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Tome troisième.
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pays natal Je ce genre à’architecture , que laGrece a porté au plus haut degré de perfec-tion. Il paraît que cet art, íorfqu’il paflachez les Grecs , était encore fore grossier ;car il subsiste encore des ruines considé-rables d’édifices grecs, qui remontent à destemps bien antérieurs à celui du bon goût ;telles font les ruines de Pestum fur le golfede Salerne , fie celles d’Agrigente en Sicile.Successivement cette architecture reçut enGrece fie en Italie diverses modifications ;c’étoienr autant de nuances différentes qu’ondésigna dans la fuite fous le nom d 'ordres.Les Etrusques & les Doriens s'écartèrentle moins de l'aneienne simplicité & du stylegrossier. Les Ioniens y introduisirent unpeu plus dagrément , & une efpece demollesse. Mais, lorfqu'enfuite la Grece de-vint le séjour des beaux arts, l' architecturefut plus ornée, il y entra même du luxe,comme on l'obferve dans Pordre corin-thien. Enfin les Romains, venus plus tard,renchérirent encore fur les ornemens. Voy.Varticle Ordre , ( Architecture. )

Ces cinq anciens ordres à’architecture fer-vent encore de réglé aujourd’hui , toutesles fois qu’il est question d’empíoyer descolonnes fie des pilastres ; fie ils font si bienchoisis , qu’on ne saurait guere s’écarterdes formes & des proportions que les an-ciens leur ont données, fans risquer de gâterl’ouyrage. Il n'est plus à présumer qu’onpuiiìe inventer un nouvel ordre qui diffèreréellement de ceux-là , fie qui soit bon.Les Romains ont déja épuisé, ce me sem-ble , tous les estais possibles à cet égard. Ilss croient proposé de faire de Rome la plusbelle ville du monde, par la beauté de íèsédifices. On lit avec plaisir ce que Strabonrapporte à ce sujet, au livre V de fa Géo-graphie. Cependant tous ces grands effortsdes plus habiles architectes, rastémblés detoutes les contrées de 1 a Grece , n'abouti-rent qu'à imaginer le seul ordre romain ,qui n’est que íe composé du corinthien fiéde bionique.

A l’extinction de la mai son de César ,Yarchiteclure romaine commença à décli-ner. On s'éloigna insensiblement de la bellesimplicité des Grecs; on prodigua les or-nemens. Les édifices prirent le caractèredes mœurs qui règnent, dans toutes les

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cours despotiques. Une pompe éblouissanteremplaça la véritable grandeur.

Il subsiste encore divers morceaux d ‘ar-chitedure de ces temps-là ; tels font les.arcs de triomphe des empereurs Sévere,Marc-Aurele & Constantin, fie fur-tout lesthermes de Dioctétien. A mesure que lamajesté de l’empire fe dégradoit, Y archi-tecture dégénérait de même. Les Romainsla transportèrent à Constantinople, où elles'est soutenue pendant plusieurs siécles dansun état de médiocrité. En Italie on né-gligea de plus en plus les belles propor-tions ; elles s’y perdirent enfin totalement.Après la chute de l'empire d’occident, lesGoths, les Lombards fie ensuite les Sarra-zius, 'ayant affermi leurs conquêces , en-treprirent de vastes édifices, dans lesquelson ne vit plus que de Lubies vestiges de l'an-cien bon goût. On avoir perdu de vue pres-que toutes les réglés du vrai beau ; on s’éf-força d y substituer le peiné, le maniéré,le singulier , fie en quelque façon lemonstrueux.

C'est au milieu de ces temps, où la bar-barie regnoic , que la plupart des villesd'Allemagne, fie des temples en occident,forent construits : ils portent encore de nosjours l’empreinte d’un goût qui bravoittoutes les réglés. Ces bâtimens étonnentpar leur grandeur, par l'abus excessif desornemens , fie par 1 oubli total des propor-tions. On y trouve néanmoins de loin enloin quelques traces de l’ancicn goût.L’églifede Saint Marc à Venise, bâtie dans lésannées , dès 977 jufqu’à 1071 , con-tient encore des.vestiges dé la vraie magnifi-cence fie des belles proportions ; & l’égliíede Santa-Maria-Formofa dans la même visse,construite par l’architecte Paulo Barbetta,en izso, est prefqu’entiérement dans legoût antique.

Divers édifices considérables du bas âge »ui existent encore dans plusieurs villes'Italie, semblent prouver aíïèz clairementque le bon goût en architecture , ne s’eftjamais entièrement éteint. On poíi en 101 ; ,à Florence, les fondemens du temple deSaint-Amiat ; cet édifice est d’un goût pas-sable. La cathédrale de Pise fot commencéelan ioié. L’architecte étoit un Grec deDulichium ; les Italiens le nomment Bus-