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Tome premier.
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madame deRambouillet qui lui a envoyé de sgants: “ quoique la grêle & la gelée aient» vandangé nos vignes au mois de mai ;» quoique les bleds n’aient pas tenu ce» qu'ils promettoient ; & que la belle es» pérance des moillons se trouve faulle» dans la récolte ; quoique les avenues de» Pépargne (e loient rendues extrêmementw difficiles, &c. tous ces malheurs ne me» touchent point ; Sc vous êtes cause que« je ne me plains , ni de l’inclémence du-> ciel ni de la stérilité de la terre , m» de Pavarice de fêtât. Par votre moyen .-- madame , jamais année ne me fut meil-» leure ni plus heureuse que celle - ci.C’est dire avec bien de Pemphase qu'on estflatté d'avoir reçu des gants;& il faut avouerque le style de Charleval, d’Hamilton', deM. de Voltaire, dans le genre léger, est demeilleur goût que tour cela»

Le faux bel esprit n’étoit naturel ni àBalzac ni a Voiture. Balzac en prenoit leton par complaisance , Voiture par conta-gion , par vanité, par habitude. L’hôtel deRambouillet l’avoit gâté. On dit qu’unelettre leur coûtoit souvent quinze jours detravail, ils auroient mieux fiait en unquartcPheure s J ils avoient bien voulu s’aban-donner à leur génie..

Balzac, stoïcien par humeur Sc par principes, avoir de l’élévation dans l’esprit &dans Pâme. On trouve dans ses lettres desmots dignes de Montagne.

Vous m’avouere^ , dit-il, à madame desLoges , que l’ahjence qui sépare ceux quiVivent de ceux qui ne vivent plus , est tropcourte pour mériter une longue plainte ..

Cela peut-être mis à coté de ce grandmot cité par lui-même : il n y a que lapremière mort , non plus que la premieienuit ; qui ait mérité de Vétonnement & de latristesse.

II ne manquoit h Voiture qu’une sociétémoins gâtée du côté du goût, pour fairede lui un excellent écrivain. Voyez fa lettrefur la prise de Corbie, où d’urt style véhé-ment & simple , en donnant au cardinal deRichelieu de grandes louanges, il lui donneencore de plus grandes leçons. QiPelle dis-tance de cette lettre à ce qu’on admiroit delui dans le cercle de Rambouillet !

C'sst le mauvais goût de ce temps-là que

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' Motíere a tourné en ridicule dans îes "Pré-cieuses 8c dans les Femmes Savantes , Sidont il a dit dans le Misanthrope : '

Ce n est que jeux de mots, qu’affecla-tion pure ;

Et ce n’es point ainsi que parle la-nature,

L’affectation est un Prothée dont les mé-tamorphoses se varient à Pinfini. Celle de-Pavocat le Maître Sc des orateurs de fonttemps, coniîstoit à aller chercher , le plus;loin qu’il étoit possible de leur sujet, desfigures & des exemples. Le Maître , dansson plaidoyer , pour une fille désavouée q,dit que son pere a été pour elle un ciel d’ai-rain , & sa mere une terre de fer. Prendra -t on , dit-il encore, en parlant de la jalou-se du pere, pour un ajìre du ciel cette fu-neste comete de l’air , fi féconde en maux -.& en désordres? 11 dit, en parlant des lar-mes que la mere laissia échapper en désa-vouant sa fille , cette partie fi tendre ( lecœur ) étant blessée , pousse des larmes ;comme le sang de sa plaie. Il dit de la jeunefille, que le soleil de la providence s’efl levé-fur elle ; que ses rayons , qui font commeles mains de Dieu , Vont conduite ; il dità propos des moyens qu’avoit employé uniclerc pour séduire une servante, qui ne fait:que Vamour est le pere des inventions ;qu 3 ìl anime dans VIliade toutes les aclionsmerveilleuses des héros ; que Sapho l’ap-pelloit le grand archi te 3e des paroles , & lepremier maître de rhétorique ; qu 3 Agathon.le surnommait le plus savant des dieux , &foutenoit qu’il ríétoit pas seulement poète ,mais qu’il rendoit les amoureux capablesde faire des vers , que Platon a remarquequ Apollon n’a montré aux hommes d tirerde l’arc qu 3 k cause qu’il étoit blessé de la,jleche de l’amour , ni enseigné la médecinequ 3 étant, agité de cette violente maladie , ni.inventé la divination que dans l’excés dumême transport ? ( Voye[ Barreau. )

L ’asfèâation de Marivaux ne ressembleni à celle de Pline, ni à celle de Voiture,ni à celle de Balzac , ni à celle de le Maître»Elle conliste, du côté de la pensée , dans,des efforts continuels de discernement pour"saiíìr des traits fugitifs, ou des singularités