624 . AGE
les Portugais) les Flamands, les Iïollandoìsles Anglois firent tour-à-tour le commercede la France , qui en ignoroit les principes.Louis XIII, à ion avènement à la couronne , n'avoit pas un vaisseau ; Paris necontenoit pas quatre cents mille hommes,& n’étoit pas décoré de quatre beauxédifices ; les autres villes du royaume ref-sembloient à ces bourgs qu'on voir au de làde la Loire. Toute la noblesse cantonnéeà la campagne dans des donjons entourésde fossés ) opprimoit ceux qui cultivent laterre. Les grands chemins étoìent pres-que impraticables ; les villes étoient fanspolice, 1 état fans argent , & le gouver-nement presque toujours fans crédit parmiles nations étrangères.
Louis IX fit beaucoup pour la puissanceroyale, mais rien pour la félicité Sc lagloire de la nation, François premier fitnaître le commerce, la navigation, leslettres & tous les arts ; mais il fut tropmalheureux pour leur faire prendre racineen France, & tous périrent avec lui.Henri le Grand alloit retirer la Francedes calamités Sc de la barbarie où trenteans de discorde savoient replongée, quandïl fut assassiné dans fa capitale , au milieudu peuple dont il commençoit à faire lebonheur. Le cardinal de Richelieu , oc-cupé d’abaisser la Maison d’Autriche , leCalvinisme Sc les Grands, ne jouit pointd'une puissance assez paisible pour réformerla nation ; mais au moins il commença cetheureux ouvrage.
La postérité la plus reculée se rappellera lenom de ce Corneil qui a fait surnommerson siecle, le siecle du génie , qui exalta lesesprits, éleva les âmes Sc imprima fur fesconcitoyens le sceau de sà sublimité. Cequ'Eschyle fut pour Sophocle , Corneillele fut pour Racine , & le créateur de notrethéâtre assez semblable pour fes beautés& pour fes "défauts à sauteur des F.umé-nìdes , a comme lui préparé le triomphede la Tragédie. La Comédie lui doit aussile sien. Son frere averti par le succèsdu Menteur , de la route qu’il falloit suivre,composa les- Engagemens du hasard.
Ce Molière qui fut allier le naturel avecle singulier, le naïf avec le piquant, la.délicatesse de Térence ayee l’enjouement
ÂGÉ
de PÎaute , fit paroître fes Comédies quiont été traduites Sc jouées fur presque tousles théâtres des nations policées. La Franceeut des poètes dans tous les genres. Tantqu’on aura parmi nous l'idée de la poésieSc le goût des véritables beautés, Rousseaulera regardé à juste titre comme lemodeledes Lyriques. Dans l’Ode , cette épreuvedes grands talents, il a laisse derriere luitous ceux qui font précédé ou suivi dansla même carrière : force & fécondité, na-turel Sc sublime , sart supérieur d’exciterla surprise Sc entretenir sadmiration , il atout ce qui décele le grand génie poétique.
Le siecle dont nous parlons s'est illustrépar l’éloquence comme par la poésie.Pendant que le sublime Bossuet, le tendreFenelon , le nerveux Bourdaloue , le tou-chant Massillon , sélégant Fléchier, sím-pétueux La Rue, fe distinguoient dans['éloquence de la chaire ; les Patru , lesDaguesseau les Cochin , les Erard, lesLaverdi, offroient dans le Barreau unBouclier à sinnocence , intimidoient nosmoderríes Verres, choient la tyrannie dessubalternes au tribunal des loix, Sc prou-voient que séloquence peut avoir dansune monarchie autant d’éíévation&d’éner-gie que dans une république. Les Romainseurent leur Salluste Sc leur Tite-Live : cesiecle fe félicitera d’avoir vu naître lesRollin , les Daniel, les Vertot , les d’Or-léans, les Fleuri.
La musique a compté parmi fes grandsmaîtres les Lulli, les Colasse , lesCampra,les Destouches ; la peinture , les Poussin ,les Le Sueur, les Bourdon, les Le Valent! n,les Le Brun , les Mignard, les Parossèl, lesVateau , les Le Moine ; la sculpture , lesSarrasin , les Puget , les Le Gros, lesThéodon , les Girardon, les Coifevaux Sctes Coustoux ; la gravure , l'architecture ,le commerce , Sí tous les arts enfin ontfourni des modelés achevés, dans unefoule d’hommes de génie que shistoireimmortalisera , Sc dont elle transmettra lesnoms à la postérité la plus reculée.
AGIr, adj. en terme de Jurisprudence ,est Celui qui a sâge compétent Sc requispar les loix, pour exercer certains actescivils , ou posséder certains emplois oudignités. Voyci Age. ( H)
1 AGELAROU;