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Tome premier.
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les Corinthiens, Sc les ayant vaincus , illui étoit facile de se rendre maître de leurville : mais attendri fur le fort de la Grecedéchirée par fes propres en fans, il dit àceux qui lui propofoient de détruire cetteville , qu’il vouloir laitier aux habitansle temps du repentir, 'Sc qu’il lui feroithonteux de priver la Grece de fes rem-parts , en détruisant les villes qui fervoientde barrières aux barbares. Il ne fe trouvapoint à la bataille de Leuctres qui éclipsepour jamais la splendeur de fa patrie. Ilsembla qu'il en préfageoit le funeste évé-nement. L’armée victorieuse fe présentadevant Sparte fans murailles, mais Agéjìlasfut son rempart. Les richesses qu’il avoirenlevées de la Perse , avoíenr été verséesdans le trésor public, Sc il s’étoit fait unscrupule d’en rélerver rien pour lui. Ce futla ressource de Sparte dans fes revers. Quoi-qu’il eût fait une guerre heureuse dans unpays où le faste Sc la mollesse en impofoienrà la multitude, il ne renonça jamais à l’auí-térité de la discipline de Licurgue. Sobre& frugal, les mets qu’on lui fervoit étoientfans apprêt, & l’appétit excité par les exer-cices du corps , leur tenoit lieu d’assaifon-nement.il conserva l’antique simplicité dansfes habits, Sc ce fut par ['innocence de fesmœurs qu’il ambitionna la supériorité fur lereste des hommes. Quelqu’un donnant enfa préíencele nom de grand roi au monar-que Persan, il n’est pas, dit-il, plus grandque moi, s’il n’est pas plus vertueux. Quoiqu’il eût pu choisir un superbe palais, il pré-féra une antique chaumière qui avoit étéhabitée par Euristene, l’un de fes ancêtres.On n’y remarquoit aucun de cesornemensinventés par le luxe Sc la mollefle.Tout y retraçoitla pauvreté & le dédain des commodi-tés. On l’eùt plutôt prise pour la cabane d’uneilote, que pour la demeure d’un grand roi.

La nature en l’enrichissant de toutes lesvertus, avoit été pour lui une mere bien-faisante ; mais aussi elle fembloit n’êtrtqu’une marâtre impitoyable en renfermantion ame dans un corps auflsi difforme. Sorextérieur rebutant lui attiroit le mépris desétrangers. Il en fit l’expérience en Egypttcù il commanda une armée de Grecs mer-cenaires pour soutenir Tachos attaqué patles Perses. Il parut à la cour d’Alexandru

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paré de fes feules vertus. La pauvreté delès habits, fa fuite & son équipage ne lais-sèrent appercevoir dans le héros de laGrece, qit’un vieillard pauvre & décrépit.Les courtisans énervés par le luxe, ne virentqu’un censeur importun de leur mollesse ;Sc Je roi lui-même choqué d’un extérieurqui n’annonçoit qu’un homme vulgaire, luiôca le commandement pour le déférer àl’Athénien Chabrias qui avoit toute la fou-pleste d’un courtisan délicat. Les yeux fas-cines par le luxe ne pouvoient appercevoirl’homme supérieur dans celui qui n’avoitd’autre lit que la paille ou un peu de gazon,qui fe nourristòit de mets dédaignés, quirejetoit les couronnes Sc les parfums. Lemonarque perlan lui envoya des provisionsabondantes Sc choisies, il lui fit présent d’é-toffes précieuses pour le distinguer de fessoldats ; le Spartiate dédaigneux fit distri-buer le tout à fes esclaves. Tachos porta laguerre dans la Phénicie; en vain Agéjìlasréduit à commander un corps de merce-naires , lui représenta de quitter fes états ;un conseil aussi sage ne fut point écouté.Dès que Tachos fut éloigné , fes sujets re-muans Sc íéditieux leverent l’étendard dela rébellion , Sc son parent Nectanebe futproclamé roi. Agéjìlas pour fe venger desdédains qu’il avoit esiuyés fut le premier àle reconnoître. L’ufurpateur eut bientôt unconcurrent dans Mutus, citoyen de Men-dès, qui lui disputa l’empire. Agéjìlas luiconseilla de marcher contre ce rebelle pourne pas lui laisser le temps de rassembler sesforces. Nectanebe eut lieu de se repentird’avoir dédaigné ce conseil. Mutus, actifSc vigilant, le contraignit de fe retirerdans une ville dont il forma le siégé. Agé-(ìlas fut sollicité de fondre íur les aííìégeans,mais il attendit que leurs forces fustènt di-visées pour faire une sortie qui eut un pleinsuccès. Agéjìlas , couvert de gloire , futélevé au commandement général de l’armée.Mutus battu dans plusieurs rencontres,tomba au pouvoir du vainqueur. L’Egyptepaisible reconnut Agéjìlas pour son libé-rateur. Il mourut chargé de gloire Sc (Tan-nées dans la ville de Ménelas, située entre!a Circanique Sc TEgypte. Son corps em-baumé fut transporté à Sparte , glorieusede posséder fes cendres. (T— n.)