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Tome premier.
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de la providence , quand ces plaisirs fontassujettis à une réglé : mais la ruine dela fécondité & l’opprobre de la sociétéfont les suites infaillibles des liaisons irré-gulieres.

D’abord elles font la ruine de la fécon-dité : les femmes qui ne connoissent pointde devoirs, aiment peu la qualité de mere,& s’y trouvent trop exposées; ou si ellesle deviennent, elles ne redoutent rien tantque le fruit de leur commerce. On ne voltqu’avec dépit ces malheureux enfansarriverà la lumière : il semble qu’ils n’y aient pointde droit, & l’on prévient leur naissancepar des remedes meurtriers ; ou on les tueaprès qu’ils ont vu le jour, ou l’on s’endélivre en les exposant. 11 fe forme de cetamas d’enfans dispersés à l’aventure , unevile populace fans éducation , lans biens,fans profession. L’extrême liberté dans la-quelle ils ont toujours vécu , les laisse né-cessairement lans principe , fans réglé &fans retenue. Souvent le dépit & la rage lessaisissent, & pour fe vanger de l’abandonoù ils fe voient, ils fe portent aux excèsles plus funestes.

Le moindre des maux quepuistent causerces amours illégitimes, c’est de couvrir laterre de citoyens infortunés, qui périssentlans pouvoir s’allier, & qui n’ont causé quedu mal à cette société, où on ne les avus qu’avec mépris.

Rien n’estdonc plus contraire à l'accrois-sement & au repos de la société, que ladoctrine & le célibat infâme de ces fauxPhilosophes, qu’on écoute dans le monde,& qui ne nous parlent que du bien de laíociete , pendant qu’ils en ruinent en esterles véritables íondemens. D’une autre part,rien de si salutaire a un état, que la doc-trine & le zele de l’Eglife, puifqu’ellc n’ho-nore le célibat que dans l’intention de voirceux qui i embrasent en devenir plus par-faits, & plus utiles aux autres; qu’eiles applique à inculquer aux grands commeaux petits, la dignité du mariage, pour lessixer tous dans une sainte & honorableíociete : puisqu enfin c’est elle qui travailleavec inquiétude a recouvrer, à nourrir , &a instruite ces enfans, qu’une philosophietoute bestiale avoir abandonnés. ( X )

Les anciens Romains n’avoient point deTome i»

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loi formelle contre Yadultéré ; l’accufation& la peine en croient arbitraires. L’Empe-reur Auguste fut le premier qui en fit une ,qu’il eut le malheur de voir exécuter dansla personne de fes propres enfans : ce sucla loi Julia y qui portoit peine de morecontre les coupables : mais quoiqu’envertu de cette loi, l’accusation du crimeá!adultéré fur publique & permise à tout lemonde , il est certain néanmoins que Ya-dultere a toujours été considéré plutôt com-me un crime domestique & privé, quecomme un crime public; en forte qu’onpermettoit rarement aux étrangers d’empoursuivre la vengeance , fur - tout si lemariage éroit paisible, & que le mari ne1e plaignit point

Aussi quelques-uns des empereurs qu!suivirent, abrogerent-ils cette loi qui pet-mectoit aux étrangers l'accusation à'adul-téré ; parce que cette accusation ne pou-voir être intentée fans mettre la divisionentre le mari & la femme , fans mettrel’état des enfans dans l’incertitude, &Cfans attirer fur le mari le mépris & larisée ; car comme le mari est le principalintéressé à examiner les actions de fafemme, il est à supposer qu’il les examineavec plus de circonspection que personne ;de forte que quand il ne dit mot, per-sonne n’est en droit de parler. Voye £Accusation.

Voilà pourquoi la loi en certains cas aétabli le mari juge & exécuteur en fa pro-pre cause , & lui a permis de -íe vengerpar lui-même de l’injure qui lui étoit faite ,en surprenant dans faction même les deuxcoupables qui lui ravissoient i’honneur. IIest vrai que quand le mari faifoit un com-merce infâme de la débauche de fa femme,ou que témoin de son désordre, il l e dis-simuloir & le souffrait ; alors Y adultéré de-venoit un crime public , & la loi Juliadécernoit des peines contre le mari mêmeauffi-bien que contre la femme.

A présent, dans la plupart des contréesde l’Europe , Y adultéré n’est point réputécrime public ; il n’y a que le mari seul qujpuisse accuser fa femme : le ministère pu,blic même ne le pourrait pas, à moinsqa’il n’y eût un grand scandale.

De plus, quoique le mari qui viole la

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