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ment du corps, étant à-peu-près la memedans tous les individus , on a distingué ladurée de la vie en diftérens périodes ap-pellés âges ; & ces époques fixées ont eteautorisées par les loix , & regardées commeune preuve de Inaptitude du sujet à exercerou à remplir telle ou telle fonction.
11 résulte fans doute une foule d’incon-véniens de la fixation uniforme de ces ter-mes : chaque climat produit fur les sujetsqui l’habitent, des variétés qui lui fontpropres ; on fait la disproportion qu’il y aentre les habitans des pays méridionaux ,Sc ceux qui vivent fous la zone glaciale,pourYâge de puberté ; la menstruation , la vieil-lesse , Lee. L’éducation , le genre de vie,le caractère font encore varier à ce sujetceux-mêmes qui éprouvent à la fois l’in-fluence des mêmes causes physiques; maisil feroit peut-être plus dangereux de laitierces termes arbitraires.
Le terme général de la vie humaine n’ex-cede pas la quatre-vingtième année ;il feroitmême beaucoup au dessous, s’il falloirprendre le terme moyen entre ceux quivivent plus long-temps, & ceux qui meu-rent avant. Il est pourtant des cas où la loia eu égard à la possibilité d’une vie pro-longée au delà ; Sc comme on voit deshommes parvenir jufqu’a la centieme an-née , très-rarement au delà , on a regardéle siecle entier comme le terme le plus longde la vie humaine. Ainsi, lorfqu'un hommeabsent, dont on ignore le fort, ne paroîtpas, ou ne donne aucune marque coexis-tence après la centieme année de son âge ,la loi le déclare mort, & accorde la propriétéde ses biens à ceux qui héritent légitime-ment de lui. Toutes les nations n’ont pasété d’un accord unanime fur le terme d'unsiecle ,plusieurs l’ont diminué, quelquesuns font augmenté à cause de quelques casextraordinaires, qui prou voient que la viehumaine pouvoir fe prolonger au delà.
Cette fuite d années, qui s'écoule depuisla naissance , jufqu'à la mort naturelle quidépend de l’astbiblislèment, ou du défautd action dans les organes, présente troisdivisions bien marquées ; l'accroiíscment,la maturité & le décroissiement. On a mêmesubdivise chacun de ces périodes en deuxou trois autres.
AGE 615
La force Sc le développement du fœtus,& de fes membres, est le seul moyen quel'on ait pour juger de son âge-, dans l'hom-me , au contraire , qui jouit de la lumière,on considéré également les progrès de l’ef-prit, ou le développement de fes facultésmorales.
Tout le monde connoît les divisions dea vie humaine en enfance ,âgc de puberté,adolescence , âge viril , vieillesse & décré-pitude. On fait encore que virilité Sc lavieillesse , dont l’étendue est plus considé-rable que celle des premieres divisions, ontleurs subdivisions particulières , moinscaractérisées à la vérité que celles de l’ac-croissement.
La chute des premieres dents distingueassez bien l’enfance , du second âge : ellearrive pour l'ordinaire vers la feptieme an-née. Avant ce terme, l’homme fans expé-rience , foible encore , Sc privé de l’avan-tage de communiquer fes idées , ou depénétrer dans celles des autres par la parole,ne jouit point des privilèges particuliers àl’efpece humaine ; mais, à mesure que fesorganes fe fortifient, qu'il éprouve l'iop-pression des corps extérieurs, & qu'il s’ac-coutume à en saisir les rapports , son en-tendement ou fes facultés fe développent.Vers la treizième ou quatorzième année ,un nouveau phénomène s'opéré en lui : cequiauparavantétoit employé au seul accrois-sement de son individu , fe partage , pourainsi dire,en deux parties, dont l’une est tou-jours destinée aux réparations &à l'accroif-fement de son corps j l'autre, au contraire,sert à la propagation de son efpece. Il semblequ'après l’enfance, la nature médite ce nou-veau changement dans un profond silence ,& quelle accumule fes forces pour le pro-duire. Les os fe durcissent, la chaleur in-terne augmente, les épiphyfes fe collentau corps des os , la voix devient plus forteSc plus rauque ; la menstruation commence,& les mamelles fe gonflent dans les filles :dans les hommes, la barbe croît ; plusieursparties du corps, auparavant privées deaoil , commencent à s’en garnir , Sc['aptitude à la génération s'annonce prin-cipalement par une pente naturelle, quirapproche les individus d'un sexe dif-férent.