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Tome premier.
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614. AGE

qu'ayant acquis le volume suffisant & sesmembres la force requise, il abandonnesa premiers demeure pour commencer unnouvel ordre de vie.

Ce premier âge , dont je viens de fairele tableau succinct, présente des gradationsbien tranchantes lorfqu'on compare les ter-mes les plus éloignés. On trouve que lefœtus parvenuauneuvieme mois > ressemblemoins à l’embryon qui vient d'être conçu,que le vieillard décrépit ne reífemble à l'enfan t qui vient de naître : ce court intervallede neuf mois a donc distètens périodes quiont auílì leur temps préfix. Un examenun peu réfléchi fur les accroissemens dufœtus, Sc la connoiflânce des observationsanatomiques faites par les auteurs qui onttraité de l’Ostéogénie, annoncent qu'il y adans la vie du fœtus des révolutions femblables à celles de l ‘âge de puberté & dela vieillesse ; on s’apperçoit encore qu'aprèsdes essores rapides pour développer ou for-mer des organes, il s'écoule un temps quel-quefois assez long,pendantlequel le principede vie semble s'assoupir ou reprendre desforces pour opérer de nouveaux change-xnens. Ces differens périodes font trop peuobservés pour leur assigner des termes inva-riables ; mais il paroît que le troisième Sile sixième mois font à-peu-près le tempsmarqué pour les changemens les plus con-sidérables. L'expérience annonce que lefœtus de trois mois, quoique vivant Scbien organisé, ne donne encore aucunepreuve de sentiment : cette singularité afait penser à quelques auteurs, qu'il de-voir alors être regardé comme un êtrepurement végétal Sc fans ame , & qu'ilnedevenoiten tout semblable à l’hommeque dans l'instant où il exécutoit quelquemouvement & donnoit des marques desensibilité ; ils ont même avancé , d'aprèscette distinction , qu'il n'y avoir point decrime à faire avorter un fœtus inanimé.Cette conclusion détestable porte fur unfaux principe ; car enfin suffit-il que lecorps soit fans sentiment ou fans mouve-ment , du moins sensible , pour conclurequ'il n'y a point d'ame? Voyons - nousavec évidencequ'ils soient liés à ce principepensant comme une cause à son esset? NereconuoLt-on pas d’autres cause de senti-,

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ment Si de mouvement ; Sans citer ['exem-ple des animaux qui sentent Sc se meuventindépendamment de ce principe, ne íait-on pas que même après la mort il est desparties qui íè meuvent ou qui parfissentsentir, & font susceptiblesd'irritation danstous les hommes ? Ne sait-on pas encoreque durant la vie il est des momens où tousles sens font assoupis, & tous les organesdans l’inaction ? Tant de contradictions ap-parentes suffisent sans doute pour indiquerque nous sommes bien éloignés de saisir levéritable point de vue fous lequel ces diffi-cultés doivent être considérées.

L'irritabilité des parties du corps est unmode ou une aptitude de la matière orga-nisée , qui n'a son effet, que lorsqu'elleréunit les conditions requises pour être mileen acte: ces conditions font la souplesse ,l'élasticité; &c. & je ne vois d’autre termeà cette irritabilité d’une partie animale aprèsfa mort, que la congélation de la graillé,par l'ablence de la chaleur, ou le racor-nissement des fibres par la sécheresse.

L'irritabilité, qui produit la plupart desmouvemens, & qui essentiellement re-quise pour la sensation ? pourroit bien nese trouver dans l'animal, que louscertainesconditions, & après que les organes au-roient acquis quelque consistance, commeau bout de trois mois ; mais on sent bienque cette mobilité ou sensibilité des fibresest distincte de la vie, Sc fur-tout du prin-cipe intelligent qui anime l'homme.

L'enfant qui vient de naître, commencece qu’on peutappeller la vie sociale ; il vitfous la protection des loix, qui le défen-dent des insultes, ou des surprisesauxquellesfa foiblesse Sc son peu de connoissance ne['expose que trop. Elles ont prévu que,par défaut d’expérience , il pouvoir fairedes démarches dont il auroit à se repentirdans un âge plus mûr : dans cette vue, ellesannullent tout contrat, ou transaction passéeavant Vâge nécessaire; & cet âge est celuiqui suffit à développer dans chaque individula raison ou la science de se bien conduire.

Lesdistérens devoirs à remplir dans 1asociété , exigeoient encore dissérens degrésde perfection, ou dans le physique , oudans le moral de chaque particulier; la gra-dation des connoilïances Sc de [accroisse-