerre.Les exercices militaires furent lesjeux de son enfance,& les momens^u’illeur déroboit étoient consacrés à la chaste& à l’agriculture. Son application à la phi-losophie n’avoir point pour but de satisfaireune curiosité stérile ; il étudioit les moyensde gouverner une république en lui donnantdes mœurs & le goût des talens utiles. IIfr de grands progrès dans la tactique ; Scquand dans la fuite on Péleva au comman-dement , il introduisit un nouvel ordrede bataille & une discipline militaire plusexacte. Le luxe des villes fut réprimé, maisil introduisit dans le camp une certainemagnificence qui lembloit nécessaire dansçes temps orageux où tout citoyen étoitsoldat ; & persuadé qu’un militaire étoitsans courage sous les livrées de l’indigence,il tourna les penchans vers la pompe dePéquipagc de guerre. On vit naître l’cmu-lation (savoir les pi us beaux chevaux & lesplus belles armes. Les cottes furent bro-dées , Lc les panaches des casques furentteints de différentes couleurs. Philopccmen,qui avoit pris Epaminondas pour Ion mo-delé, fut le seul qui conserva la simplicitédes mœurs antiques , Sc cetoitpar ce dé-dain du luxe qu’on le distinguoit de i’ofiicicr“ subalterne Sc du soldat, Dès qu’il surnommé

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général, il visita les villes , leva des trou-pes , marcha contre les Spartiates, qisilvainquit à Mantinée. Cette victoire, qutcoûta quatre mille hommes aux vaincus ,ne fut point meurtrière pour les Achéens ,qui érigèrent une statue de bronze à leurgénéral.

Il étoit déshonorant pour les AchéenscPêtre les artisans de la grandeur de Philippe;être ses alliés, c’étoit se rendre les com-plices de ses fureurs. Ce prince aigri par sesrevers , devint le tyran le plus abhorré Scle plus digne de l’être ; cruel dans la vic-toire , il réduiíoit les villes en cendres avecleurs habitans. Les temples étoient profanés& détruits ; les statues des dieux Sc desbienfaicteurs de la patrie étoient renversées.Les villes qui lui ouvraient leurs portes n’é-toient pas plus épargnées que celles qu’ilprenoit (Passant. 11 parut indifférent de sa-voir pour ennemi on pour allié. Abydos ,ville située fur l’Héleíponr, aujourd’hui lesDardanelles , fut assiégée par terre & parmer. La résistance fut opiniâtre. Les habi-tans voyant leurs murailles sapées, deman-dent à capituler. L’inexorable Philippe neveut les recevoir qu’à discrétion. Les Aby-doniens refusent de souscrire à l’arrêt deleur mort, en se soumettant â un vainqueurqui ne íavoit pas pardonner. Il leur sembleplus doux de mourir les armes à la main.Ils conviennent ensemble qu’aussi-tôt quePhilippe serait maître de Pintérieur de lamuraille, cinquante des plus anciens cito-yens égorgeraient leurs femmes & leurs en-sans dans le temple de Diane; & qu’on con-sumerait par les flammes les effets publics ,& qu’on jetterait dans la mer tout l'or Scl’argent. Après s’être engagés par ferment àce barbare sacrifice, ils s’arment Sc montentfur la brèche , résolus de s’eníevelir sous sosruines ; Sc tandis qu’ils combattent aveccette intrépidité qipinspire le désespoir,deux citoyens parjures livrent la ville aux:aísiégeans. Les habírans s’abandonnant àla férocité, égorgent leurs femmes Sc leursenfans. Philippe veut en vain arrêter cecarnage. Tous se tuent aux yeux du vain-queur.

Le désastre de cette ville soulevé toutela Grece. Les Achéens honteux d'avoirPhilippe pour allié , se détachèrent de fer

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