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Tome troisième.
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woyoient formés d’une argile plus pure quele reste des hommes, ils étoient persuadésque leur efpeee ne pouvoir être trop mul-tipliée : errans & solitaires dans leurs dé-serts, ils croient que la triste uniformitéde vivre avec le même objet , les plonge-roit dans un aslòupislêment perpétuel , aulieu qu’une famille plus nombreuse diver-sifie leurs occupations & leurs plaisirs : tout,jusqu’aux jalousies domestiques, les réveille& les fait sortir de la langueur. Les femmesréduites à l’indigencepar un partage inégal,supportent sans murmure le joug qui leurest imposé ; leur vie laborieuse , les détailsdomestiques dont elles font surchargées,écartent les tentations qui font presque tou-jours victorieuses dans les assauts qu’elleslivrent à la paresse & d l’inutilité. La disci-pline à laquelle on les assujettit depuis l’in-troductiondu mahométisine , est bien plusaustere que celle des premiers temps ; ellesaccompagnoient autrefois leurs maris à laguerre , elles présidoient aux fêtes, & ja-mais cette liberté ne dégénérois en licence;la chasteté étoit une vertu nationale , & lacrainte de perdre un cœur dont elles n’a-voient que le partage , les précautionnoitcontre une chiite dont le scandale les au-roit réduites à une indigence absolue.

Les Arabes naturellement guerriers n’at-tendirent que les circonstances pour êtreconquérans ; long-temps pacifiques & obs-curs , ils ne prirent les armes que parl’avi-dité du butin, & jamais pour étendre leurslimites : ils méprisoient trop les hommespour desirer de les avoir pour sujets. Ilsmarchoient fans ordre & fans discipline ;mai s accoutumés à combattre les bêtes fé-roces , ils portoient le courage jusqu’à laférocité. Quelqucshordes plus sauvages queles autres, vendoient leur sang & leurs ser-vices à des rois riches pour les payer , &c’étoit moins par un sentiment de gloire ,que parl’espoir du butin, qu’ils renonçoientà la douceur de leurs solitudes. Les Ro-mains & les Perses avoient dans leurs ai-mées un corps de Sarrasins, qui souventfixa le sort des combats ; quoique, satisfaitsde leur indépendance, ils se fi fient un scru-pule d’attenter à la liberté de leurs voisins,ìjs donnerent à l’Egypte des rois qui fontconnus fous le nom de Pasteur ; leur plusTome III.

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grande gloire fut de n’avoir jamais subi dedomination étrangère. Sesostris, dont lesexploits pouvoient bien n’être que fabuleux,ne se rendit maître que de quelques villesmaritimes qu’il fut obligé d’abandonner. L esPerses, protecteurs de quelques tribus, neleur donnerent jamais la loi, & on netrouve point l’Arabie dans aucun dénom-brement de leurs provinces. Les Spartiatesaccoutumés à vaincre y firent une invasion,& fe repentirent de leur témérité. Les pré-paratifs que fit Alexandre à son retour desIndes, prouvent qu’il regardoit cette con-quête comme digne de tout son courage :la mort l’arrêta au milieu de ce projet, &l’on ne peut décider quel en auroit été lesuccès. Les successeurs de ce héros qui ententèrent l’exécution , n’éprouverent quedes défaites. La réponse des Arabes Dé-métrius fait connoître leur mâle fermeté &leur indifférence pour la gloire des armes.» Roi Démétrius, lui dirent-ils, quellesfont tes prétentions ? qu’exige-tu de nous ?quel motif t’engage à troubler le silence denos déserts , où la nature marâtre n’ossreà ses enfans que des moyens pénibles desubsister. Nos plaines arides & sablonneusesn’ont d’attraits pour nous que par la libertédont nous y jouissons, & que tu veux nousravir. C’est cet amour de l’indépendancenaturelle qui nous rend supportables desmaux inconnus aux autres habitans de laterre. Ces rochers font trop durs pour êtrebrisés par ton sceptre. Tu voudrois noussoumettre à ton joug , commence par sub-juguer nos sentimens ; change notre maniéréde vivre, & songe auparavant aux moyensde subsister dans un pays qui n’a que dufable , des rochers & des métaux ; crois-nous, laisse vivre en paix des peuples donttu n’as aucun sujet de te plaindre , & quine veulent avoir rien à démêler avec toi :voici des présens que nous supportons,puissent-ils t’engager à ne voir dans lesNabathéens que tes amis. n

Les Romains pénétrèrent dans l’Arabie& 11’cn surent jamais les conquérans. Quel-ques tribus vaincues par Lucullus rendirenthommage â la majesté du peuple romain.Aretas, prince d’une contrée , fut forcéde recevoir garnison dans Petra ; Crastùsambitieux d’cn faire la conquête y entra