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Tome troisième.
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vin adoro'ent les sept planètes , lesquellesétoient animées par autant d’intelligences,qui gouvernoient tous leurs mouvemens,â-peu-près comme notre corps e(t animépar une ame qui en conduit & gouvernetous les ressorts ; que ces astres étoient desdieux , & qu’ils présidoient au destin deshommes , mais qu’ils étoient soumis eux-mêmes á l’Etre suprême ; qu’il salloit ob-server le lever & le coucher des planètes,leurs différentes conjonctions, ce qui for-moit autant de positions plus ou moinsrégulières ; qu’il salloit assigner à ces pla-nètes leurs jours, leurs nuits, leurs heurespour diviser le temps de leur révolution ,leurs formes , leurs personnes , & les ré -gions où elles roulent ; que moyennanttoutes ces observations , on pouvoit fairedes talismans, des cnchantemens, des évo-cations qui réustistdient toujours ; qu’ál’égard de ceux qui se portoient pour ado-rateurs des simulachres , ces simulachresleur étoient nécessaires , d’autant plus qu’ilsavoient besoin d’un médiateur toujoursvisible, ce qu’ils ne pouvoient trouverdans les astres, dont le lever & le coucherqui se succèdent régulièrement, les déro-bent aux regards des mortels ; qu’il salloitdonc leur substituer des simulachres :moyennant lesquels ils pussent s’élever jus-qu’aux corps des planètes , des planètesaux intelligences qui les animent, & deces intelligences jusqu’au Dieu suprême ;que ces simulachres dévoient être faits dumétal qui est consacré à chaque planète ,& avoir chacun la figure de l’astre qu’ilsreprésentent ; mais qu’il salloit fur-toutobserver avec attention les jours, les heu-res , les degrés, les minutes, & les autrescirconstances propres à attirer de bénignesinfluences, & se servir des évocations,des enchantemens , & des talismans quiétoient agréables à la planète ; que cessimulachres tenoient la place de ces dieuxcélestes ; & qu’ils étoient entr’eux & nousautant de médiateurs. Leurs pratiques n’é-toient pas moins ridicules que leur croyan-ce. Abulfeda rapporte qu’ils avoient coutu-tne de prier la face tournée vers le pôlearctique, trois fois par jour; avant le leverdu soleil, à midi , & au soir , qu’ilsavoient trois jeûnes, l’un de trente jours,

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l’autre de neuf, & l’autre de sept ; qu’ilss’abstenoient de manger des feves & dol’ail ; qu’ils faisoient brûler entièrement lesvictimes, & qu’ils ne s’en réservoient rienpour manger.

Voilà tous ce que les Arabes nous ontappris du système de religion des zabiens.Plusieurs traces de l’Astrologie chaldaéque,telle que nous la donnerons àT ’article C n a t-DÉ EN s , s’y laissent appercevoir. C’est ellefans doute qui aura été la premiere pierrede l’édifice de religion que les zabiens ontbâti. On y voit encore quelques autres traitsde ressemblance, comme cette ame du mon-de qui se distribue dans toutes ses diffé-rentes parties, & qui anime les corps cé-lestes , lur-tout les planètes, dont l’influen-ce fur les choses d’ici bas est si marquée &si incontestable dans tous les vieux systèmesdes religions orientales, Mais ce qui y do-mine sur-tout, c’est la doctrine d’un mé-diateur ; doctrine qu’ils auront dérobée,soit aux juifs , soit aux chrétiens ; la doc-trine des génies médiateurs , laquelle a euun si grand cours dans tout l’Orient, d’oùelle a pasté chez les cabalistes & les philo-sophes d’Alexandrie , pour revivre chezquelques chrétiens hérétiques , qui en pri-rent occasion d'imaginer divers ordres d’xo-nes. II est aisé de voir par-là que le za-bianisme n’est qu’un composé monstrueux& un mélange embarrassant de tout ce queI’idolâtrie, la superstition & l’héréíie ont puimaginer dans tout les temps de plus ridi-cule & de plus extravagant. Voilà pour-quoi , somme le remarque fort - bienSpencer, il n’y a rien de suivi ni de lié dansles différentes parties qui composent lezabianisme. On y retrouve quelque chose detoutes les religions, malgré la diversité quiles sépare les unes des autres. Cette feuleremarque suffit pour faire voir que le za-bianisme n’est pas aussi ancien qu’on le croieordinairement ; & combien s’abusent ceuxqui en donne le nom à cette idolâtrie uni-versellement répandue des premiers sié-cles , laquelle adoroit le soleil & les astres,Le culte religieux que les zabiens rendoientaux astres, les jeta , par cet enchaînementfatal que les erreurs ont entr’elles , dansl’astrologie , science vainc & ridicule, maisqui flatte lys deux passions favorites de