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Tome troisième.
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plus, elle triple & quadruple les fils quibordent la toile , pour la rendre plus fortedans cet endroit, qui est le plus exposéà se déchirer.

Une Araignée ne peut faire que deuxou trois toiles dans sa vie , supposé mémeque la premiere n’ait pas été trop grande ;après cela elle ne peut plus fournir dematière glutineuse. Alors , si elle manquede toile pour arrêter fa proie, elle meurtde faim : dans ce cas il faut qu’elle s’em-pare par force de la toile d’une autrearaignée , ou qu’elle en trouve une qui soitvacante; ce qui arrive , car les jeunesaraignées abandonnent leurs premierestoiles pour en faire de nouvelles.

Les araignées de la seconde espece sontcelles des jardins ; elles ont quatre grandsyeux placés en quarré au milieu du front,& deux plus petits fur chaque côté de latête. La plupart de ces araignées font decouleur feuiíle-moïte ; il y en a de ta-chetées de blanc & de gris; d’autres quifont toutes blanches ; d’autres enfin dedifférentes teintes de verd : celles-ci fontplus petites que les blanches ; les grisesfont les plus grosses de toutes ; en général,les femelles de cette espece ont le ventreplus gros que celles des autres efpeces, &les .mâles font fort menus. Ces araignéesfont à l’épreuve de l’efprit-de-vin , del’eau-forte , & de l’huile de vitriol ; maisl’huile de térébenthine les tue dans un ins-tant : on peut s’en servir pour détruire leurnichée, où il s’en trouve quelquefois unecentaine.

II est plus difficile aux araignées des jar-dins de faire leur toile , qu’aux araignéesdomestiques : celles-ci vont aisément danstous les endroits où elles veulent l’attacher ;les autres travaillant, pour ainsi dire, enl’air , trouvent plus difficilement des pointsd’appuis , & elles font obligées de prendrebien des précautions, & d’employer beau-coup d’industrie pour y arriver. Elles choi-sissent un temps calme , & elles fe posentdans un lieu avancé : là elles fe tiennentfur six pattes seulement, & avec les deuxpattes de derriere, elles tirent peu-à-peu deleur filière un fil de la longueur de deuxou trois aunes, ou plus, qu’elles laissentconduire au hasard. Dès que ce fil touche

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â quelque chose, il s’y cole ; Varaignée latire de temps en temps, pour savoir s’ilest attaché quelque part ; & lorfqu’elle sentqu’il résiste , elle applique fur l’endroit ouelle est , l’extrêmité du fil qui tient à soncorps ; ensuite elle va le long de ce pre-mier fil jufqu’á l’autre bout qui s’estattaché par hasard , & elle le double danstoute fa longueur par un second fil ; ellele triple & même elle le quadruple, s’ilest fort long , afin de le rendre plus fort ;ensuite elle s’arrête à-peu-près au milieude ce premier fil, & de-là elle tire de soncorps , comme la premiere fois , un nou-veau fil qu’elle laiíïe flotter au hasard ; ils’attache par le bout quelque part, commele premier ; l 'araignée colle l’autre bout aumilieu du premier fil ; ellô triple ou qua-druple ce second fil, après quoi elle revientse placer à l’endroit où il est attaché aupremier : c’est à-peu-près un centre, au-quel aboutissent déja trois rayons : ellecontinue de jetter d’autres fils, jusqu’à cequ’il y en ait un asïòz grand nombre pourque leurs extrémités ne se trouvent pasfort loin les unes des autres ; alors elle tenddes fils de travers qui forment la circon-férence > & auxquels elle attache encorede nouveaux rayons qu’elle tire du centre :enfin tous les rayons étant tendus , ellerevient au centre > & y attache un nouveaufil qu’elle conduit en spirale fur tous lesrayons, depuis le centre jusqu’à la circon-férence. L’ouvrage étant fini elle se nicheau centre de la toile , dans une petite cel-lule où elle tient fa tête en bas & le ventreen haut, peut-être parce que cette partie ,qui est fort grosse, incommoderoit Y araignéedans une autre situation : peut-être austicache-t-elle ses yeux , qui font fans pau-pière , pour éviter la trop grande lumièrequi pourroit les blesser. Pendant la nuit,& lorsqu’il arrive des pluies & de grandsvents, elle se retire dans une petite logequ’elle a eu foin de faire au-dessus de fatoile fous un petit abri. On pourroit croireque ce petit asyle est ordinairement l’endroitle plus haut, parce que la plupart desaraignées montent plus aisément qu’ellesne descendent.

Les araignées attendent patiemment quedes mouches viennent s’embarrasser dans