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Tome troisième.
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leurs toiles ; dès qu’il en arrive , ellessaisissent la proie , & remportent dans leurnid pour la manger. Lorsque les mouchesfont assez grosses pour résilier à l 'araignée ,elle les enveloppe d’une grande quantitéde fils qu’elle tire de fa filière , pour lierles ailes & les pattes de la mouche. Quel-quefois il s’en trouve de si fortes , qu’aulieu de s’en saisir , Varaignée la délivre elle-même en détachant les fils qui l’arrêtent,ou en déchirant fa toile. Dès que la mou-che est dehors , Y araignée raccommodepromptement f endroit qui est déchiré , oubien elle fait une nouvelle toile.

La troisième efpece d 'araignée comprendcelles des caves, & celles qui font leursnids dans les vieux murs : elles ne parfis-sent avoir que six yeux à-peu-près de lamême grandeur , deux au milieu du front,& deux de chaque côté de la tête , ellesfont noires & fort velues : leurs jambesfont courtes. Ces ara'gnées font plus fortes& vivent plus long-temps que la plupartdes autres ; elles font les seules qui mor-dent lorfqu’on les attaque ; au fi ne pren-nent-elles pas tant de précautions que lesautres pour s’assurer de leur proie ; au lieude toile , elles tendent feulement des filsde sept à huit pouces de longueur , de-puis leur nid jusqu’au mur le plus pro-chain . Dès qu’un insecte heurte contre unde ces fils en marchant fur le mur 1 ’arai-gne'e est avertie par l’ébranlement du fil,& fort auffi-tót de son trou pour s’em-parer de l’infecte, elles emportent les guê-pes mêmes, que les autres araignées évi-tent à cause de leur aiguillon ; celles-ci neles craignent pas,peut-être,parce quela par-tie antérieure de leur corps & leurs jambesfont couvertes d’une écaille extrêmementdure , & que leur ventre est revêtu d’uncuir fort epais ; d’ailleurs leurs ferres fontassez fortes pour briser le corcelet desguêpes.

Les araignées de la quatrième efpece,qui font les vagabondes, ont huit yeux ;deux grands au milieu du front, un pluspetit fur la même ligne que les grands dechaque côté , deux autres pareils fur lederriere de la tête, & enfin deux très-petitsentre le front & le derriere de la tête. Cesaraignées font de différentes grandeurs &

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de couleurs différentes ; il y en a de blan-ches , de noires, de rouges, de grises , &de tachetées : leur bras ne font pas termi-nés par des crochets , comme ceux desautres araignées , mais par un bouquetde plume qui est quelquefois aussi gros queleur tête ; elles s’en fervent pour’envelop-per les mouches qu’elles saisissent, n’ayantpoint de toile ni de fils pour les lier. Cesaraignées vont chercher leur proie au loin,

& la surprennent avec beaucoup de ruse& de fineste.

Les araigne'es de campagne, appelléesles faucheurs , qui font celles de la cin-quième efpece, ont huit yeux , disposésbien différemment de ceux des autres es-pèces ; il y en a deux noirs au milieu duIront, si petits, & placés si prés l’undel’autre, qu’on pourroit les contondre. Surchaque côté du front il fe trouve troisautres yeux plus gros , & arrangés enforme de trefìe fur une bosse ; leur cornéeest fort convexe & transparente , & le fondde 1 œil est noir. La tête & la poitrine deces araignées Y ont applaties, & ont quelquetransparence ; l’écaille qui les recouvre estfort fine , lisse & transparente ; il y a unegrande tache sur la tête; les jambes sonttort menues , velues, & beaucoup plusgrandes à proportion que celles des autresaraigne'es : les bras font extrêmement courts& tort charnus ; ils font fort différons desjambes. Viy. les mémoires de M. Homberg,dans les mémoires de Vacadémie royale desSciences , année 1707.

II y a en Amérique une três-grosseefpece d’ araignées , qui occupent un espaced’environ sept pouces de diamètre , lors-que les pattes font fort étendues. Ces arai-gnées font couvertes d’un poil roux, &quelquefois noir , assez long ; les jambesíbnt terminées par une petite pince desubstance de corne noire fort dure. Cetinfecte a fur le devant de la tête deuxcrochets de la même substance que lespinces, fort pointus, & d’un noir luisant.On croit que ces crochets guérissent dumal de dents, si on s’en sert comme decuredents, on croit austì, mais peut-êtreavec plus de fondement, que cette arai-gnée est autant venimeuse que la vipere:on dit qu’elle darde son venin fort loin;