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Tome premier.
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de huit à dix pouces de profondeur j servezvous pour cela d’une charrue à quatrecoutres & d’un foc fort large : quand votreterre fera bien préparée, semez : mais aulieu de jeter la graine h la main Sc fansprécaution, distribuez là par rangées, suf-fisamment écartées les unes des autres.Pour cet ester, ayez mon semoir. Nousdonnerons à l’article Semoir la descrip-tion de cet instrument. A mesure que lesplantes croissent, labourez la terre entreles rangées ; servez-vous d'une charrue le-gere. Voye £ à Particle Charrue la des-cription de celle-ci. M. Tull se demandeensuite s’il faut plus de grains dans lesterres grasses que dans les terres maigres,8c son avis est qu’il en faut moins où lesplantes deviennent plus vigoureuses.

Quant au choix des semences, il préféréle nouveau froment au vieux. Nos fermierstrempent leurs blés dans seau de chaux: ilfaut attendre des expériences nouvellespour savoir s’ils ont tort ou raison ; ScM. Duhamel nous les a promises. Onestime qu'il est avantageux de changerde temps en temps de semence , Sc^expérience justifie cet usage. Les autresauteurs prétendent qu’il faut mettre dansun terrain maigre des semences produitespar un terrain gras, Si alternativement.M. Tull pense au contraire , que toute se-mence doit être tirée des meilleurs terrains;opinion, dit M. Duhamel, agitée, maisnon démontrée dans son ouvrage. Il ne fautpas penser , comme quelques-uns, que lesgrains changent au point que le fromentdevienne seigle ou ivraie. Voilà les princi-pes généraux d ‘agriculture de M. Tull, quidiffèrent des autres dans la maniéré desemer , dans les labours fréquens, & dansIcs labours entre les plantes. C’est au temps8c aux estais à décider , à moins qu’on enveuille croire fauteur fur ceux qu’il a faits.Nous en rapporterons les effets aux articlesBlé, Froment, Sainfoin, &c.& icinous nous contenterons de donner le juge-ment qu’en porte M. Duhamel, à qui l’onpeut s’en rapporter quand on fait combienil est bon observateur.

Il ne faut pas considérer , dit M. Duha-mel, si les grains de blé qu’on met enterre en produisent un plus grand nombre.

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lorfqu’on fuit les principes de M. Tull ; cettecomparaison lui se roi t trop favorable. Il nefaut pas non plus se contenter d'examinersi un arpent de terre cultivé suivant sesprincipes, produit plus qu’une même quan-tité de terre cultivée à l’ordinaire ; dansce second point de vue, la nouvelle cul-ture pourroit bien n’avoir pas un grandavantage fur l’ancienne.

Ce qu’il faut examiner, c’est i°. si toutesles terres d’une ferme cultivées suivant lesprincipes de M. Tull, produisent plus degrain que les mêmes terres n’en produi--roient cultivées à l’ordinaire ; si 1 *nouvelle culture n’exige pas plus de frais quel’ancienne, 8c si l’accroisièment de profitexcede l’accroissement de dépense ; 3 “. sil’on est moins exposé aux accidens qui frus-trent l’espérance du laboureur , suivant lanouvelle méthode que suivant l’ancienne.

A la premiere question, M. Tull répondqu’un arpent produira plus de grain cul-tivé suivant ses principes, que suivant lamaniéré commune. Distribuez , dit-il, lestuyaux qui sont sur les planches dans l’é-tendue des plates-bandes, 8c toute la su-perficie de la terre se trouvera auísi garniequ’à l’ordinaire : mais mes épis seront pluslongs , les grains en seront plus gros, 8cma récolte fera meilleure.

On aura peine à croire que trois rangéesde froment placées au milieu d’un espacede six pieds de largeur, puillenr par leurfécondité suppléer à tout ce qui n’est pascouvert ; 8c peut-être, dit M. Duhamel ,,M- Tull exagere-t-il : mais il faut consi-dérer que dans l’usage ordinaire il y a untiers des terres en jachères, un tiers enmenus grains, Sc un tiers en froment ; anlieu que suivant la nouvelle méthode , onmet toutes les terres en blé : mais commefur six piés de largeur on n’en emploie quedeux, il n’y a non plus que le tiers desterres occupées par le froment. Reste àsavoir si les rangées de blé font allez vi-goureuses, & donnent astez de froment,,non feulement pour indemniser de la ré-colte des avoines , estimée dans les fer-mages le tiers de la récolte du froment ,mais encore pour augmenter le profit dnlaboureur.

A la seconde question » M. Tull répond