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Tome troisième.
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avec une nombreuse armée qui périt danslesdéserts de soif & de misere : Elius - Gailus?épéta la honte de ce désastre. C’est le gé-néral romain qui a pénétré le plus avantdans ces immenses déserts ; il eut d’abordles plus brillants succès, mais les chaleursmeurtrières lui enlevent ses meilleurs sol-dats , & il fut contraint de se retirer enÉgypte avec les débris de son armée , dontles flatteurs d’Auguste célébrèrent les vic-toires stériles. Caïus , son petit 61s, recon-noistant fimpoffbilité de subjuguer un peu-ple qui n’estimoitlavie qu’autant qu’il pou-voir vivre libre , porta Je fer & la flammedans leurs villes > d’où ils faisoient des in-cursionssur les terres de l’empire, & il cruten avoir fait assez pour fa gloire , que deleur avoir ôté le moyen de nuire : depuis cetemps , jusqu’au régné de Trajan , on nevoit aucun démêlé entre ces deux peuples.Cet empereur flt le siégé de la capitale desHagaréniens qu’il eut la honte de lever ;ses succestèurs payerent un subside auxSarrasins qui scrvoient dans leurs armées ;mais Julien qui les regardoit comme sessujets , & non comme ses alliés, trouvaque ce traité avilissoit la majesté de l’em-pire , & il refusa de payer un tribut qu’onqualifioit du nom.de subside ; les barbares seplaignirent de cette infraction , mais ceprince qui savoir combattre comme il sa-voir gouverner , leur répondit avec fierté :Je n’use que du fer , & je ne connois pasl’or. Ces peuples belliqueux marchèrentquelque temps après au secours de Cons-tantinople y dont ils furent les libérateurs.Ce fut fous le régné de Théodose qu’ilscommenceront à faire la guerre en leurnom , & après avoir soutenu l’empire chan-celant , ils en furent la terreur. Les Arabes,jufqu’alors partagés en tribus , se réunis-sent & deviennent conquérans. II falloitque le germe de cette valeur barbare fûtrenfermé dans leur cœur , & que leur viedure les eût préparés à devenir intrépidessoldats. Leurs déserts étoient une barrièrequilea mettoità l’abri des incursions étran-gères ; on ne pouvoir y pénétrer fans s’ex-poser à périr par la disette des eaux , & lespuits qui pouvoient en fournir , n’étoientconnus que des habitans qui n’en révélèrentjamais le secret ; leurs villes n’étoient que

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des magasins où ils renfermoient le fruit dseurs brigandages ; elles n’étoient forméesque d’un- assemblage de cabanes qu’ils aban-donnoient aux approches de leurs ennemis \leurs citadelles étoient l’ouvrage de la na-ture ; c’étoit des rochers escarpés d’où ilsdéfioient les armées les plus nombreuses ,qui , comme eux , n’avoient à redouterque la famine & la disette d’eau. Commeils ignoroient fart des fortifications , ilsétoient peu vertes dans l’attaque des pla-ces ; ainsi leurs guerres offensives n’étoientque des incursions passagères ; les citadellesque leurs ennemis élevoient furies fron-tières , réprimoient leurs brigandages, dsavoient coutume de remercier le ciel de cequ’il leur avoir donné des épées au lieu deremparts ; leur éducation étoit toute guer-rière , ils exerçoient leur enfance à se servirde l’arc & de l’épée , & à dompter leurschevaux ; une excellente épée étoit unmonument domestique qu’un pere laissoità ses enfans pour les faire souvenir du cou-rage de leurs ancêtres. Prodigues de leursang , ils ne dévoient pas être avares decelui des autres. Us ne combattoient qu’ala clarté du jour , parce que le courages’enflamme quand il a des témoins de sesefforts, & ils croyoient que les ténèbresfavorisaient la lâcheté ; il n’est donc pasétonnant qu’un peuple né avec des pen-chans si nobles, ait enfanté tant de pro-diges de valeur, quand il a succombé àl’ambition des conquêtes.

ARABES. Etat de la philosophie chez, les'anciens Arabes. Après les Chaldéens , lesPerses & les Indiens vient la nation desArabes , que les anciens historiens nous re-présentent comme fort attachée à la philo-sophie & comme s’étant distinguée danstous les temps par la subtilité de son esprit ;mais tout ce qu’ils nous en disent paroitfort incertain. Je ne nie pas que depuisî’Iímamisme , l’érudition & l’étude de I»philosophie n’ayent été extrêmement en-honneur chez ces peuples ; mais cela n’alieu & n’entre que dans l’histoire de la.philosophie du moyen âge : auffi nous pro-posons-nous d’en traiter au long , quandnous y ferons parvenus. Maintenant nous-n'avons à parler que de la philosophie des>anciens habitans de f Aral is- heureuse-