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Tome premier.
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©u une affirmation , n’est donc dans moname qu’une connoiflance intuitive , ou unsentiment clair de l’existence d’une idéedans une autre idée , ou de l'objet d’uneidée dans l’objet d’une autre idée. La né-gation ou le jugement négatif pris dans lemême sens , ne fera donc que la connois-sance intuitive , ou le sentiment clair del'absenceou non-existence d’une idée dansune autre idée , ou de l’objet d’une idéedans l’objet d’une autre idée. Je vois , jecomtois, je sens que la droiture n’est pasdans la trahison , que l’idée d’équité n’est

s as renfermée dans l’idée de larcin , queobjet de l’idée d'étendue n’est pas renfermédans l'objet de l’idée de pensée.

L ’affirmât ion , fous ce point de vue ,n’est connue que de moi seul, je veux lafaire connoître aux autres, je dois l’expri-mer par des mots qui indiquent aux autresce que je vois, ce que je comtois , ce queje sens ; les mots par lesquels je l’exprime,forment ce qu’on nomme une propositionqui est affirmative , si je vois une idée ren-fermée dans une autre idée ; négative aucontraire, si je vois une idée absente d’uneautre idée , & non renfermée en elle. Lejugement affirmatif exprimé, ou cette affir-mation manifestée au dehors par la parole ,n’emporte d’autre action de l’ame que cellequi met en mouvement les organes de laparole , pour prononcer ce que je viens denommer une proposition.

A certain égard cependant, l 'affirmation,auíïî-bien que la négation , c’est-à-dire ,tout jugement peut dépendre de la volonté,Sc exiger , pour avoir lieu , un acte libreSc volontaire de l’ame : mais c’est unique-ment dans des cas où ni l’une , ni l’autreidée ne s’est offerte affez clairement k l'es-prit , pour qu’il ait vu d’abord ce qui en-ëtoit ; dans ce cas , il peut dépendre de mavolonté d’examiner mieux chacune de cesidées , jusqu’à ce que je voie , que je con-noifle , que je fente réellement que telleidée en renferme une autre : mais dèsqu’une fois j’ai vu , connu & senti, j’ai aussijugé & affirmé ; Y affirmation , le jugement& la vue ne font ainsi dans mon ame qu’unefeule & unique chose , à laquelle , mal-à-propos, on a donné différens noms. L ‘af-firmation exprimée dépend alors de la vo-Tome /.

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lonte ; je puis dire , ou ne pas dire , ce queje vois être , selon que je le veux ; mais mavolonté ne change rien à ce que je voisréellement. J’ai fait un crime digne de châ-timent , en vain je dis, j’affirme qu’il estinjuste de me punir , mon ame confirme lecontraire , c’est-à dire, voir l’idée de jus-tice renfermée dans l’idée de ma punition,Sc il ne dépend pas de moi de ne le pointvoir.

On ne doit pas définir Y affirmation uitacte de l’ame qui juge , mais l’état del’ame qui voit que telle chose est. Dansce sens , il vaudroit mieux employer lemot d t jugement , & se souvenir que jugerce n’est pas agir , mais sentir & voir , &que la volonté n’y a d’autre part que denous faire examiner avec attention les cho-ses fur lesquelles il nous importe de voirla vérité.

Dans le raisonnement, Yaffirmation est ,tout comme dans le jugement, la vue réelleou crue telle, la connoiflance, le sentimentintime qu’une idée est renfermée dans uneautre, avec cette différence , que dans cedernier en voyant l’une on voit l’autre lacontenir, ou y être contenue ; au lieu quedans le raisonnement, je vois la troisièmedans la seconde, Sc la seconde dans la pre-mière. La seconde sert à l’ame de moyende voir la troisième idée dans la premiere ;je vois l’idée de la figure sphérique renfer-mée dans l’idée d’une surface dont tous lespoints font également éloignés du centre ,& je vois l’idée de tous les points de lasurface également éloignés du centre dansune maíe de cire : je vois donc l’idée dela figure sphérique renfermée dans la maílède cire en question ; si-tôt que ce rapportest mis devant mes yeux, qu’on l’a faitconnoître à mon ame , je n’ai pu m’empê-cher de voir que cette masse de cire étoitsphérique. Je dirai donc ici du raisonnementce que j’ai dit plus haut fur le jugement ;Y affirmation en elle-même est un état , unévue , une connoiffance, un sentiment invo-lontaire de l’ame qui voit le vrai. Exprimerun raisonnement ne sera qu’indiquerle rap-port que l’ame voit, & la maniéré par lesecours de laquelle l’ame voit le rapportentre trois idées dont la troisième est con-tenue dans la seconde , Sc celle-ci conte-

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