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Tome premier.
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Ces signes de Yàge de puberté, dontl’apparition est aster rapide , fe renforcentà mesure que l’adolescence succédé. Lavigueur fe développe jusqu'à la vingt &unieme année , où commence le premierterme de la virilité. On voir alors les membresqui, auparavant, n’avoient pas acquistoute la consistance requise , devenir plusforts, plus souples, les muscles plus vigou-reux & mieux exprimés, la forme exté-rieure mieux déterminée, les connoissancesplus étendues, l’imagination plus soutenue,plus vive , plus brillante , le courage plusmâle & plus éclairé : en un mot tout an-nonce l’état le plus floristant de la vie. Cetteperfection du corps ct: de l'efprit augmentepar gradations peu sensibles, jusqu'à la tren-tième année ; elle se soutient jusqu’à la qua-rante-neuvieme ou cinquantième ; & peu-à-peu la soupleste ou la flexibilité des organesdiminue; l’imagination devient moinsvive,un jugement plus rectifié lui succédé. Cedécroistement,léger encore jusqu’à soixanteou soixante-cinq ans,annonce la vieillesse;les organes s’usent ensuite , deviennentmoins sensibles, moins irritables , leursopérations plus lentes & moins complettesjusqu’à soixante-dix ou soixante-quinzeans , temps auquel la machine , commeaffaissée fous le poids, semble ne vivre qu’àdemi ; l’imagination s’éteint en entier , lejugement devient confus, la mémoire infi-delle ; toute faction semble se borner alorsà soutenir les fonctions ou facultés physiquesqui deviennent pénibles ; les vaislèaux s’os-sifient, les articulations perdent leur mobi-lité , les sens s’émoussent ; enfin le dépéris-sement successif des organes s’étend íur lesagens principaux , & l’homme succombe.Ce dernier temps de fa vie imite , par larapidité du décroistement, le premier pé-riode de la jeunesse, où l’accroissement estsi prompt.

Cette gradation successive des âges oudes temps de la vie , dont je viens deparler, n’est pas estentiellement bornée auxtermes prescrits ; les circonstances différen-tes, les hommes dissérens les font varier.Outre la variété que les climats ou le genrede vie peuvent causer , on voie encore lesdissérens sujets de tous les sexes , qui font/soumis à la fois à l’influence des mêmes

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causes physiques, présenter quelquefois desdifférences étonnantes, il est inutile de com-piler à ce iujet des observations communes,& dont les exemples fe multiplient tous lesjours. On auroit donc tort de juger cons-tamment du degré de perfection du corpsct de l’efprit d’un homme, par le nombreprécis de ses années : il est plus fur de n’enjuger que pat l’examen du corps.

La perfection du corps s’annonce à l’ex-terieur par des signesíenlibles qui ne peuventtromper; celle de l’efprit, moins faite pourtomber fous les sens , est ordinairementrelative k celle du corps ; ct l’on ne peutassigner de réglé plus exacte, pour juger dela perfection de l’entendement & de sesfacultés, que la perfection même physique.On sent bien que ce que je dis ici, ne con-cerne que le même individu pris séparé-ment , & que ce rapport ne s’étend pointiurdes individus dissérens. En effet, on n’estpas en droit de dire qu’un homme , dontíe corps est parvenu à son dernier degré deperfection , doit aussi surpasser par les fa-cultés intellectuelles , un autre homme quin’auroit pas atteint cette perfection physi-que. Il fuit seulement de ce que je dis, quechaque individu, parvenu au terme de l’ac-croií^ement de son corps, est aussi parvenuau terme de l’accroissement de son esprit.Il ne fait que rectifier ses connoissances dansla fuite ; il saisit beaucoup plus de rapportspar une expérience multipliée , à-peu-prèscomme les organes acquièrent ia force , lasouplesse, Inactivité , la facilité : mais l’i-magination , la mémoire, le jugement fontdéja venus à cet âge , ou ne doivent jamaisvenir. Je fais qu’on a vu des enfans , dontl’efprit paroistòit infiniment au dessus dudéveloppement des facultés physiques ; maiscette exception si rare ne contredit point unprincipe général puisé dans la nature : onvoyoit aussi dans ces enfans l’accroissementdu corps fe faire moins rapidement, qusilne se fait d’ordinaire. Le développementprécoce de leur esprit n’étoit pas toujourssoutenu , & le terme en arrivoit plutôt ; ilsvieillistoient avant l ‘âge , ils devenoientinfirmes, ou étoient exténués; il sembloitque ces connoistànces prématurées fustentacquises aux dépens de la perfection corpo-relle. Ona aussi des exemples du contraire :

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