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Tome troisième.
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chaux séduite en poudre humide, auxbords de laquelle pend une petite cuillèreen spatule, grande comme 1 ongle, & uneforce à poignée d’argent pour concaflerYarek , à l’usage de ceux qui préfèrent dele manger dur. A cette boëte de chauxles Européens, qui entretiennent leurs ap-partemens plus proprement que les Indiens,joignent des taises ou des soucoupes da»gent, à su sage des voyageurs ou des nou-veaux arrivés, car les Indiens & ceux quifont bien accoutumés à oe mets crachenttrès - peu.

La chaux qui se mange avec Yarek n’estpas indifférente, il est essentiel, pour qu’ellene soit point âcre, qu'elle soit faite de co-quillages d’une substance très-légere ; la plusestimée se fait dans les îles orientales desMoluques, avec une espece de milleporetrès-blanche , très-légere, très-poreuse, àbranches plus menues que celle qu'on ap-pelle abrotanoïde , qui croît si abondam-ment , dans la mer de ces îles où on l’ap-pelle carang-bonga , qu'on pourroit en fairede la chaux pour bâtir des citadelles & uneville entiere. Cette chaux est la plus doucede toutes, Sc la plus propre à être mangéeavec Yarek ; elle ne ronge ni la langue ni lesgencives, comme fait la chaux des madré-pores de Java & la chaux de pierre. Elleest ordinairement blanche, mais on la teinten divers endroits, tant en ros e qu’en jau-ne , avec la racine de curcuma Sc d'autresdrogues , fans doute pour pallier les dé-fauts ou les mauvaises qualités : celle deSiam , qui se porte dans des calebasses partoute l’Inde, est rosée & extrêmement âcre ;au reste , c'est Inexpérience qui apprend ladose qu il faut employer de ces diverseschaux, suivant leur qualité Sc leur force.Lorsqu’on a mangé une trop grande por-tion de feuilles du betel, au point que labouche en est comme enflammée ou troppoivrée, alors on y ajoute une plus grandequantité de chaux Sc d ‘arek qui tempere Sccalme austî-tôt cette chaleur.

Uarek se prépare encore autrement : lesIndiens de Suratte Sc du Pcgu, & les Por-tugais augmentent la force du betel en 1 a-romatisant par saddition de plusieurs épi-ces , comme la gérofle j le cardamome Sch cachou , appelé catsja au Pégu ; ils y

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'mêlent aussi le gatta-gambir , qui font despetites pastilles ou des trochiíques de lagrandeur d’un denier, faites avec le suc decertaines feuilles Sc de la farine, qui foired’abord ameres , Sc qui laiflent ensuite àla bouche une douceur agréable, en pro-curant de la fermeté aux gencives Sc unebelle couleur rouge aux levres ; ou bienils y mêlent le cachunde qui est unemasse composée de cardamome, de musc,d'ambre Sc de divers sucs qui, à lavérité, procurent une bonne haleine , maisqui soulèvent le cœur à nombre de per-sonnes.

. Les habitans de la côte de Coromandelont une autre façon de préparer Yarek vieuxSc trop sec, qu ils appellent koffol , Sc d'enfaire un mets délicat. Pour cela, ils le cou-pent en petits morceaux qu'ils font macé-rer dans seau de rose, dans laquelle on a in-fusé du catsja ou cachou broyé, Sc qu’ilsfont ensuite secher au soleil pour s'en ser-vir au besoin. Ces fragmens se conserventlong-temps fans se corrompre, se portentau-delà des mers, Sc ont la propriété de raf-fermir les gencives Sc de procurer une ha-leine agréable à la bouche.

L'usage de Yarek , continué toute la jour-née à la façon des Indiens, est pernicieuxaux asthmatiques Sc aux phthiíîques ; ilmine les dents , les ébranle Sc les fait tom-ber de bonne heure : cet usage entraîneencore beaucoup d'inconveniens & d’abus.Des gens mal intentionnés, mêlent souventdu poison qui est caché fous leurs ongles, Scle glissent si subtilement dans Yarek qu’ilspréparent devant vous, qu'il est plus pru-dent de le préparer soi-même. Lorsqu'enmangeant pour la premiere sois de Yarek ,on relient des vertiges Sc des oppressionsde poitrine , le vrai remede est d’avaler unpeu de sel ou du jus de limon ; tout autreacide, comme la mange ou le fruit dumangier , crud ou mariné au sel, opéréla même guérison. Son amande vieille ouseche est astringente , dessicative Sc ra-fraîchissante , & son en fait boire avec suc-cès la poudre , à la dose d’une demi-dragme,pendant plusieurs jours , dans du bon vinrouge pour la diarrhée Sc la dyllenterie;la décoction de son brou a la même vertu :la décoction de sa racine sert en gargarisme

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