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Férentes couches de terre, détrempées &liées entr’elles par des fils, pour empêchervraisemblablement qu’elle ne se gerce , &que ses parties ne se séparent ; son contourest parfaitement rond ; le de fins, qui estfleur de terre, est plat & raboteux ; le des-sous est convexe & uni, & de plus il est re-couvert d’une toile dont les fils font tres-forts & le tissu ferré ; ce font ces fils qui,prolongés d’un côté du trou , y attachentfortement la porte , & forment une especede penture, au moyen de laquelle elle s’ou-vre & se ferme. Ce qu’il y a de plus ad-mirable dans cette construction , c’est quecette penture ou charnière est toujours fixéeau bord le plus élevé de l’entrée , afìn quela porte retombe & se ferme par sa pro-pre pesanteur ; effet qui est encore facilitépar l’inclinaison du terrein qu’elle choisit.Telle est encore l’adresse avec laquelle toutceci est fabriqué, que l’entrée forme parson évasement une espece de feuillure,contre laquelle la porte vient battre ,n’ayant que le jeu nécessaire pour y entrer& s’y appliquer exactement ; enfin le con-tour de la feuillure & la partie intérieurede la porte font si bien formés, qu’on di-roit qu’íls ont été arrondis au compas.Tant de précautions pour fermer l’entréede son habitation paraissent indiquer quecette araignée craint la surprise de quelqueennemi : il semble aufii qu’elle ait voulucacher sa demeure ; car sa porte n’a rienqui puifie la faire distinguer ; elle est cou-verte d’un enduit de terre de couleur sem-blable à celle des environs ; & que l’insectea laifie raboteux , à dessein sans doute ; caril aurait pu l’unir comme l’intérieur. Lecontour de la porte ne déborde dans au-cun endroit, & les joints en sont siserrés , qu’ils ne donnent pas de prisepour la saisir & pour la soulever. A tantde soins & de travaux pour cacher sonhabitation & pour en fermer l’entrée,cette Araignée joint encore une adrefiè&une force singulière pour empêcher qu’onn’en ouvre la porte.
A la première découverte que M. l’abbéde Sauvages en fit, il n’eur rien déplusprefié que d’enfoncer une épingle fous laporte de cette habitation pour la soulever,mais il y trouva une résistance qui festonna ;
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c’étoit Y araignée qui retenoit cette porteavec une force qui le surprit extrêmementdans un si petit animal , il ne fit qu’en-tr’ouvrir la porte il la vit le corps ren-versé , accrochée par les jambes d’un côtéaux parois de l’entrée du trou , de i’autrerà la toile qui r écrou vrai t le dessous de laporte : dans cette attitude qui augmentoitfa force , Y araignée tirait la porte à elle leplus qu’elle pouvoir, pendant que le na-turaliste tiroir aussi de son côté , de façonque, dans cette espece de combat, la portes’ouvroit & se rcfermoit alternativement.L 'araignée bien déterminée à ne pas céder rne lâcha prise qu’à la derniere extrémité J& lorsque M. de Sauvages eut entière^ment soulevé la trappe, alors elle se préci-pita au fond de son trou.
II a souvent répété cette expérience , &il a toujours observé que Yaraignée accou-rait sur le champ pour s’opposer à ce qu’onouvrit la porte de sa demeure. Cette promp-titude ne montre-t-elle pas que, par lemoyen de la toile qui tapisse son habita-tion , elle sent ou connoît du fond de sademeure tout ce qui se passe vers l’entrée »comme Yaraignée ordinaire, qui par lemoyen de fa toile, prolonge , si cela sepeut dire , son sentiment à une grandedistance d’elle ? Quoiqu’il en soit, elle necesse de faire la garde à cette porte , désqu’elle y entend ou y sent la moindre chose ;& ce qui est vraiment singulier , c’est quepourvu qu’elle fut fermée , M.l’abbé Sau-vages pouvoit travailler aux environs &cerner la terre pour enlever une partie dutrou , fans que Y araignée frappée de cetébranlement ou du fracas qu’elle entendoit,& qui la ménaçoit d’une ruine prochaine,songeât à abandonner son poste ; elle setenoit toujours collée furie derrière de saporte, & M. Sauvages Penlevoit avec,fans prendre aucune précaution pour I’cm-pêcher de fuir. Mais si cettcaraignée mon-tre tant de force & d’adreíso pour défen-dre ses foyers, il n’en est plus de mêmequand on l’en a tirée : elle ne paraît plusque languissante , engourdie , & si elle saiequelques pas , ce n’est qu’en chancelant.Cette circonstance , & quelques autres,ont fait penser à notre observateur qu’ellepourrait bien être un infecte nocturne que