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Tome premier.
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campagnes de l'Illyrie croient désolées parde petits seigneurs de villages qui mettaientte laboureur à contribution , Ôc le contrai-gnoient à des corvées nuisibles à la culturedes terres : les empereurs Valens & Valen-tinien instruits de ces désordres, les arrêtè-rent par une loi qui porte exil perpétuel &confiscation de tous biens contre ceux quioseront à l'avenir exercer cette tyrannie.

Mais les loix qui protègent la terre , lelaboureur & le bœuf, ont veillé à ce quele laboureur remplît son devoir, b'empe-reur Pertinax voulut que le champ laissé enfriche appartînt à celui qui le cultiverait;que celui qui le défricherait fût exemptd’imposition pendant dix ans ; & s'il étoitesclave qu’il devînt libre. Aurélien ordonnaaux magistrats municipaux des villes d’ap-peller d’autres citoyens à la culture desterres abandonnées de leur domaine , & ilaccorda trois ans d’immunité à ceux qui s’enchargeraient. Une loi de Valentinien , deThéodose & d’Arcade , met le premieroccupant en possession des terres abandon-nées , & les lui accorde fans retour, lî dansl’espace de deux ans personne ne les récla-me : mais les ordonnances de nos rois nefont pas moins favorables à l' agriculture queles loix Romaines.

Henri III, Charles IX , Henri IV , sesont plu à favoriser par des réglemens leshabitans de la campagne. Ils ont tous faitdéfenses de saisir les meubles, les harnois,les instrumens & les bestiaux du laboureur.Louis XIII & LouisXIV les ont confirmés.Cet article n'aurait point de fin , si nousnous proposions de rapporter toutes lesordonnances relatives à la conservation desgrains depuis la semaille jusqu’à la récolte.Mais ne sont-elles pas toutes bien justes ?Est-il quelqu’un qui voulût se donner lesfatigues & faire toutes les dépenses néces-saires à Y agriculture , & disperser sur laterre le grain qui charge son grenier, s’iln’attendoit la récompense d’une heureusemoisson ?

La loi de Dieu donna l’exemple. Elledit : " Si l’homme fait du dégât dans un» champ ou dans une vigne en y laissant» aller sa bête, il réparera ce dommage aux

dépens de son bien le meilleur. Si le feu,» prend à des épines 5c gagne un amas de

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» gerbes, celui qui aura allumé ce feu fup--- portera la perte. » La loi des hommesajouta : “ Si quelque voleur de nuit dé--- pouille un champ qui n'est pas à lui , il-- fera pendu , s'il a plus de quatorze ans ;» il fera battu de verges, s’il est plus jeune ,» 5 c livré au propriétaire du champ , pour» être son esclave julqu’à ce qu'il ait réparé» le dommage , solvant la taxe du préteur.-- Celui qui mettra le feu à un tas de blé ,-- fera fouetté & brûlé vif. Si le feu y prend» par fa négligence , il paiera le dommage,» ou fera battu de verges, à la discrétion du» préteur. »

Nos princes n’ont pas été plus indulgenssor le dégât des champs. Ils ont prétenduqu’il fût seulement réparé, quand il étoicaccidentel ; 5 c réparé 5 c puni, quand il étoicmédité. “ Si les bestiaux se répandent dans» les blés, ils seront saisis, & le berger fera» châtié- » Il est défendu, même aux gen-tilshommes , de chafler dans les vignes,dans les blés , dans les terres ensemencées.Voye £ P Edit d’Henri IV à Follembray , 12.Janvier l£99- Voye\ ceux de Louis XIV ,Août 1689 & 2 .0 Mai 1704. Ils ont en-core favorisé la récolte en permettant d’ytravailler même les jours de fêtes. Maisnous renvoyons à Yarticle Grain 5 c à d ‘au-tres articles , ce qui a rapport à la récolte ,à la vente, au commerce, au transport, àla police des grains, & nous passons à la cul-ture des terres.

Pour cultiver les terres avec avantage ,il importe d'en connoître la nature : telleterre demande une façon , telle autre uneautre ; celle-ci une efpece de grains, celle-là une autre efpece. On trouvera à YarticleTerre & Terroir en général ce qui y arapport, Se aux plantes différentes le terroir5 c la culture qu'elles demandent : nous neréserverons ici que ce qui concerne Yagri-culture en général, ou le labour.

1. Proportionnez vos bêtes Se vos usten-siles, le nombre, la profondeur, la figure,la saison des labours Sc des repos, à la qua-lité de vos terres & à la nature de votreclimat.

1. Si votre domaine est de quelque éten-due, divisez le en trois parties égales ou à-peu près ; c'est ce qu’on appelle mettre fefterres en foles.