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s’il s’y établît cn épousant une des fillesde Jétro , cen’étoit pas assurément dans ledessein de méditer chez les Arabes , & denourrir leur folle curiosité de systèmes phi-losophiques. La providence n’avoit permiscette retraite de Moyse chez les Arabes ,que pour y porter la connoistànce du vraiDieu St de sa religion. La philosophie d’A-braham , dont ils sc glorifient de descen-dre , ne prouve pas mieux qu’ils ayentcultivé cette science. Abraham pourroitavoir été un grand philosophe St avoir étéleur pere, sans que cela tirât à conséquencepour leur philosophie. S’ils ont laissé perdrele fil des vérités les plus précieuses > qu’ilsavoient apprises d’Abraham ; si leur reli-gion a dégénéré en une grostìere idolâtrie ,pourquoi leurs connoiííànces philosophi-ques , supposé qu’Abraham leur en eûtcommuniqué quelques-unes , ne se seroient-elles pas auffi perdues dans la fuite destemps ? Au reste , il n’est pas trop fur queces peuples descendent d’Abraham. C’estune histoire qui paroît avoir pris naissanceavec le mahométisme. Les Arabes ainsique les mahométans, pour donner plusd’autorité d leurs erreurs , en font remon-ter l’origine jusqu’au peredcs croyans. Unechose encore qui renverse la supposition deLudewig , c’est que la philosophie d’Abra-ham n’est qu’une pure imagination desjuifs, qui veulent à toute force trouverchez eux l’origine & les commencemensdes arts & des sciences. Ce que l’on nousoppose de cette reine du midi , qui vinttrouver Salomon sur la grande réputationde sa sagesse , St des mages qui partirentde l’orient pour se rendre d Jérusalem , netiendra pas davantage. Nous voulons quecette reine soit née en Arabie : mais est-ilbien décidé qu’elle fût de la secte des za-biens ? On ne peut nier fans doute , qu’elten’ait été parmi les femmes d’orient unedes plus instruites , des plus ingénieuses,qu’elle n’ait souvent exercé l’esprit des roisde s orient par les énigmes qu’elle leurenvoyoit ; c’tst-Iâ l’idée que nous endonne l’historïen sacré. Mais quel rapportcela a-t-il avec la philosophie des Arabes ?Nous accordons auffi volontiers que lesmages venus d’orient éteient des Arabes ,qu’ils avoient quelque connoistànce du
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cours des astres ; nous ne refusons pointabsolument cette science aux Arabes ; nousvoulons même qu’ils ayent astèz bien parléleur langue , qu’ils ayent réuffi dans leschoses d’imagination , comme l’éloquenceSt la poésie : mais on n’en conclura ja-mais , qu’ils ayent été pour cela des phi-losophes , & qu’ils ayent fort cultivé cettepartie de la littérature.
La seconde raison , qu’on fait valoir enfaveur de la philosophie des anciens Ara-bes , c’est Phistoire du zabiánisme , quipaíîe pour avoir pris naistànce chez eux, &qui suppose nécestàirement des connoistàn-ces philosophiques. Mais quand même toutce que l’on en raconte seroit vrai, on n’enpourroit rien conclure pour la philosophiedes Arabes ; puisque le zabianisme , étantde lui-même une idolâtrie honteuse & unesuperstition ridicule , est plutôt l’extinctionde toute raison qu’une vraie philosophie.D’ailleurs, il n’est pas bien'décidé dansquel temps cette secte a pris naistànce ; carles hommes les plus habiles , qui ont tra-vaillé pour éclaircir ce point d’histoire ,comme Hottinger , Pocock , Hyde , Scfur-tout le docte Spencer , avouent queni les Grecs , ni les Latins ne font aucunemention de cette secte. II ne faut pas con-fondre cette secte de zabiens Arabes avecces autres zabiens dont il est parlé dansles annales de l’ancienne église orientale ,lesquels étoient moitié juifs St moitiéchrétiens , qui se vantoient d’ctre les dis-ciples de Jean-Baptiste, Sc qui se trouventencore aujourd’hui en grand nombre dansla ville de Bassore , près des bords duTigre , St dans le voisinage de la mer dePerle. Le fameux Moyse Maimonidês atiré des auteurs Arabes tout ce qu’il a ditde cette secte ; Se c’est en examinant d’unœil curieux Se attentif toutes leurs cérémo-nies extravagantes SeTuperstitieuses , qu’iljustifie très-ingénieufement la plupart desloix de Moyse , qui blesseroientau premiercoup d’œil notre délicatesse , si la sagestbde ces loix n’étoit marquée par leur op-position avec les loix des zabiens , pourlesquelles Dieu vouloir inspirer aux juifsune grande aversion. On ne pouvoir met-tre entre les juifs St les zabiens qui étoientleurs voisins une plus forte barrière. Qu.