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ces peuples que le zabianisme a pris naissân-ce. Si Ton fait attention que le zabianismene se bornoit pas feulement à adorer lesoleil, les étoiles & les planètes, mais qu’ils’étoit fait à lui-mêine un plan de cérémo-nies qui lui étoient particulières , & qui ledístinguoient de toute autre forme de re-ligion , on m’avouera qu’un tel sentimentne peut se soutenir. Spencer lui-même,tout subtil qu’il est, a été forcé de conve-nir que le zabianisme considéré formelle-ment , c’est-à-dire autant qu’il fait unereligion à part & distinguée par la formede son culte , est beaucoup plus récentque les anciens Chaldéens & les anciensBabvloniens. C’est pourtant cela mémequ’il auroit dû prouver dans ses principes ;car fi le zabianisme pris formellement n’apas cette grande antiquité qui pourroit lefaire remonter au-delà d’Abraham , com-ment prouvera-t-il que plusieurs loix deMoysc n’ont été divinement établies, quepour faire un contraste parfait avec lescérémonies superstitieuses du zabianisme ?Tout nous porte à croire que le zabianismeest astez récent, qu’il n’est pas même an-térieur au mahomérisme. En effet, nousne voyons dans aucun auteur , soit Grec ,soit Latin , la moindre trace de cette sec-te ; elle ne commence à lever la tête quedepuis la naissance du mahomérisme , ct.Nous croyons cependant qu’elle est un peuplus ancienne, puisque l’alcoran parle desFabiens comme étant déja connus fousce nom.
11 n’y a point de secte fans livres ; elleen a besoin pour appuyer les dogmes quilui sont particuliers. Ausiì voyons-nousque les Zabiens en avoient, que quelques-uns attribuoient à Hermès & à Aristote ,& d’autres à Seth & à Abraham. Ceslivres, au rapport de Maimonides, conte-noient fur les anciens patriarches , Adam ,Seth , Noé , Abraham , des histoires ridi-cules , & pour tout dire » comparables auxfables de l’alcoran. On y traitoit au longdes démons, des idoles, des étoiles & desplanètes ; de la maniéré de cultiver la vigne& d’ensemencer les champs; en un moton n’y omettoit rien de tout ce qui con-çernoit le culte qu’on rendoit au soleil,NU leu, aux étoiles, & aux planètes. Si
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! l’on est curieux d’apprendre toutes cêibelles choses, on peut consulter Mèimo-nidès. Ce feroit abuser de la patience dulecteur , que de lui présenter ici les fables 1dont fourmillent ces livres. Je ne veux quecette feule raison pour les décrier commedes livres apocryphes & indignes de toutecréance. Je crois que ces livres ont étécomposés vers la naissance de Mahomet, &encore par des auteurs qui n’étoient pointguéris , ni de Tidolàtrie., ni des folies du
' platonisme moderne. Il nous suffira , pourfaire connoître le génie des Zabiens, derapporter ici quelques-uns de leurs dog-mes. Ils croyoient que les étoiles étoient*autant de dieux , & que le soleil. tenoitparmi elles le premier rang. Ils les hono-roient d’un double culte , savoir d’unculte qui étoit de tous les jours, & d’unautre qui ne se. renouvelloit que tous lesmois. Ils adoroient les démons sous la for-me de boucs; ils fer nourrifsoient du sangdes victimes, qu’ils avoient cependant en 1abomination ; ils croyoient par-là s’unirplus intimement avec les démons. Us ren-doient leurs hommages au soleil levant, &ils ohservoient scrupuleusement toutes lescérémonies, dont nous voyons le contrastefrappant dans la plupart des loix de Moyíe;car Dieu, selon plusieurs savans, n’aaffecté de donner aux Juifs des loix quise trouvoient en opposition avec celles desZabiens, que pour détourner les premiersde la supereirion extravagante des autres.Si nous hions Pocock , H y de , Prideaux,& les auteurs Ariibus , nous trouveronsque tout leur système de religion se ré-duit à ces différons articles que nous allonsdétailler. i°. 11 y avoir deux sectes dsZabiens ; le fondement de la croyance del’une & de l’autre étoit, que les hommesont besoin de médiateurs qui soient placésentr’eux & la divinité ; que ces média-teurs sont des substances pures, spirituelles& invisibles ; que ces substances, par celaméme qu’elles ne peuvent être vues, nepeuvent se communiquer aux hommes , sil’on ne suppose entr’elìes & les hommesd’autres médiateurs qui soient visibles ; queces médiateurs visibles étoient pour les unsdes chapelles , & pour les autres des simu-lacbres; que les chapelles étoient pour ceux