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Tome premier.
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A I R

fnr abittre tous les girofliers dont l’ifle deTernare étoit toute remplie , afin de porterplus haut le prix des clous de girofle , ilen résulta un changement dans Vair qui fiebien voir combien éroienr salutaires danscette iile les corpuscules qui s’échappoienrde Tarbre & de les fleurs : car auflî - tôtaprès que les girofliers eurent été coupés, jou ne vit plus que maladies dans toute Tille. ;Un médecin qui étoit fur les lieux, & quia rapporté ce fait à M. Boyle , attribue cesmaladies aux exhalations nuiíiblesd'un vol-can qui est dans cette ille , lesquelles vrai-semblablement etoient corrigées par lescorpuicules aromatiques que répandoientdans Vair les girofliers.

Uair contribue auflî áuxchangemens quiarrivent d’une saison à Tautre dans le coursde Tannée. Ainfi dans Thiver la terre n'en-voie guere d’émanations au dell'us de fasurface, par la raison que ses pores fontbouchés par la gelée- ou couverts de neige.Or , pendant tout ce temps la chaleur sou-terraine ne laiflè pas d'agir au dedans , &û’y frire un fond dont elle fe décharge auprintemps. C'ed pour cela que la mêmegraine iemée dans Tautomne & dans leprintemps, dans un même fol & par untemps également chaud , viendra pourtanttout différemment. C'est encore pour cetterailon que Tenu de la pluie, ramaflée dansle piinttmps, aune vertu particulière pourle froment, qui y ayant trempé , en pro-duit une beaucoup plus grande quantitéqu'il ìTauroic fait fans cela. C’est auflîpourquoi il arrive d’ordinaire, comme onTobferve astèz constamment, qu'un hiverrude est suivi d'un printemps humide &d’un bon été.

De plus ; depuis le solstice d’hiver juf-qu'i celui d'"c’té, les rayons du soleil don-nant toujours de plus en plus perpendicu-lairement , leur action fur la surface de laterre acquiert de jour en jour une nouvelleforce , au moyen de laquelle ils relâchent,amollissent putréfient de plus en plus lagltbe ou le fol , jufqu’à ce que le soleilsoit arrivé au tropique, où avec la forced’un agent chymiquc , il résout les partiessuperficielles de la terre en leurs principes,f’est-à-dire, en eau, en huile, en íels,J

S’c. qui s’élevent dans Tatlimofphere. V.Chaleur.

Voilà comme se forment les météoresqui ne font que des émanations de cescorpuscules répandus dans Vair.Météore.

Ces météores ont des effets très-considé-rables fur Vair. Ainíî , comme on fait, letonnerre fait fermenter les liqueurs. Vcye^Tonnerre, Fermentation , L'c.

En effet tout ce qui produit du change-ment dans le degré de chaleur de l’athmof-phere, doit auflî en produire dans !a maiierede Vair. M. Boyie va plus loin fur cet arti-cle , & prétend que les sels & autres subs-tances mêlées dans Vair , font maintenuspar le chaud dans un état de fluidité , quifait qu’étant mêlés ensemble ils agiflencconjointement; & par le froid ils perdentleur fluidité ìk leur mouvement, se met-tent en crystaux, Sc se séparent les unsdes autres. Si les colonnes d’air íont plusou moins hautes , cette différence peutcauser auflî des changemens , y ayant peud'exhalaisons qui s’élévent au dessus desplus hautes montagnes. On en a eu la preuvepar certaines maladies pestilentielles , quiont emporté tous les habitans qui peu-ploient un côté d'une montagne , fans queceux qui peupioient Tautre côté s’en soientaucunement sentis.

On ne fauroit nier non plus que la sé-cheresse &c l’humidité ne produisent degrands changemens dansTathmosphere. En.Guinée la chaleur , jointe à Thumidité,cause une telle purréfaction , que les meil-leures drogues perdent en peu de tempsroutes leurs vertus > ik que les vers s’ymettent. Dans Tiste de Saint-Jago, on estobligé d’exposer le jour les confitures ausoleil, pour en faire exhaler Thumiditéqu’elles ont contractée pendant la nuit,fans quoi elles seroient bientôt gâtées.

C’est fur ce principe que font fondés 'laconstruction & l’usage de Thygromctre-

HYGROMETRE.

Ces différences dans Vair ont auflî unegrande influence fur les expériences desphilosophes, desChymiílesautres.

Par exemple , il est difficile de tirerl'huile du soufre , p. r campanam , dans unair clair & sec , parce qu alois il est très-