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Tome troisième.
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à la circonférence extérieure du tronc ; &il n’y en a plus quand Varbre cesse de croître.

Un arbre est d’autant plus propre au ser-vice , qu’il a moins d’aubier & plus decaur : & MM. Duhamel & de Buffon ,dont nous tirons ces remarques, ont trouvé,par des expériences réitérées , que les bonsterreins ont toujours fourni les arbres quiavoient le moins d’aubier ; & que plus lescouches d’aubier ont d’étendue, plus lenombre en est petit. En effet, c’est l’abon-dance de nourriture qui leur donne uneplus grande étendue ; & cette même abon-dance fait qu’elles se convertissent pluspromptement en bois , & ne font plus aunombre des couches d’aubier.

L’aubier n’étant pas compté pour boisde service, deux arbres de même âge &de même efpece peuvent être tels par lafeule différence des terreins , que celui quiaura cru dans le bon , aura deux fois plusde bois de service que l’autre , parce qu’ilaura deux fois moins d’aubier. II fautpour cela que les arbres soient d’un certainâge.

On croit communément qu’en plantantles jeunes arbres qu’on tire de la pépinière ;il faut les orienter comme ik l’étoient dansla pépinière ; c’est une erreur : vingt-cinqjeunes arbres de même efpece, plantés dansun même champ, alternativement orientés& non orientés comme dans la pépinière ,ont tous également réuffi.

Le froid par lui-même diminue le mou-vement de la feve, & par conséquent ilpeut être au point de l’arrêter tout-à-íâit,& Y arbre périra : mais le cas est rare , &communément le froid a besoin d’être aidépour nuire beaucoup. L’eau & toute li-queur aqueuse se raréfie , en fe gelant ;s’il y en a qui soit contenue dans les poresintérieures de Y arbre , elle s’étendra doncpar un certain degré de froid , & mettranéceslàirernent les petites parties les plusdélicates dans une distension forcée & très-considérable ; car on fait que la force del’extension de l’eau qui se gele est pres-que prodigieuse ; que le soleil survienne ,il fondra brusquement tous ces petits gla-çons , qui reprendront leur volume naturel :mais les parties de Y arbre , qu’ils avoient dis-tendues violemment, pourront ne pas re-

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prendre de même leur premiere extension *& si elle étoit nécestàire pour les fonctionsqu’elles doivent exercer, tout l’intérieur deY arbre étant altéré, la végétation fera trou-blée ou même détruite, du moins en quel-que partie. 11 auroit fallu que Yarbre eûtété dégelé doucement & par degrés, com-me on dégele les parties gelées d’animauxvivans. Ce système est très - applicable àl’effet du grand froid de 1709 , dont nousavons parlé plus haut.

Les plantes résineuses seront moins su-jettes à la gelée., ou en seront moins en-dommagées que les autres. L’huile ne s’é-tend pas par le froid comme l’eau ; au con-traire , elle fe resserre.

Un grand froid agit par lui-même furles arbres qui contiendront le moins deces petits glaçons intérieurs , ou qui n’encontiendront point du tout , si l’on veut ;fur les arbres les plus exposés au soleil &sur les parties les plus fortes , comme letronc. On voit par-là quelles font les cir-constances dont un froid médiocre a besoinpour être nuisible : il y en a/ sur-tout deuxfort à craindre ; l’une , que les arbres aientété imbibés d’eau ou d’humidité quand lefroid est venu , & qu’ensuite le dégel soitbrusque ; l’autre, que cela arrive dans untemps où les parties les plus tendres & lesplus précieuses de Yarbre , les rejettons,les bourgeons, les fruits commencent à seformer.

L’hiver de 1709 rastembla les circons-tances les plus fâcheuses ; auffi est-on bienfur qu’un pareil hiver ne peut être querare. Le froid fut par lui-même fort vifmais la combinaison des gelées & des dé-gels fut singulièrement funeste ; après degrandes pluies, & immédiatement après,vint une gelée très-forte dès son premiercommencement ; ensuite un degel d’un jourou deux , très-subit & trés-court ; & auffi-tdt une seconde gelée longue & forte.

MM. de Buffon & Duhamel ont vu beau-coup d'arbres qui se fentoient de 1 hiverde 1709 , & qui en avoient contracté desmaladies ou des déíâuts fans remede. Un:des plus remarquables est ce qu’ils ont ap-pellé le faax-aubier : on voit sous l’écorcede Y arbre le véritable aubier , ensuite unecouçlie de bois parfait, qui né s’étend pas