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Tome premier.
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principalement aux ouvrages de cc genre ,lorsqu’ils traitent de l’art poétique.

L’importance de cesouvragesdépend enpartie du caractère & du génied s person-nes qu’on fait agir, & en partie aussi deYaâion dans laquelle elles font impliquées.Nous rapporterons ici quelques remarquesfur la nature & les qualités de Yaâion , quipourront donner lieu à des recherches ulté-rieures de la part de l’artiste.

La fable fournit le sujet de Yaâion. ac-tion elle-même est; ce qui donne à la fableune existence réelle. La fable, qui fait lesujet de l'Iliade , peut être énoncée en deuxmots : “ Pendant le siégé de Troie , la» dissension selcve entre Agamemnon ct» Achille , avec tant d'aigreur , que ce» dernier est prêt à retourner clans fa pa--, trie , & qu’il quitte Tannée. Les astie-,, geans , affaiblis pat cette retraite , crai--, gnent d J être réduits à lever le íìege. On», tente inutilement de fléchir Achille,

lorsqu’un événement particulier le rame->, ne tout - à - coup à i’armée , & anime,, Ion courage invincible (Tune nouvelle» ardeur. Ce retour coûte la vie à Hector ;»> & la mort de ce héros , le plus ferme-, appui de Troie , facilite la prise de certe,, ville. » Voilà la fable de TIliade. L 'ac-tion c’est tout ce qui se pâlie , tout ce quidonne de la réalité à cette fable ; la disputeentre Achille & Agamemnon ; la retraited’Achille , ct C. Nous avons trois tragédiesGrecques fur une même fable; c'est “Oreste-, qui, après une longue absence , revient-, dans la maison paternelle , & venge la-, mort de son pere, par le meurtre d'Egiste-, ct de Clytemnestre , » mais Yaclion estdifférente dans toutes ces trois pìeces.

Les critiques ne distinguent pas toujoursaflez exactement les deux idées de la fable& de Yaâion. On exige souvent de celle-cice qui n’appartientqu’à l’aurre. La fable estproprement l’événemenr même dont Parti s-te se représente dans Tordre successif, lecommencement, le progrès ct la fin. \Jac-tion est ce qui rend la fable possible, ce quilui donne son commencement, son progrès& fa fin. Nous bornerons ici nos remarquesà ce qui concerne Yaâion.

C’est proprement Yaâion , & non lafable, qui donne à un ouvrage de la gran-

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deur & du prix. Ce qui rend Tllfade unpoème grand & intéressant ; ce n’est pas leíu jet enlui-même, ce n’est pas la brouilleried’Agamemnon & d’Achille, &c. mais c’estque les choies soient arrivées comme lepoète les décrit ; c’est que Yaâion lòit tellequ’elle est. Aucune des trois tragédies dontnous avons parlé, n’est remarquable ducôté du íujet ; le même faitauroit pu être re-présenté de maniéré à n'intéresser personne.Mais Yaâion , ce qui réalise le fait, la façonde le réaliser, c’est ce qui donne de l’intérêtà ces tragédies.

La premiere qualité de Yaâion , & laplus indispensable , c’est d’êrre vraisembla-ble & naturelle ; que chaque événement aitsa cause dans ce qui a précédé ; que les faitssoient liés entr’eux d’une maniéré intelligi-ble , ct qui n’exige aucune supposition for-cée. Si la piece est en défaut à cet égard ,['attention se perd , & l’intérêc celle. Onj ge , ou que l’artiste veut nous en imposer,ou que c’est un visionnaire dont Pímagina-tion est déréglée. Il faut donc que danstoute la durée de Yaâion , il ne se passerien qui ne loi t sondé sur le caractère despersonnages, & fur la situation du moment.Cela suppose lans doute dans l’artiste , uneprofonde connoillance de 1 homme. L’ima-gination la plus vive , & l’entousiafme leplus fort, n’y fauroient suppléer. La véritéde Yaâion est une affaire de ['entendement& des lumières de l’eíprit.L’histoire fournitpour ['ordinaire le Iujet, ou la fable , àl’artiste,ou bien celui-ci Ta imaginéect dis-posée dans fa tête avant de songer à Yac-non. Mais s’il n’a ni le génie ni le jugementrequis pour trai er ion sujet de maniéré quesa fable , telle qu’il Ta conçue , se déve-loppe naturellement, & se déduise intelli-giblement des causes actuelles ; il aura faitune horloge qui paroitra avoir toutes sespieces, & qui néanmoins manquera demouvement.

Dans toute aâion, & dans chaque partiede Yaâion , il y a des forces ; c’est-à-dire ,des cardes qui agissent, & des effets quidoivent leur être exactement proportionnés.On ne doit pas rasiembler d’énormes forcespour opérer de petits effets, mais il ne fautpas non plus faire résulter de grands effetsd’une petite force.!! est vrai que dans TUiadc