Band 
Tome troisième.
Seite
300
JPEG-Download
 

zoo A R (?

air si pernicieux plus d’un jour de fuite ; ■il fait impression fur les animaux qui pais-sent aux environs. Souvent on rencontredes veines métalliques qui rendent des va-peurs si pernicieuíes, qu’elles tuent fur lechamp ; on est obligé de les refermer aussi-tôt , & de les abandonner : presque tousles ouvriers font perclus , quand ils onttravaillé pendant un certain temps de leurvie. On feroit étonné si l’on savoir à com-bien d’Indiens il en a coûté la vie, depuisque l’on travaille dans ces mines, & com-bien il en périt encore tous les jours. Lamine à’argent , quoique dans le même filon,n’est pas toujours de la même couleur &de la même qualité : on lui donne au Péroule nom de minerai ; s’il est blanc ou gris,mêlé de taches rouges blanchâtres , onl’appelle planta-blancha ; c’est le plus richetk le plus facile à exploiter. On trouve duminerai noir. comme du mâchefer que l'onnomme plomo-ranco. Il y a une autre fortede minerai noir , auquel on a donné lenom de bojstcler, parce qu’il devient rougelorfqu’on le frotte contre du íér , âpresLavoir mouillé. Le minerai appelé ^oroche ,brille comme du talc , quoiqu’il femhleargenté, on en retire peu à’argent : 1 tpacoest d’un rouge jaunâtre, en petits morceauxfort mous ; il est peu riche ; le minerai verdappelé ccbrijso , est presque friable ; on ydécouvre à l’ceil des parties d ’argent : maisil est très-dissicile de les en retirer. Enfinil y a dans la mine de Catamito au Potosi,un minerai appelé arannea , composé de filsd ’argent pur ; c’est ce que nous avons ap-pelé mine d’argent en filets. Les filons íonttoujours plus riches dans leur milieu quefiir leurs bords : mais Pendrait le plus abon-dant est celui où deux filons fe croisent &íe traversent. Les deux premières minesdu Potosi furent ouvertes en 1545 ; onappela l’une Hica , & l’autre Diego centeno.La premiere étoit élevée au-deifus de laterre, en forme de crête de coq , de lahauteur d’une lance, ayant trais cent piésde longueur & 13 de largeur. Cette mineétoit si riche , qu’il y avoit presque la moitiéd ’argent pur jufqu’à 50 ou 60 braises deprofondeur, où elle commença un peu àchanger. Au reste, l’on regarde comme ungrand accroissement à la richesse des mines ,

A R G

d’être placées proche des rivières, à caufe-de l’avantage des moulins propres à broyerla mine. A Lipes & au Potosi même, ilfàut bien abandonner dix marcs par cha-que quintal , pour acquiter la dépense ;au lieu qu’au Tanara , il n’en coûte pas.plus de cinq. On ne trouve les mines d 'ar-gent les plus riches, que dans les endroits-froids de l’Amérique. La température duPotosi est si froide, qu’autrefois les fem-mes Espagnoles ne pouvoient y accoucher 3elles étoient obligées d’aller à zo ou 30lieues au-delà, pour avoir un climat plusdoux : mais aujourd’hui elles accouchentaussi aisément à Potosi , que les Indiennesnaturelles du pays. Au pié de la montagnedu Potosi est la ville du même nom, qu!est devenue fameuse par les grandes riches-ses que l’on a tirées de la montagne ; st ya dans cette ville plus de soixante mille.Indiens , & dix mille Espagnoles. On obligeles paroiífes des environs de fournir tousles ans un certain nombre d’Indiens pourtravailler aux mines > c’est. ce qu’on appellela mita: la plupart menent avec eux leursfemmes & leurs eníans , & tous partentavec la plus grande répugnance. Cette ser-vitude ne dure qu une année, après laquelleils font libres de retourner à leurs habita-tions ; il y en a plusieurs qui les oublient,& qui s’habituent au Potosi, qui devientainsi tous les jours plus peuplé. Les minesdu Potosi sont les moins dangereuses ; ce-pendant íàns l’herbe du Paraguai, que lesmineurs prennent en infusion comme noùsprenons le thé, ou qu’ils mâchent commedu tabac, st faudrait bientôt les abandon-ner. Les mines du Potosi & de Lipes con-servent toujours leur réputation ; cependanton en a découvert, d’autres depuis quel-ques années qui pafient poiír plus riches :.telles sont celles d’Òruvo à 8 lieues d’Arica-,& celles d’Ollacha, prèsdeCufco , qu’ona découvertes en 1712..

Pour rentrer un moment dans notre con-tinent , il y a, à ce qu’on dit, en Saxe Sedans le pays d’Hanovre, beaucoup de mi-nes d ‘argent : on trouva à Hartz un mor-ceau d ’argertt si considérable , quêtantbattu , on en fit une table où pouvoients’afieoir vingt-quatre personnes.

Les mines les plus riches, après la mine