Band 
Tome premier.
Seite
430
JPEG-Download
 

43° A C I

raison. C'est cependant le seul qu’on em-ploie à Saint Etienne Sc à Thiers.

L ‘acier de Nevers est très - inférieur àVarier de rive : il n'est bon pour aucuntranchant : on n’en peut faire que des focsde charrue.

Mais le bon acier est propre à routesfortes d’ouvrages encre les mains d’un ou-vrier qui fait remployer. On fait tout cequ’on veut avec Varier d’Angleterre. Ilcjlétonnant qu en France , ajoute l’artiste dequi je tiens les jugemens qui précédent furla qualité des aciers ( à st M. Foucou,cr-devant coutelier , ) on ne foi: pas encoreparvenu à faire de bon acier , quoique ceroyaume soit le 'plus riche erj jer & enhabiles ouvriers. J’ai bien de la peine àcroire que ce ne íoit pas plutôt défautd’intelligence dans ceux qui conduisent cesmanufactures, que défaut dans les matières& mines qu’ils ont à travailler. Il íort duroyaume près de trois millions par an pourVacier qui y entre. Cet objet est allez con-sidérable pour qu’on y fit plus d’attenrion,qu’on éprouvât nos fers avec plus de loin ,5c qu’on tâchât enfin d’en obtenir ou del ‘acier naturel, ou de l ‘acier artificiel, quinous dilpensât de nous en fournir auprès del’étranger. Mais pour réussir dans cet exa-men , des chymiltes, fur-tout en petit, descontemplatifs systématiques ne suffisentpas : il faut des ouvriers, 5c des gens pour-vus d'un grand nombre de connoillàncesexpérimentales fur les mines avant que deles mettre en fer , 5c lur l’emploi du ferau sortir des forges. Il faut des hommesde forges intelligens qui aient opéré, maisqui n'aient pas opéré comme des automa-tes , 5c qui aient eu pendant vingt à trenteans le marteau à la main. Mais on ne faitpas assez de cas de ces hom mes pour les em-ployer : cependant ils font rares 5c ce tontpeut-être les seuls dont on puille attendrequelque découverte tolide.

Outre les aciers dont nous avons faitmention , il y a encore les aciers de Pié-mont , de Clamecy, l ‘acier de Carme, quivient de Kernant en Allemagne ; on l’ap-pelle aussi acier à la double marque ; il estassez bon. L ‘acier à la rose, ainsi nomméd'une tache qu’on voie au cœur quand on|ç casse. Varier de grain de Motte, de

A C 1

Mondragon , qui viept d’Efpagne ; il esten masses ou pains plats de dix-huit poucesde diamètre, fur deux, trois, quatre, cinqd’epaisseur. Il ne faut pas oublier Varierde Damas, si vanté par les sabres qu’onen faiíòit : mais il est inutile de s’étendrelur ces aciers , dont l'ufage est moins or-dinaire ici.

On a trouve depuis quelques années unemaniéré particulière d’aimanter l ‘acier :voye ç là - deflus Varticle Aimant : voye^aussi Varticle Fer fur les propriétés médi-cinales de l ‘acier. Nous les renvoyons à cetarticle , parce que ces propriétés leur fontcommunes ; & l'on croie que pour l’ufagede la médecine le fer vaut mieux queVarier. Voxei Geoffroy , Mat. médic .P a S- 5 00 ’.

Nous finirons cet article acier par leproblème proposé aux physiciens & auxchymistes fur quelques effets qui naislènt dela propriété qu’a Varier de produire desétincelles, en frappant contre un caillou,5c réíolu par M. de Réaumur. On s’étoitapperçu au microscope que les étincellesqui íbrtent de ce choc font autant de pe-tits globes sphériques. Cette observationa donné lieu à M. Kemp de Kerrwik dedemander, i°. laquelle des deux substan-ces , ou du caillou ou de Vacier , est em-ployée à la production des petits globes ;z", de quelle maniéré cela fe fait ou doitfe faire ; 3 0 . pourquoi, si l’on emploie lefer au lieu d ‘acier , n'y a-t-ii presque plusd’étincelles feorifiées.

M. de Réaumur commence la solutionde ces questions par quelques maximes sisages , que nous ne pouvons mieux faireque de les rapporter ici. Ces questions ayantété inutilement propotées à la Société roya-le de Londres plus d’un an avant que deparvenir à M. de Réaumur , il dit qu’onatirôit íouvent tort d’en croire des quef- .rions plus difficiles parce que de très-habi-les gens à qui on les a proposées n'en ontpas donné la solution ; qu’il faudroit êtrebien sûr auparavant qu’ils l’ont cherchée ,5c que quelqu’un qui est parvenu à fe faireconnoître par son travail , n’auroic qu’àrenoncer à tout ouvrage suivi, s’il avoir lafacilité de fe livrer à tous les éclaircisscmensqui lui feroient demandés.