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Tome premier.
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A. G E

plus connu que celui d’Horace. Ce^poëceépique, a eu la gloire de surpasser sonmodele , & d’être cité comme un modeleinimitable. On peut dire avec M. deVoltaire , que fi Homere a sait Virgile ,Virgile efi le plus bel ouvrage d’Homère.

Nous ne pouvons parler ici ni de Ca-tulle , ni de Tibnlle, ni d’Ovide, ni d'uneinfinité de poètes traduits dans toutes leslangues & connus de tous les peuples quicultivent les terres. L’éloquence , danscet âge brillant, ne le céda point à lapoésie. La nature prodigua à Cicéron tousles dons nécessaires à un orateur : imagi-nation riche, esprit vis & pénétrant, cœursensible , figure agréable Sc majestueuse ;elle lui donna tout ce qui peut assurer unascendant sur les coeurs Sc les esprits.

Fatiguée d'avoir donné le jour à tantd’hommes immortels, la nature se reposependant plusieurs siécles.

Le troisième âge de la littérature &des arts ne commença que fous Iule II &Léon X. Ce dernier recueillit les débrisdes lettres chassies de Constantinople , parla barbarie Turque. Il anima lesgénies danstous les arts par ses bienfaits Sc par sonaccueil plus séduisant encore. Le style bar-bare de la Daterie fut aboli , Sc fit place àl'éloquence douce Se pure des CardinauxBemSe & Sadolet. Par ses ordres, onfouilla dans les Bibliothèques, on déterrales anciens manuscrits & Bon procura deséditions exactes des meilleurs auteurs del’antiquité. Les poètes étoient fur - tout1 objet de fa complaisance. Il aimoit lesvers Sc en faisoit de très-jolis. Il poussal'enthousiasme si loin , qu'il donna uneBulle en faveur des poésies de l’Arioste.

Dans ce siécle , qu’on appelia celui desMédicis, le Trissm dans son Italie déli-vrée fit entrevoir une eípece d'imítationd Homere. Le Tasse qui vint après donnaíe plus bel ouvrage qui soit sortit de l’Italie.Fracastor fit imprimer sa Syphilis, ouvragedans le goût des Géorgiques de Virgile ;la lnterature enfin íortit des ténèbres.i quatrième âge est celui qu’on nommele necle de Louis XIV,& c’est peut-êtrecelui des quatre qui approche le plus dela perfection. Lnrichi des découvertes destrois autres , il a plus faits eu certains

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genres que les trois ensemble. Tous lesarts h la vérité n’ont point été poussés plusloin que fous les Médicis, fous les AugusteSc les Alexandre ; mais la raison humaineen général s’est perfectionnée. La fainephilosophie n’a été connue que dans cetemps : & il est vrai de dire, qu’h com-mencer depuis les dernieres années ducardinal de Richelieu , julqu’à celles quiont suivi la mort de Louis XIV , il s’estfait dans nos arts , dans nos esprits , dansnos mœurs, comme dans notre gouver-nement , une révolution générale qui doitservir de marque éternelle à ía véritablegloire de notre patrie. Cette heureuse in-fluence ne s’est pas même arrêtée enFrance; elle s’est étendue en Angleterre-;elle a excité l’émulation dont avoir alorsbesoin cette nation spirituelle & profonde;elle a porté le goût en Allemagne, lessciences en Russie; elle a même raniméTItalie qui languissnt, Sc l’Europe a dûfa politesse & l'esprit de société à la Courdc Louis XIV.

Il ne faut pas croire que ces siécles aientété exempts dc malheurs & de crimes.Tous les siécles se ressemblent par la mé-chanceté des hommes; mais il n’est queices quatre siécles distingués par les grandstalcns.

Avant le siécle que nous appelions deLouis XIV, Sc qui commence à-pen-prèsà Rétablissement de l’Académie Françoise ,les Italiens appelloient tous les ultramon-tains du nom de Barbares : il faut avouerque les François méritoient £n quelqueforte cette injure. Leurs peres joignoiencla galanterie romanesque des Maures à lagrossièreté gothique ; ils n’avoient pres-que aucun des arts aimables ; ce qui prouveque les arts utiles étoient négligés : car, lorsqu’on a perfectionné ce qui est néces-saire , on trouve bientôt le beau & l’agréa-ble ; Sc il n’est pas étonnant que la Pein-ture , la Sculpture , la Poésie, l’éloquence,la Philosophie, sullent preique inconnuesà une nation , qui ayant des ports furl’Océan Sc fur la Méditerranée, n’avoitpourtant point de flotte , Sc qui aimantle luxe k l'excès, avoir à peine quelquesmanufactures grossières.

, Les Juifs, les Génois, les Vénitiens