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C fietto. Comme les Pisans faifoient en cetemps-là un grand commerce au levant,ils firent transporter de Grece des colon-nes de marbre tirées des monumens anti-ques , pour les employer à cet édifice. Ilsappelerent aussi de la Grece des peintres &des sculpteurs. Vers ce temps-là, on com-mença aussi à bâtir à Rome, à Bologne6c à Florence. La belle chapelle de mar-bre , dans l'Eglisc de Sainte Marie Majeureà Rome, fut bâtie vers lan i z 16 , par uncertain Marchione qui étoit à la fois sculp-teur & architecte.
L’un des plus grands architectes du bas-âge, fiat un allemand nommé Maître-Jac-ques .- il s’établit à Florence, où il bâtit legrand couvent des Franciscains ; son fils,que les Italiens nomment Arnolfo Lapo ,construifit, dans la même ville , l’église dela Sainte-Croix, 6c donna les plans du magni-fique temple de Santa-Maria de Fiori ; ilmourut Pair izoo.
Cependant ces petits restes du bon goûtne détendirent point encore au-delà de l’I-talie. Dans tous ces vastes bâtimens qu’onélevoit alors aux Pays-Bas, monumens deFopulence qui y regnoit, on ne voit qu untravail infini fans goût. On en peut direautant de la cathédrale de Strasbourg,l’un des plus étonnans édifices qui ait ja-mais été entrepris ; c’est un ouvrage du trei-zième siecle, dont l’architecte se nommoitErwin de Steinbach.
Mais au quinzième siecle 1 ’arclùteâurecommença à renaître de ses ruines. Les vil-les dévastées par les troubles qui avoientagité l’Europe, se rétablirent, la tranquillitépermit d'cntreprendre de nombreux bâti-ments , &c d’y mettre du goût. On considéraavec plus d attention les monumens de l'an-tiquité ; on en prit les dimensions. Uncertain Ser Bruneleíchi , qui vivoit aucommencement de ce quinzième siecle,fiit l’un des premiers qui prit la peine de
F arcourir dans Rome les anciennes ruines,échelle & le compas à la main. Dès-lors ,l’attention pour ces beaux modelés allatoujours en augmentant, jusqu’à ce que,vers la fin du quinzième siecle, & au com-mencement du seizième, Alberti, Serlio,Palladio , Michel-Ange , Vignole , 6c d’au-tres grands architectes s’occuperest, ayee :
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un foin infatigable , à découvrir toutesles réglés qu’avoient suivies les anciens ,pour donner à leurs édifices la beauté quiles distingue : c’est ainsi que l 'architecturerenaquit.
Elle ne reparut pas néanmoins dans sonancienne pureté ; on avoir compris dans lesmodelés qu’on consulta , les monumenspostérieurs de Rome ancienne, & sur-toutles thermes de Dioctétien , qui n’ctoientpas exempts de défauts. Palladio 6c Michel-Ange , les deux plus grands architectes,mirent eux-mêmes au nombre des règlesqu’ils adoptèrent, les défauts que la déca-dence du goût fous les empereurs, avoir’ insensiblement introduits ; & l’autorité de■ ces deux grands hommes leur a donné unpoids qui les fàit encore respecter aujour-d’hui. Cependant le bon goût se répanditsuccessivement de l’Italie dans le reste del’Europe. De la Russie jusqu’en Portugal,6c de Stockholm à Rome, on voit au-jourd’hui , quoique seulement de loin enloin, des édifices qui, à la vérité, ne fontpas sims défaut , mais qui, à les considé-rer en gros, font construits fans goût.Mais ces ouvrages font en trop petit nom-bre pour qu’on puisse affirmer que la bonnearchitecture soit généralement reçue en Eu-rope. Il n’y a encore que trop de villesconsidérables, où l’on en apperçoit à peinequelque vestige. Il ne manque néanmoinsaux architectes modernes, pour acquérirle bon goût des anciens, qu’à étudier avecune attention réfléchie , l-s plans 6c les des-sins des monumens antiques de la Grece& de Rome. On en a des recueils allezcomplets, & qui íbnt répandus dans tousles pays.
Nous allons terminer cet article parquelques réflexions fur la théorie de Y ar-chi te dure.
L’usage auquel chaque bâtiment est des-tiné, donne presque toujours à l’architecte1 étendus de l’édifice 6c le nombre despièces, pourvu qu’il ait le jugement assezsain pour distinguer ce qui , dans cha-,que cas, convient aux temps, aux circons-tances & aux personnes. C’est à lui ensuiteà faire la distribution des pieces , & leplan de l’ensemble. C’est dans ce travail qu’ila besoin d être dirigé par certains princi-'K k 1