Co 2 AGA
cile de Carthage. Thomass. Discipl. de
V église, part. III. chap. xlvìj. n°. i.
Quelques critiques pensent, & avec rai-son que c'est de ces agapes que parle S.Paul dans l’endroit que nous avons déjacité. Cequhls ajoutent iPest pas moins vrai ;savoir, que la perception de l’eucharistiene se saisoit pas dans les agapes mêmes,mais immédiatement après, &c oison lessaisoit en mémoire de la derniere cene queJesus-Christ célébra avec ses apôtres , Ledans laquelle il institua l’eucharistie : maisdepuis qu'on eift réglé qu’on recevroit cesacrement à jeun , les agapes précédèrent lacommunion.
D'autres écrivains prétendent que cesagapes n’étoient point une commémora-tion de la derniere cene de Jesus-Christ ,mais une coutume que les nouveaux Chré-tiens avoient empruntée du paganisme. Mosveto ille , ittreferunt , dit Sédulius fur lechap. xj. de la premiere Epit. aux Corinth.de gentilì adhuç superstitione venicbat. EtS. Augustin rapporte que Fauste le Mani-chéen reprochoit aux fideles quhls avoientconverti les sacrifices des Païens en agapes :Chrijtianos sacrijtcia paganorum convertisse inagapas.
Mais outre que le témoignage de Fauste,ennemi des Catholiques, n'est pas d’ungrand poids , son objection & celle de Sé-dulius ne font d'aucune force , dès qu'onfait attention que les Juifs étoient dansPu sage de manger des victimes quhls immo-loient au vrai Dieu , & qu'en ces occasionsils rassembloient leurs parens &C leurs amis.Le Christianisme qui avoir pris naissanceparmi eux , en prit cette coutume , indif-férente en elle-même, mais bonne & loua-ble parle motif qui ladirigeoit. Les premiersfideles , d'abord en petit nombre , se confidéroient comme une famille de freres ,vivoient en commun ; Pcfprit de charitéinstitua ces repas , où régnoit la tempé-rance : multipliés par la fuite, ils voulurentconserver cet usage des premiers temps; lesabus s’y glissèrent, & l’église fut obligéede les interdire.
On trouve dans les épîtres de S. Gré-goire le grand , que ce pape permit auxÁnglois nouvellement convertis de fairedes festins íous des tentes ou des feuillages,
AGA
au jour de la dédicace de leurs églises oudes fêtes des Matyrs, auprès des églises ,mais non pas dans leur enceinte. On ren-contre aussi quelques traces des agapes dansl’ufage où font plusieurs églises cathédrales& collégiales, de faire le jeudi-saint,après le lavement des pies &c celui des au-tels , une collation dans le chapitre, levestiaire, & même dans l'église. Tertull,orig. C le m. Alex. Minut, Félix. S; Aug.S. Chrysosi. S. Grég. Ep.ji. L. IX. Baro-nius » ad ann. 57. 377.384. Fleury , Hijì.eccléjiafl. tome I, page 54. L:w I.
AGA PETES, f. i. terme de Phìfioireeccléjìajìique , c'étoient dans la primitiveéglise des vierges qui vivoient en commu-nauté , & qui fervoient les ecclésiastiquespar pur motif de pieté & de charité.
Ce mot signifie bien aimées , & commele précédent il est dérivé du Grec
Dans la premiere ferveur de l’église nais-sante , ces pieuses sociétés , loin d’avoirrien de criminel, étoient néceslaires à biendes égards. Car le petit nombre de viergesqui faifoienr avec la mere du sauveur partiede l’église , & dont la plupart étoient pa-rentes de Jesus-Christ oj de fes apôtres, ontvécu en commun avec eux comme avec.tous les autres fideles. Il en fut de mêmede celles que quelques apôtres prirent aveceux en allant prêcher Pévangile aux nations;outre qu'elles étoient probablement leursproches parentes , & d’ailleurs d’un âgeSc d’une vertu hors de tout soupçon , ilsne les retinrent auprès de leurs personnesque pour le seul intérêt del’évangile , asmde pouvoir par leur moyen , comme ditsaint Clement d'Alexandrie , introduire In-for dans certaines mai Ions, dont l’accèsn’étoit permis qu’aux femmes ; car on faitque chez les Grecs fur-tout, le gynécéeou appartement des femmes étoit séparé ,6 c qu’elles avoient rarement communica-tion avec les hommes du dehors. On peutdire la même chose des vierges dont lepere étoit promu aux ordres sacrés, commedes quarte filles de saint Philippe , diacre ,6 c de plusieurs autres : mais hors de cescas privilégiés & de nécessité , il ne parolepas que l’église ait jamais souffert que desvierges , fous quelque piétexte que ce fut ,,vécussent avec des ecclésiastiques autre que