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Tome troisième.
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qualité de Y arbre & du fruit ; attachez-ycette étiquette, & faites arracher. Pourprocéder à cette opération, levez prudem-ment & fans offenser les racines , la pre-mière terre ; prenez ensuite une fourche ;émouvez avec cette fourche la terre la plusprofonde ; vuidez cette terre émue avec lapelle ferrée ; ménagez toujours les racines.Cernez autant que vous le pourrez ; plusvotre cerne fera ample , moins vous risque-rez. Quand vous aurez bien découvert lesracines, vous les séparerez de celles quiappartiennent aux arbres voisins, vous vousassocierez ensuite deux autres ouvriers ,vous agiterez tous ensemble Varbre, &Farracherez. S’il y a quelques racines quirésistent , vous lui couperez avec un fer-moir bien tranchant. C est dans cette opé-ration que l’on sent combien il est impor-tant d’avoir laissé , entre ces arbres , unejuste distance.

Arbre de haut ou de plein vent , arbre detige ou en plein air. foutes ces expressionsfont synonymes , & désignent un arbre quis’éleve naturellement fort haut & qu’on nerabaisse point. Il y a des fruits qui fontmeilleurs en plein vent qu’en buisson ouen espalier.

Arbre nain ou en buisson : c’est celuiqu’on tient bas, auquel on ne laisse quedemi-pié de tige. On l’étage en-dedans ,afin que la fève fe jettant en-dehors , sesbranches s’étendent de côté , & formentune boule ou buiffon arrondi.

Arbre en espalier : c’est celui dont lesbranches font étendues & attachées con-tre des murailles , & qu’on a taillé à mainouverte ou à plat ; il y a aufli des espa-liers en plein air ; ils font cependant tail-lés à plat, & prennent l’air fur deux faces ;mais leurs branches font soutenues par deséchalas disposés en raquette.

Arbre sur franc : ce font ceux qui ontété greffes fur des sauvageons venus depépins, ou venus de boutures dans le voi-sinage d’autres sauvageons ; ainsi on dit,un poirier greffe' fur franc , &c.

Arbres en contre-espalier ou haies d’appui :ce font des arbres plantés fur une ligneparallèle à des espaliers.

Observations particulières fur les arbres.i°. La racine des arbres , même de toute

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plante en général, en est comme l’efto-mac : c’est-là que fe fait la premiere &principale préparation du suc. De-Ià ilpasse , du moins pour la plus grande par-tie , dans les vaisteaux de l’écorce, & yreçoit une nouvelle digestion. Les arbrescreusés & cariés , à qui il ne reste de boisdans leurs troncs que ce qu’il en faut pré-cisément pour soutenir l’écorce , & quicependant vivent & produisent, prouventassez combien l’écorce est plus importanteque la partie ligneuse.

2°. Les arbres dont les chenilles ontrongé les feuilles , n’ont point de fruitcette année , quoiqu’ils ayent porté desfleurs, ou du moins n’ont que des avor-tons : donc les feuilles contribuent à laperfection du suc nourricier. Hiji. de /’ Acad.pag. ; i. an. 1707.

Les deux propositions précédentes fontde M. de Réaumur: mais la premiere pa-roi t contredite par deux observations rap-portées. Hifi. de f Acad. 170 9. pag. Çi. EnLanguedoc , dit M. Magnol, on ente lesoliviers en écusson, au mois de Mai, quandils commencent d’étre en fève, au troncou aux grosses branches. Alors on coupel’écorce d’environ trois ou quatre doigtstout autour du tronc ou des branches, unpeu au-dessus de Fente ; de forte que lebois ou corps ligneux est découvert, &que Yarbre ne peut recevoir de nourriturepar l’écorce. Il ne perd pourtant pas en-core ses feuilles ; elles font nourries par lesuc qui est déjà monté. Ce qu’il y a de re-marquable, c’est que F arbre porte dans cetteannée des fleurs & des fruits au doublede ce qu’il avoit coutume d’en porter. En-suite les branches au-dessus de Fente :étant privées du suc qui doit monter parl’écorce , meurent, & les rej estons quisortent de Fente , font un nouvel arbre :il paroît de-là que le suc qui monte parFécorce n’est pas celui qui fait les fleurs &les fruits ; que c’est donc celui qui a passépar la moelle & qui y a été préparé ; quela quantité du suc qui devoit naturelle-ment paster par la moelle a été augmentéde celui qui ne pouvoir plus pastèr parFécorce, & que c’est-là ce qui a causé lamultiplication des fleurs & des fruits. Eneffet, ajoute M. Magnol, h moelle des